Mais qui était Aimé Souché?

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Aimé Souché (1888-1975) fut un auteur prolixe de manuels scolaires et un mémorialiste de la Grande Guerre. Fils unique d'une famille paysanne calviniste de Pamproux, il est reçu premier du canton au certificat d'études en 1899. Son instituteur assure sa formation pour qu'il entre à l'Ecole normale à Poitiers en 1903. Il est nommé à Latillé en 1907, puis à Neuville où il se marie l'été 1909 avec une institutrice. A l'automne 1910, le couple est à Pindray .

A la mobilisation, il rejoint le front d'Ypres, sergent du 268 eRégiment d'infanterie. Sa compagnie est décimée le 5 octobre 1914. Début novembre, le bombardement devient incessant. Sur une carte postale, il griffonne des adieux à sa femme et son fils : « 4 nov, 5 heures du matin, dans l'obscurité de la tranchée. Toutes mes pensées vont vers vous, au milieu des plus effroyables dangers et des pires souffrances. »
Le 6 à l'aube, l'ordre d'attaque des lignes allemandes est lancé. Dans sa compagnie, 70 sont tués. Aimé Souché est fait prisonnier, envoyé en Allemagne. Après les camps de Merseburg (Saxe), Gardelegen, il part au bagne à Wittenberg en février 1916, puis à Quedlinburg. Ensuite dans un camp de représailles en Pologne à Schaulen. Il est à nouveau à Quedlinburg en octobre. Les Allemands volent les colis. Le 1 eravril 1917, il note : « Un Boche de 18 ans vient de tirer sur un groupe de Russes affamés qui tendaient leur gamelle vers notre baquet de soupe. Trois ont été tués. »Le 10 décembre : « Les Italiens ont dévoré toute l'étroite bande d'herbe verte qui poussait sous la protection des fils barbelés. »
Il ne reviendra qu'en janvier 1919. Devenu inspecteur primaire, Aimé Souché prononce un discours le 31 juillet 1920 à Loudun, lors de la distribution des prix : « La guerre est gagnée, mais il ne semble pas que la défaite ait modifié la mentalité allemande. » En 1923, dans son manuel scolaire, Le premier livre de morale du jeune Français, il a donné à lire cette leçon de vérité : « La guerre de 1914-1918 fut la plus horrible des guerres : des millions d'hommes, presque tous les peuples du monde ; quatre années de tueries, de destructions sur terre, dans les eaux et dans l'air ; pas une famille qui ne pleure ses morts. »

Pendant la seconde guerre mondiale il fera parti d'un mouvement de résistance.

Source: Journal La Nouvelle République. 

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/l-instituteur-raconte-sa-captivite

 

Aimé Souché

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"Les nouvelles leçons de Morale au cours préparatoire et au cours élementaire" est un livre qui a été écrit par Aimé Souché en 1946. Il a été édité par Fernand Nathan en 1947. Voici ce que dit Aimé Souché de son livre de morale de 381 pages: 

 

"Des récits et des contes captivants et émouvants constituent la matière essentielle de ce livre. Les récits seront racontés ou lus; ils seront repris pas les enfants qui en tireront la leçon vivante. Cette émotion et ce jugement moral constituent le premier éveil de la conscience. Il fait une place aux exemples tirés, de la vie des hommes illustres, belles actions, belles vies et belles morts."Respirons le souffle des héros" répétait Romain Rolland. 

 

Voici ce que dit le programme de Morale de 1945: Une causerie de 15 minutes par jour. Au cours préparatoire: causeries et récits très simples. Contes moraux. Exemples tirés de la vie d'hommes illustres. Au cours élémentaire: entretiens familiers, tirés de récits, de lectures et de menus incidents de la vie scolaire, destinés à affermir les bonnes habitudes acquises précédemment et à les étendre.

 

Première leçon du livre:

 

La famille. Une mère qui sauve son enfant mourant . Un conte d'Andersen adapté aux jeunes enfants qui raconte les efforts d'une mère pour sauver son enfant malade. Le samedi matin 17 janvier 1953 le maître de la classe unique où j'étais élève a écrit en écriture manuscrite à la craie blanche sur le tableau noir la phrase suivante: "La mère donne avec joie à son enfant ses chants et ses larmes, sa beauté et sa jeunesse, son coeur et sa vie tout entière." Nous l'avons recopiée sur notre cahier du jour au porte plume équipé d'une plume sergent major trempée dans nos encriers en porcelaine blanche incrustés dans nos bureaux en bois et remplis 

d'encre violette. 

 

Dernière leçon du livre:

 

Page 372. Le chef de la résistance française. (1940-1945) Le général de Gaulle. Le texte lu aux élèves rappelle les principales dates de sa vie. Et ce jour là nous avons copié dans nos cahiers du jour la phrase suivante: "Il nous reste à faire la France nouvelle, une France pure, puissante et grande, une France fraternelle." (Paroles du Général de Gaulle, 27 septembre 1941)

Un chemin d'importanceS

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Avec une grande sensibilité, avec une écriture simple et facile à lire, Thierry Costes, né à Marmande en 1973, se souvient de son enfance à Casteljaloux. 

 

Il a été l'élève de l'école que nous appelions à l'époque l'école mixte 2. Aujourd'hui Jean François Samazeuilh. 

 

Dans son livre "Un chemin d'importanceS" il évoque ses plus jeunes années passées dans la ferme de ses grands-parents maternels située entre Poussignac et Casteljaloux. ll raconte le mode de vie traditionnel des femmes et des hommes qui vivaient à la campagne, des produits de la terre qu'ils cultivaient. Polyculture, fruits et légumes, élevage de vaches laitières mais aussi de canards, d'oies, de poulets. 

 

Les plus anciens qui liront ces lignes se souviendront d'eux en train de vendre leurs productions sur les marchés de Casteljaloux. 

"Un chemin d'importanceS" est en vente à la librairie Cosseron 84 Grand Rue 47700 Casteljaloux .

Le livre peut se commander par courrier postal à la maison d'édition de l'Oustal 114 chemin de Cadillac 47360 Saint Sardos.

Ou par mail à l'adresse suivante: editionsdeloustal@orange.fr

Dépendance et liberté

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En quoi la dépendance est-elle porteuse d'une des plus grandes libertés?

La liberté est dans la dépendance, voici un oxymore qui pourrait nous venir tout droit de la novlangue chère à Georges Orwell. Aussi farfelues et provocatrices que les expression bien connues dans son œuvre dystopique(1) 1984 : La guerre, c'est la paix, la liberté, c'est l'esclavage, l'ignorance, c'est la force.

La dépendance est-elle porteuse d'une des plus grandes libertés? Si, cette question qui évoque la contradiction d'un lieu commun, a mérite d'être posée, c'est que ces deux sujets, liberté et dépendance, provoquent le questionnement plus dans la recherche de leur sens que de leur définition.


Même s'il n'est pas question d'éviter de définir tour à tour liberté et dépendance – ce qui sera fait - l'objet de la réflexion sera d'être au plus précis du rapprochement de ces deux termes. Il y a des cheminements personnels qui font apparaître ce qui nous semblait autrefois intelligible, rationnel et naturel, comme des choses aujourd’hui, à décrypter, à nuancer, des choses qui auraient vieilli.


Quand je suis entré dans la carrière de la vie, celle où l'on commence à conceptualiser, j'aurais bien sûr dit : L'indépendance est porteuse d'une des plus grandes libertés. En jeune anarchiste, en quête de ce que je croyais être ma liberté, j'aurais enrôlé, l'autonomie, l'insoumission, l'indépendance. J'aurais combattu l'autorité, la servitude, la dépendance. Je ressentais trop aimer la vie pour perdre mon temps à attendre que le temps passe. Trop dans l'air du temps – ce que l'on pourrait appeler l'impérialisme du présent – pour envisager un seul instant une dépendance au temps.


Mais aujourd’hui, avec l'empirisme qui relativise les concepts trop évidents, quelques expériences et connaissances de phénomènes de dépendances me font envisager la liberté avec une plus grande indépendance de pensée.


En particulier, deux expériences vécues m'ont fait réfléchir à la dépendance et à la liberté et à ce que cette première apportait - bien loin de la restreindre - à la seconde.
Une expérience avec ma mère où j'ai assisté un moment de sa vie que l'on nomme la dépendance des personnes très âgées.


Une seconde expérience où j'ai vécu une passion affective, relation dans laquelle, se pose le rapport de la dépendance et de la liberté.

Donc si l'on veut démontrer l'aspect positif que la dépendance apporte à la liberté, il est nécessaire d'abord séparément de définir ces deux mots dépendance et liberté.

La dépendance est généralement, le fait d'être lié organiquement ou fonctionnellement à un ensemble ou à un élément d'un ensemble.


La dépendance, du moins en ce qui concerne son caractère (registre) relationnel, est défini par une relation de subordination, de solidarité ou de causalité.

La subordination n'est bien sûr pas l'aspect de la dépendance qui favoriserait le mieux la liberté. A moins que la subordination, comme la servitude, soit volontaire. Dans ce cas, quel est ce genre de liberté ?

La solidarité fait appel à l'union et ne s'oppose pas en soit à la liberté. 1

La causalité (2) ou Principe de causalité, est le principe suivant lequel rien n'est sans cause. Un tel principe ne semble pas s'opposer à la liberté.

La liberté, de façon générale, est un concept qui désigne les possibilités d'action, de mouvement, de décision, de penser.


3 formulations de la liberté nous la font cerner :


formulation négative : où l'on pointe l'absence de soumission, de servitude, de contrainte.

formulation positive : où l'on affirme l'autonomie et la spontanéité du sujet rationnel ; les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres.

formulation relative : l'équilibre à trouver dans une alternative, visant notamment à rendre la liberté compatible avec des principes tels que l'égalité et la justice.

La liberté, se sentir libre, c'est toujours ou souvent de l'interdépendance entre moi et l'autre, entre moi et les objets de mes désirs. Comme quoi, on ne peut éprouver la liberté qu'en rapport avec la dépendance qu'on éprouve. Si nous faisons ce que nous voulons, sans dépendance, notre liberté est avant tout une licence. La licence comme la manifestation de la liberté totale que l'on se donnerait dans une indépendance totale de notre être. La licence que nous demandons à l'autre, à l'institution, comme le diplôme du même nom – qu'il soit universitaire ou pour pour vendre de l'alcool, n'est pas la liberté. C'est au plus un marchandage que nous commerçons dans notre besoin de reconnaissance.

La liberté, Sartre nous l'a expliqué, est tout autre chose. Elle a besoin de résistance pour s'affirmer. Elle consiste à consentir à des règles qui vont permettre d'agir délibérément en vue de réaliser un projet. La liberté est une action intentionnelle qui pose un choix créateur.

La liberté pose donc immédiatement la question de choisir et de la possibilité de choix. L'existence d'un degré de liberté suppose que le sujet soit confronté au moins à une alternative dont il est par conséquent dépendant.

Pour revenir au deux cas exemple précédemment évoqués, en quoi la dépendance a-t-elle apporté de la liberté dans mes expériences vécues?

Quand je me suis occupé de ma mère, les trois dernières années de sa vie, elle vivait dans ce qu'on appelle la dépendance. Aveugle, infirme de ses mouvements, clouée dans sa maison puis dans sa chambre. Assistée trois fois par jour par une auxiliaire de vie salariée. Pour ma part, j'allais la visiter presque une fois par semaine et restais avec elle une journée. Je la voyais donc dans cet état de dépendance dont il était peu probable qu'il s'améliore. Elle, devait bien avoir conscience que cet état serait le sien jusqu'au bout.

Alors deux questions m'ont été posées. Comme se faisait-il que dans cet état dépendant, cette femme respirait la plupart du temps la joie comme je ne l'avais jamais vue, et avait quitté presque définitivement son tempérament dépressif et son comportement vindicatif.

Comment se faisait-il que dans ma propre dépendance d'être obligé, par devoir, de passer du temps de présence avec elle, j'ai pu réaliser enfin de ce qui avait été la joie de l'avoir eu comme mère. De par cette dépendance de présence, d'avoir pu éprouver de cette réconciliation intérieure de par ce qui avait été toujours problématique et peine de ma relation avec elle.

Comme si de cette dépendance était née une liberté de reconnaissance. Comme si le temps de cette dépendance avait apporté le temps nécessaire à la liberté de se sentir vivre, pour ne pas dire de revivre.

Dans le deuxième exemple où j'ai rencontré l'apparente contradiction entre dépendance et liberté, il s'agit d'une relation entre pairs, que l'on peut qualifier de relation affective intense et suivie. Qu'elle soit amoureuse ou d'amitié, la question du comment cette affection, cette passion a pu me rendre libre.

La dépendance, ici est de l'ordre de l'affection, comme quand deux personnes sont affectés à faire couple, dont l'affectation est l'union. Comme un couple qui a fait le choix de la fidélité dans le temps, comme la privation de la liberté d'aller voir ailleurs. Comme le couple qui fabrique par attirance, par affinité, cette grande dépendance que l'on nomme fusion. Cette dépendance, par lequel l'un est assujetti à l'autre. Ou symboliquement, il y a par moment comme une confusion des sujets.

Dans ce cadre rassurant – du moins tant qu'il est solide – ces deux qui s'aiment – on peut appeler ça comme ça – ces deux, gagnent une certaine liberté. Liberté de se mouvoir en confiance, puisque la relation établie, ils peuvent s'y fier. Dans cette dépendance encadrée, dans les limites fixées, donc qui ne bougent pas, les deux jouissent d'une des plus grandes libertés.

Dans le relationnel, l'humain ne cherche-t-il pas la dépendance bien avant la liberté. Ne passe-t-il pas dans les étapes de la vie, de la naissance, dépendance originelle et totale, à la mort, liberté suprême et totale. En quelque sorte, de la dépendance nécessaire pour acquérir une liberté suffisante.

Dans notre société, que cela soit au niveau individuel ou du modèle social, la dépendance n'a pas bonne presse. La personne autonome y est vantée, comme le sommet de l'accès à la liberté. La dépendance y est honni, comme l'image de la faiblesse, de celle qu'il faut cacher, si ce n'est éradiquer. Et c'est alors que l'on peut se demander par où est passée la liberté et comment elle nous touche et comment la toucher. Comme de cette strophe du fameux poème Liberté de Paul Eluard .

Sur l'absence sans désir Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort J'écris ton nom

Liberté

ou la chanson de Moustaki

Ma liberté
Devant tes volontés Mon âme était soumise

Serge Durrieux

(1) dystopique, aussi mauvais, désespérant, qu'une chose, une société puisse être.

(2) La causalité a pour premier terme la cause, c'est-à-dire la nécessité pour chaque partie d'être, par le fait de ce qui est hors d'elle, autre qu'elle ne serait si elle était seule.

 

Marie Claire et Pierre Wesselingh.

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Décès de Pierre Wesselingh

Nous avons été invités à venir rendre un dernier hommage à Pierre Wesselingh dans l'Eglise de Casteljaloux le lundi 9 septembre 2024 à 10h en présence de sa famille et de parents venus de Hollande lors d'une messe célébrée par le père Philippe d'Halluin. De nombreuses personnes qui le connaissaient étaient présentes et ont témoigné leur soutien à la famille. 

Voici le texte écrit et lu par Marie Christine Queyreur:

Pierre

 

c'est la franchise,

cet accent hollandais qu'il gardera toujours

dans un Français parfait,

parfois nuancé, toujours clair.

 

Pierre, c'est le courage et l'humour,

l'indignation devant les injustices

qu'il est prêt à combattre

et que parfois, il combat.

 

C'est la clairvoyance, le sens critique

il lit le Canard enchaîné, le Courrier International,

il participe au CCFD, terre solidaire,

Un homme généreux, amical,

enthousiaste.

 

Fidèle à ses idées,

volontaire, 
Il aime sa famille,

Il aime son jardin, cultiver la terre.

 

Il a formé avec Marie Claire

un couple aimant,

respectueux de l'autre

dans ses différences .

 

Adieu Pierre,

au revoir,

Il y a un paradis pour tous

tu vas la retrouver.

 

Texte et photos recueillis par Jean François Sadys, paroisse Notre Dame de l'Avance, Lot-et-Garonne.

 

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