De l'éducation.

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« Les seuls éducateurs digne de ce nom, mais combien y en a-t-il? ce sont ceux pour qui compte ce que Barrès appelait l’éducation de l’âme. Pour ceux-là, ce qui importe, dans cette jeune vie qui leur est confiée, ce n’est pas seulement la façade qui ouvre sur le monde, mais les dispositions intérieures, ce qui, dans une destinée, n’est connu que de la conscience et de Dieu. Et, ici il n’y a pas à établir de différence entre garçons et filles. Aussi lourde que soit l’hérédité d’un enfant, aussi redoutables que soient les passions dont il apportait le germe en naissant, nous avons fait pour lui tout le possible, si nous avons réussi à le persuader, selon la raison, qu’une seule chose compte en ce monde: c’est de se perfectionner, c’est le perfectionnement intérieur. Introduire dans une jeune âme cette idée que cela seul importe qui est de bien vivre, non pas seulement aux yeux des autres, mais à ses propres yeux et devant ce regard intérieur qui voit l’envers de nos actes et qui connaît nos plus secrètes pensées. »

François Mauriac, « Essais, le Romancier et ses personnages, II », 1933

Je me souviens de son odeur.

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C'était l'odeur qui me saisissait dès qu'elle envoyait la clé dans son petit étui cousu par ses soins du haut de son balcon du premier étage. Une fois la porte ouverte, l'odeur était plus forte . Elle se mélangeait à l'odeur de la cire qu'une fois de temps en temps son aide ménagère passait sur la rampe de cet immense escalier et sur la pendule si effrayante qui trônait sur le palier. Cette odeur se mélangeait à celle de la soupe qui mijotait sur son vieux gaz et puis elle se mélangeait à l'odeur de son eau de cologne à elle qui semblait imprégner tous ses vêtements. Je me souviens de cette odeur qui en fait, n'était qu'un mélange d'odeurs que l'on pouvait respirer dès que l'on franchissait la porte de la maison de mon arrière-grand-mère.

Guimaï

666660

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6 heures du matin.

6°C.

6 secondes pour penser au passé.

6 minutes pour poser un joli colis précieux à la crèche.

Puis 60 minutes à regarder le jour se lever sur Casteljaloux et plus particulièrement sur les crocus de la maison paroissiale.

Quel dommage de ne pas savoir décrire la beauté de la vie en paix.

 

André Lugardon.

Fragrance d'un père.

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Quand je croise ta bouteille de parfum dans la rue je crois que c’est toi.
Je crois que c’est toi sur le trottoir qui marche aisément, magistralement, chemise blanche et pantalon chino beige. Quelle classe… surtout avec ce parfum.
Cette bouteille de parfum dont j'aime caresser le verre sculpté et froid… Ce bel objet olfactif. Ce flacon posé sur la commode que j'ouvre de temps en temps et repose avec précaution. Juste le temps de se souvenir.
Cette senteur…un peu enivrante, qui monte soudainement à la tête et puis s’apaise comme la force d’un brutal souvenir qui vient, et s’en va, s’estompe.
Cette odeur de parfumerie qui me renvoie aux dimanches matins, avant de partir chez Papi et Mamie.
Ces jours de fête où tu te faisais beau, nous montions dans la voiture et puis la journée passait. Le temps a passé.
Mais la bouteille, j’en fais quoi puisque tu n’en sors pas ?
 
Inès Bourgeois.
 
 

Coup de coeur Août 2017.

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Photo prise avec un téléphone portable Samsung Galaxy Grand Prime sur le chemin qui mène aux Jardins partagés de Castelajaloux.

Ce matin, tout à fait par hasard si le hasard existe vraiment, je suis "tombé" sur le texte suivant que je partage avec qui voudra bien le lire:

« Je te souhaite de vivre autrement que les gens arrivés. Je te souhaite de vivre la tête en bas et le cœur en l'air, les pieds dans tes rêves et les yeux pour l'entendre. Je te souhaite de vivre sans te laisser acheter par l'argent. Je te souhaite de vivre debout et habité. Je te souhaite de vivre le souffle en feu, brulé vif de tendresse. Je te souhaite de vivre sans titre, sans étiquette, sans distinction, ne portant d'autre nom que l'humain. Je te souhaite de vivre sans que tu aies rendu quelqu'un victime de toi-même. Je te souhaite de vivre sans suspecter ni condamner, même du bout des lèvres. Je te souhaite de vivre sans ironie, même contre toi-même. Je te souhaite de vivre dans un monde sans exclu, sans rejeté, sans méprisé, sans humilié, ni montré du doigt, ni excommunié. Je te souhaite de vivre dans un monde où chacun aura le droit de devenir ton frère et de se faire ton prochain. Un monde où personne ne sera rejeté du droit à la parole, du droit d'apprendre à lire et de savoir écrire. Je te souhaite de vivre dans un monde sans croisade, ni chasse aux sorcières. Je te souhaite de vivre libre, dans un monde libre, d'aller et de venir, d'entrer et de sortir, libre de parler librement dans toutes les églises, dans tous les partis, dans tous les journaux, à toutes les radios, à toutes les télévisions, à toutes les tribunes, à tous les congrès, à toutes les assemblées, dans toutes les usines, dans tous les bureaux, dans toutes les administrations. Je te souhaite de parler non pour être écouté mais pour être compris. Je te souhaite de vivre l'inespéré, c'est dire que je te souhaite de ne pas réussir ta vie. Amen. »

Père Jean Debruynne (1925-2006)

 

Mise en ligne: Colibri Cx.

 

 

 

 

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