Un enfant

Rédigé par yalla castel - - 2 commentaires

Jean Antoine Watteau . 1684 / 1721

Un enfant n’est pas un cadeau.

Ce n’est pas un compagnon attribué à un frère ou une sœur.

Ce n’est pas un petit-enfant que les grands-parents réclament avec insistance.

Un enfant n’est pas une mission en suspens.

Il ne vient pas accomplir ce que nous aurions voulu faire et n’avons pas pu.

Il ne vient pas donner un sens à notre vie.

Elle ou lui est une vie en soi.

Un enfant n’est pas le substitut d’un projet abandonné, ni d’une personne perdue.

Il n’est le sauveur de personne, ni d’un individu, ni d’un couple.

Un enfant ne vient pas pour combler, remplir ou compléter quoi que ce soit.

Ce n’est ni un pansement, ni un compagnon de route, ni un messie.

Un enfant ne naît pas d’un caprice, mais d’un désir profond.

Il est un être à part entière dès le départ, venu vivre sa propre vie.

Il arrive avec son empreinte, son caractère, son élan d’être.

Nous l’accompagnerons à se découvrir,

Nous lui permettrons de s’exprimer librement, de choisir qui il veut être, ce qu’il aime faire.

Nous accepterons dès le début qu’il ne peut pas correspondre à notre idéal,

ni combler nos manques, ni incarner nos attentes.

Il n’est pas notre reflet.

Nous le prendrons dans nos bras,

nous lui prêterons notre corps,

nous lui tendrons la main,

et nous garderons la distance nécessaire pour qu’il ose marcher seul et explorer le monde.

Et même si son éloignement nous fait mal,

nous l’attendrons à notre place,

afin que, s’il revient,

il trouve notre étreinte,

sans reproches, sans culpabilité.

Pleine de liberté.

Mon fils, ma fille :

je te libère de l’obligation de me sauver,

de me protéger,

de me rendre heureux,

ou de croire que "tu me dois quelque chose.”

(Lu sur Facebook, signé Carolina Mora)

 

2 commentaires

#1  - Serge a dit :

Grandeur de l’enfance

Vous enfants vous imitez Jésus. Vous ne l’imitez pas.
Vous êtes des enfants Jésus.
Sans vous en apercevoir, sans le savoir, sans le voir. Et vous le savez bien.
Et l’homme, quel homme, le plus grand saint, quel saint ne sait qu’il est infiniment loin de Jésus.
Dans son imitation.
Perte irréparable, descente, chute, inévitable déperdition de la vie.
Et qui est l’existence et la vie et le vieillissement même.
À nos enfances nous joignons Jésus.
Et grandissants nous en sommes disjoints, nous nous en disjoignons pour toute la vie.
Enfants votre ignorance, votre assurance, votre innocence est l’ignorance même et la même innocence de Jésus, de l’enfant Jésus.
Et sa timide assurance.
Vous êtes des espérances comme l’enfant Jésus était une espérance.
Réellement vous êtes des enfants Jésus.
C’est pour cela, enfants, que nous sommes si heureux que vous êtes les maîtres et que vous commandez dans les maisons.
C’est le commandement même de l’espérance.
Charles Péguy
"Méditation" dans revue "Magnificat" 12 août 25

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#2  - sadys a dit :

Merci à nouveau Serge pour ce magnifique texte de Péguy.

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