Il est interdit d'interdire d'interdire

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

Dans leur livre "Trois amis en quête de sagesse", Christophe André, Alexandre Jollien, Mathieu Ricard affirment que "Toute forme de publicité visant des mineurs devrait simplement être interdite, que ce soit pour des jouets ou des boissons sucrées." 

 

Voici des extraits de leurs écrits qui permettent de comprendre le pourquoi de leur affirmation:

 

"Nous devrions commencer l'apprentissage du dépouillement avec les enfants. Il faudrait déjà avoir la décence de ne pas les conditionner à devenir accros à la consommation."

 

Le PDG de "General Mills" est  cité comme contre exemple de ce qu'il convient de ne pas faire:

 

"Quand il s'agit de cibler des consommateurs en bas âge, nous suivons le modèle "du berceau  à la tombe". Nous pensons que nous devons attraper les enfants très tôt, puis les conserver toute la vie."

 

Matthieu Ricard s'interroge: comment apprendre la simplicité aux enfants? Il raconte: "Dans notre jeune âge, à la saison des cerises, nous étions tous dans les arbres à nous régaler. Aujourd'hui les cerises restent sur les branches. Les enfants ne grimpent plus aux arbres. Ils sont généralement devant leurs ordinateurs. Entre 1997 et 2003, le pourcentage des enfants de 9 à 12 ans qui passent du temps dehors à jouer ensemble (...) a chuté de moitié. Les jeux sont de plus en plus solitaires, virtuels, violents, dénués de beauté, d'émerveillement, d'esprit de camaraderie et de plaisirs simples."

 

Christophe André est malgré ces remarques plus optimiste. Il écrit: "Les cadeaux que nous faisons à nos enfants nous servent à nous déculpabiliser du temps que nous ne passons pas avec eux. Le mieux que nous puissions faire pour nos enfants, c'est encore une fois d'être un modèle. Si nous achetons tous les six mois une nouvelle montre, si nous faisons les soldes comme des fous, si la sortie au supermarché est la sortie familiale du week-end, qu'est-ce que nous leur envoyons comme message? Mais j'ai de l'espoir parce que je pense que l'espèce humaine est intelligente, adaptative, et je vois que cette nouvelle génération d'enfants qui a grandi dans un environnement rempli d'objets, de jouets, de fringues, commence à s'immuniser contre la consommation. Les enfants que je connais bien -mes filles, mes neveux, les enfants d'amis proches- ont sinon une méfiance du moins une espèce d'indifférence ou d'autonomie croissante par rapport au fait de posséder, et au fond ils donnent ce qu'ils possèdent plus facilement que nous le faisions. J'ai le sentiment  qu'à un moment donné cette société d'hyper consommation,qui attise nos désirs et crée des désirs factices, va finir par sécréter dans nos cerveaux des anticorps de manière assez naturelle. Nous voyons émerger de plus en plus ces économies parallèles, ces économies du partage où au lieu d'acheter nous empruntons - une tronçonneuse par exemple à un voisin. Nous pourrions  bien évoluer vers des modèles qui vont s'imposer où les enfants se prêteront leurs jouets, leurs livres."

 

Alexandre Jollien quant à lui nous appelle au dépouillement, à posséder un peu moins. Il nous invite à nous "demander ce qui est essentiel, à apprendre à faire le ménage, les courses: c'est sur le terrain de la vie quotidienne que s'inaugurent les progrès. Nous pouvons considérer le supermarché comme un immense terrain d'exercice pour discerner nos véritables besoins. A force de chercher le bonheur là où il ne se trouve pas, nous passons à côté de l'essentiel. Rien n'est plus précieux qu'un mode de vie dépouillé, qui nous aide à nous rendre disponibles à la joie et à la paix. Et si nous commencions par mettre un peu d'ordre dans nos vies le plus simplement du monde?

 

 

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