Le poison nationaliste

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Marc Chagall 1947

Il y a tout juste trente ans, entre le 11 et le 15 juillet 1995, plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques étaient exécutés à Srebrenica par les forces du général serbe Ratko Mladić, sous les yeux de Casques bleus privés des moyens et des ordres qui leur auraient permis d’intervenir. En mai 2024, les Nations unies adoptaient une résolution, soutenue par la France, qui fait du 11 juillet une « Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide de Srebrenica ». Encore une fois, le travail de mémoire bute sur une impuissance : alors qu’il enjoint à l’humanité, en lui rappelant le pire, de ne pas renoncer à ce qui la constitue, il échoue à empêcher son retour.

En effet, les guerres en ex-Yougoslavie et les crimes qui y ont été commis ont été largement oubliés, quand bien même ils annonçaient, à bien des égards, nombre de conflits contemporains, caractérisés par l’abandon du droit humanitaire et du droit international, le retour des guerres de conquête et les massacres de civils. Les bombes et les drones pleuvent aujourd’hui sur l’Ukraine, ayant fait pour le mois de juin 2025 un nombre record de victimes civiles. Des dizaines de morts s’accumulent chaque jour à Gaza, sous les bombardements et au cours de distributions d’aide alimentaire menées sous le feu de l’armée israélienne.

De nombreux dirigeants européens paraissent naviguer à vue dans ces champs de ruines, en ayant jeté par-dessus bord la boussole de la mémoire du XXe siècle. Parmi les multiples leçons qu’il aurait fallu retenir de Srebrenica, il en est une que les sociétés civiles démocratiques doivent leur rappeler avec insistance : que le nationalisme, en particulier quand il se pare de justifications ethniques et religieuses, aboutit toujours à la négation de l’autre sous couvert d’affirmation identitaire. La démocratie se construit dans une tension entre la souveraineté des peuples et l’universalité des droits. Si la première prend le pas sur la seconde, plus aucun horizon démocratique n’est possible.

La rédaction de la revue Esprit du vendredi 11 juillet 2025

Corita Kent

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"Sœur Corita Kent, entrée à 18 ans au « Cœur immaculé de Marie », devient la présidente du département d’art de l’université que gère cet ordre. Avec ses sœurs, elle prend part aux mouvements sociaux, comme les marches de Selma pour les droits civiques des Afro-Américains (1965), et elles organisent avec leurs étudiantes des processions festives, les « Mary’s Day », qui mêlent codes de piété populaire et revendications sociales."

"Dans les années 1950, son médium artistique de prédilection devient la sérigraphie. Elle lui permet de reproduire et diffuser facilement ses œuvres. "

"Le travail de Corita Kent dérange l’évêché de Los Angeles. Mais c’est l’ensemble de sa communauté, engagée dans une réforme profonde de son charisme à la suite de Vatican II, qui entre en conflit avec l’Église locale. Corita demande une dispense de ses vœux en 1968. En 1970, la majorité des religieuses de sa communauté font de même et fondent une nouvelle communauté de laïcs, mixte et œcuménique, la communauté du Cœur immaculé, qui continue aujourd’hui de s’engager sur les questions de justice sociale."

Extraits de l'article de Anne Waeles dans Témoignage Chrétien  N°4084 du 12/12/2024

https://www.temoignagechretien.fr/corita-kent-1918-1986/

Pour avoir un aperçu des ses sérigraphies ouvrir le lien ci-dessous

https://www.corita.org/

 

La machine à cauchemars

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"La peinture de Goya nous apprend que les monstres sont partout. Ils se tapissent parmi les inquisiteurs, les militaires, les sorcières, les vieilles croyances ou les modernes espérances; dans le rire, dans les paroles de chansons, dans les fêtes, sous la lune et en plein jour.  La peinture de Goya nous apprend que, quoi qu'il arrive, l'humanité produit et produira du monstrueux, qu'elle est une machine à cauchemars. C'est effrayant, mais la peinture de Goya nous apprend aussi à l'admettre, à nous montrer lucides sur notre part d'ombre. (...) Dans sa plus célèbre gravure, Goya dessine un homme accablé à son secrétaire, assailli par des rapaces nocturnes. L'estampe est titrée en espagnol "El sueño de la gazon produce monstruos". Le terme "sueño" est ambivalent. Il peut vouloir dire que le sommeil de la raison engendre des monstres (...). Mais "sueño" peut aussi vouloir dire que le rêve de la raison engendre des monstres."

Source: "Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser chez Albin Michel pages 168/169.

Conversation dans un parc

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Conversation dans un parc, Thomas Gainsborough, Musée du Louvre.

"Cette mode du jardin à l'anglaise, aux limites du paysage, inspire considérablement Gainsborough. Il y perçoit là aussi la spontanéité de la vie et le reflet des émotions. Ce que nous dit le peintre (...) c'est combien l'expression des sentiments, par tous les moyens, est essentielle. Converser n'est pas une futilité, c'est un principe vital.(...) Il nous invite à faire confiance aux sentiments, à savoir les exprimer."

Source: "Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser chez Albin Michel, page 135.

 
 
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