Point de vue africain

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Ce qui se passe actuellement au Venezuela n'est pas une simple crise politique ou une histoire de droits de l'homme. C'est quelque chose de plus profond, de plus ancien, et qui nous concerne tous en Afrique. C'est la mise en œuvre d'une stratégie que le monde a déjà vue à plusieurs reprises, une stratégie qui vise à punir tout pays qui ose vouloir contrôler la valeur de ses propres richesses.

Regardons l'histoire récente, elle nous parle clairement.

En l'an 2000, Saddam Hussein, le dirigeant de l'Irak, a pris une décision qui a secoué le monde financier. Il a annoncé que son pays ne vendrait plus son pétrole en dollars américains, mais en euros. Il voulait que la richesse de l'Irak profite d'abord à l'Irak. Trois ans plus tard, en 2003, les États-Unis et leurs alliés ont envahi l'Irak. Le prétexte officiel était la recherche d'armes de destruction massive. Ces armes n'ont jamais été trouvées. Mais très rapidement après l'invasion, le pétrole irakien est revenu sur le marché international... et il était à nouveau vendu exclusivement en dollars américains.

Ensuite, prenons le cas de la Libye et de son dirigeant Mouammar Kadhafi. En 2009, il a lancé un projet visionnaire et dangereux pour les puissances occidentales : créer une monnaie africaine unique, le ''Dinar-or''. Cette monnaie aurait été garantie par l'or et le pétrole africains. Son but était simple : permettre aux pays africains d'échanger leurs ressources entre eux sans être obligés d'utiliser le dollar américain ou le franc CFA. En 2011, une coalition militaire de l'OTAN est intervenue en Libye pour ''protéger la population''. Kadhafi a été renversé et tué dans des conditions atroces. Son projet de monnaie africaine a été instantanément enterré et oublié.

Plus récemment, regardons la Syrie. En 2018, le gouvernement syrien envisageait de construire un important pipeline de gaz naturel avec l'Iran, un projet qui aurait contourné les routes d'approvisionnement contrôlées par les pays de l'OTAN. La Syrie étudiait aussi la possibilité de rejoindre un nouveau système de paiement international créé par la Russie et la Chine, un système conçu pour éviter le système bancaire occidental. Depuis, la Syrie a été plongée dans une guerre totale, son infrastructure économique et énergétique a été systématiquement détruite.

Maintenant, en 2025, nous voyons le même scénario se dérouler au Venezuela. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, avec plus de 300 milliards de barils. Ces dernières années, le gouvernement vénézuélien, pour survivre aux sanctions économiques qui l'étouffent, a commencé à vendre son pétrole en yuans chinois et contre de l'or, en utilisant des circuits financiers qui évitent le système du dollar. Aujourd'hui, nous apprenons que les États-Unis ont mené des frappes militaires sur le sol vénézuélien.

Vous voyez le point commun entre l'Irak, la Libye, la Syrie et maintenant le Venezuela ? Ce n'est pas qu'ils étaient tous des dictatures. D'autres dictatures sont amies avec l'Occident. Le vrai point commun, c'est qu'ils ont tous essayé, à un moment donné, de se libérer du dollar américain comme monnaie obligatoire pour vendre leurs ressources stratégiques, que ce soit le pétrole ou le gaz.

La réponse des grandes puissances suit toujours la même méthode. D'abord, elles imposent des sanctions économiques qui isolent le pays et étouffent son peuple. Ensuite, elles soutiennent financièrement et médiatiquement une opposition interne pour créer le chaos et la division. Enfin, quand le pays est suffisamment affaibli, elles interviennent militairement, sous une belle excuse comme ''protéger la démocratie'' ou "lutter contre le terrorisme". Le résultat final est toujours le même : les ressources naturelles du pays reviennent sous le contrôle des marchés internationaux... et elles sont à nouveau vendues en dollars.

Et l'Afrique dans tout cela ? L'Afrique, mes frères et sœurs, subit cette même logique, mais d'une manière différente. Nous ne vivons pas une guerre ouverte, mais une paix sous tutelle. Notre outil de contrôle s'appelle le Franc CFA.

Regardons les faits concrets et vérifiables concernant le Franc CFA :

• La moitié de toutes les réserves d'argent étranger des 14 pays africains qui utilisent le Franc CFA sont déposées sur un compte spécial au Trésor public français, à Paris. Cela signifie que nous ne contrôlons pas pleinement notre propre épargne nationale.

• Un représentant du gouvernement français siège de droit dans les conseils d'administration de nos banques centrales africaines, la BCEAO et la BEAC. Et ce représentant a un droit de veto. Il peut bloquer toute décision monétaire qui ne plaît pas à la France.

• La valeur du Franc CFA est verrouillée sur celle de l'euro. Un euro vaut toujours exactement 655,957 francs CFA. Cette parité est garantie par la France. Cela signifie que ce n'est pas nous qui décidons de la valeur de notre monnaie ni de notre politique économique ; c'est la Banque Centrale Européenne, qui défend d'abord les intérêts de l'Allemagne et de la France.

Le Franc CFA n'est donc pas une vraie monnaie africaine. C'est un instrument de contrôle économique, un vestige du colonialisme qui empêche nos pays de mener une politique monétaire indépendante, de développer nos propres industries et de construire une véritable souveraineté économique. Il nous maintient dans un état de dépendance organisée.

Maintenant, posez-vous cette question qui doit nous faire peur : qu'est-ce qui se passerait si demain, la République Démocratique du Congo décidait de vendre son cobalt, dont elle possède 70% des réserves mondiales, uniquement en yuans chinois ou en échange d'hôpitaux et d'écoles, sans passer par les banques occidentales ? Ou si le Niger et le Mali, qui fournissent l'uranium pour les centrales nucléaires françaises, exigeaient d'être payés en or physique ?

L'histoire de l'Irak, de la Libye et du Venezuela nous donne la réponse, et elle est brutale.

Face à cette réalité, il n'y a qu'une seule solution pour l'Afrique : l'union stratégique et courageuse. Nous ne pouvons pas survivre seuls, pays par pays. Nous devons nous unir. Cela passe par plusieurs actions concrètes :

Premièrement, créer une chambre de compensation panafricaine. Cela permettrait à un pays qui vend du cacao d'acheter des médicaments à un autre pays africain sans avoir à convertir nos francs CFA en dollars d'abord. Nos échanges se feraient directement entre nos monnaies.

Deuxièmement, établir un Fonds Monétaire Africain qui serait garanti par nos propres richesses : notre or, notre pétrole, notre cobalt, notre uranium. Ce fonds donnerait du poids et de la crédibilité à notre union monétaire.

Troisièmement, sortir de manière coordonnée et définitive du Franc CFA pour créer notre propre monnaie commune, une monnaie contrôlée par des Africains, pour les Africains.

Quatrièmement, développer d'urgence nos propres systèmes de paiement entre pays africains, comme le système PAPSS qui existe déjà, pour ne plus être dépendants du réseau bancaire occidental SWIFT.

Pour vous, citoyen africain, la leçon à tirer est simple. Ne placez pas toute votre confiance et toutes vos économies dans une monnaie que vous ne contrôlez pas. Protégez-vous en diversifiant. Convertissez une partie de votre épargne en actifs réels : achetez un lopin de terre, conservez un peu d'or physique que vous gardez chez vous, investissez dans du bétail. Pour ceux qui sont à l'aise avec la technologie, informez-vous sur des actifs numériques décentralisés comme le Bitcoin. Ne le voyez pas comme un jeu de spéculation, mais comme une façon de posséder une valeur qui n'est pas stockée dans une banque qui peut la geler ou la confisquer sur ordre d'un gouvernement étranger.

Le Venezuela est bien plus qu'une nouvelle angoissante. C'est un avertissement solennel pour l'Afrique.

Notre continent est assis sur les ressources les plus convoitées du 21ème siècle. Soit nous nous réveillons, nous nous unissons et nous prenons ensemble le contrôle de la valeur de ces ressources, soit nous serons démantelés et dominés, un pays après l'autre, comme le furent l'Irak, la Libye, et comme le Venezuela est en train de l'être.

La souveraineté ne se mendie pas. Elle ne s'obtient pas en gentillesse. Elle se prend par la connaissance, par la volonté et par l'unité. Et chaque jour qui passe sans action nous rapproche du danger.

 

La prise de conscience est le premier pas vers la libération.

Alberto Gnintz

Waooh, quelle clairvoyance ! Quelle analyse ! Quelle finesse ! Si seulement nos dirigeants pouvaient t'écouter ! S'ils pouvaient tenir compte de tes enseignements ! Chapeau, digne fils Africain pour ce brillant exposé ! Très belle compréhension de nos malheurs futurs et présents, des enjeux de notre époque, de notre moment !

Aurelien Adjete

Vraiment.

Il est temps pour les pays africains riches en ressources naturelles de s'unir et de prendre des décisions stratégiques pour se libérer du contrôle des grandes puissances. Pour cela, il est essentiel d'éduquer nos peuples sur les enjeux géopolitiques et économiques, afin qu'ils ne se laissent pas manipuler par des intérêts étrangers. Les gouvernements doivent travailler à renforcer la confiance de leurs citoyens et les informer sur les défis à venir.

La coopération régionale et la solidarité entre les pays africains sont essentielles pour faire face aux défis communs. Les gouvernements doivent également prendre des mesures pour protéger leurs citoyens contre les ingérences étrangères et les manipulations médiatiques.

Ensemble, nous pouvons construire une Afrique plus forte et plus souveraine ! Les peuples doivent être au courant de ce qu'ils s'apprêtent à traverser tout en ayant confiance à leurs états. Il est temps de prendre notre destin en main et de montrer au monde que l'Afrique est capable

 

Vata Dyeto

Je suggère que ces analyses parviennent à tous les présidents africains, par la voie de ses auteurs. Merci bcp.

 

Diamant Vert

Un très bel exposé mon gars une pensée bien structurée digne d'un panafricain conscient de la situation socio-panafricaine, unisson nous comme nos frères du Burkina Faso,du Mali et du Niger l'on fait en créant LAES pour la consolider l'Afrique et les africains que nous sommes.

Yorgen Siah

Si tous ces jeunes internautes qui passent leur temps à parler de choses inutiles pouvaient prendre le temps de lire entièrement cette analyse bcp seront touchés ne serais-ce pour un instant.... Cette analyse résume le système mondial et cela doit nous interpeller.... Merci Mr

 

Florence Young

Une analyse plus qu'authentique !

Vraie de chez Vraie, audacieuse pour réveiller les africains qui dorment encore. L'heure est à l'éveil commun et aux actions bien coordonnées telles que présentées par notre frère. Ce qui se passer au Vénézuela actuellement est un message fort ayant pour but de décourager tous ceux qui osent ou oserait .

La peur n'est pas une option, mais c'est l'action ! Vive l'Afrique libre, souveraine et unie ! 

Amma N'Kruma

Merci pour cette analyse et ces propositions de solutions salutaires. Une très importante , non citée demeure notre principale faiblesse. 

Une force militaire pour assurer la défense de nos pays et des populations. Car quoi qu'on dise, sans sécurité, nous demeurons vulnerables et à leur merci.

Michel Basso

Peut-être que c est ainsi. Les belles choses pour l humanité avance doucement.Par exemple: il existe une langue de respect des peuples, neutre, de paix.(l esperanto).mais c est l anglais qui envahit, de même pour les monnaies. Il faut tout de même croire et renforcer des Nations-Unis plus fort et démocratique. En Afrique,commencer par faire l'eco a la place du Cfa et plus de cooperation,etc.

Bonne année à tous. Bonan novjaron al ĉiuj.

Bikouta Cyr

Cool. Revenons au troc pour les minerais africains. Plus d'argent mais des objets en nature tels que l'or , le cacao ......

Ndranto Randriamamonjy

Merci beaucoup, bonne réflexion aux dirigeants africains. Il est temps de réagir contre les impérialistes qui nous mettent à genoux de nos souverainetés.

 

Bernadette et Claire Saint Marc

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Pour les légumes de Bernadette :

  • Consultez la page  « les produits de la semaine » pour connaître les produits disponibles.
  • passez  commande au 07 68 04 16 47, par SMS ou message vocal 
    – le dimanche avant 20h pour passer prendre votre commande à la ferme le lundi soir ou le mardi matin au marché de Casteljaloux
    – le jeudi avant 20h pour passer prendre votre commande à la ferme le vendredi soir ou le samedi matin au marché de Casteljaloux 

N’oubliez pas de préciser votre nom et le lieu de retrait souhaité.

Pour le cochon de Claire :

  • Le détail des produits porcins et leurs tarifs seront sur la page Porc Gascon.
  • passez  commande à Claire au 06 73 63 12 40, par SMS ou message vocal en n’oubliant pas de préciser votre nom. Claire vous contactera pour vous indiquer la date de disponibilité de votre commande.

Trac47

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Le Trac47

Le Trac47 c'est le théâtre en réseau d'amateurs et compagnies théâtrales du Lot-et-Garonne. Le TRAC47, pôle départemental ressources pour le théâtre amateur, est une association loi 1901 animée uniquement par des bénévoles. Le TRAC47 se propose de promouvoir et valoriser dans le Lot et Garonne un théâtre amateur de qualité et exigeant, pour jeunes et adultes, dans une démarche d‘éducation populaire, en fédérant sans exclusive les compagnies de théâtre amateur autour de projets.

Ferme du Plantey

Le jeudi 10 juillet 2025, en fin d'après-midi, en extérieur, à l'ombre des chênes centenaires de la ferme du Plantey, sur la commune de Labastide Castel Amouroux, une compagnie de jeunes actrices et acteurs du Trac47 ont joué une pièce de théâtre devant plus de soixante personnes. Le fil conducteur de ce spectacle vivant: l'agriculture d'hier d'aujourd'hui et de demain. Sur un texte de Joséphine Serre.

Joséphine Serre

Elle est comédienne, autrice et metteuse en scène. Son travail s’inscrit dans une démarche de recherche à partir des documents et d’archives pour faire émerger la fiction et la parole poétique. La pièce jouée à Labastide Castel Amouroux le jeudi 10 juillet 2025 est une commande d'écriture du TRAC 47. Voici ce qu'elle en dit sur son site internet:

"Au Pays est né d’une commande du TRAC 47 sur la thématique du monde paysan aujourd’hui. En 2023, j’ai rencontré une quarantaine de personnes qui ont consacré partie ou totalité de leur vie à la terre. J’ai recueilli leurs vocations, leurs colères, leurs espoirs, pour écrire un texte donnant la parole à des personnages de fictions. Ce premier volet, axé sur un état des lieux, fictionné, poétique et nécessairement politique, a donné lieu à une tournée dans des villages et fermes du Lot-et-Garonne. Le TRAC47 me passe maintenant commande pour un second volet, que je consacre aux rêves du milieu agricole. J’ai rencontré en décembre ceux qui travaillent la terre pour débattre avec eux de l’avenir du monde paysan. En jeu : la souveraineté, l’énergie, la biodiversité, l’endettement, mais aussi les rituels et le rapport au corps, un désir d’oasis reliés comme des archipels, la mutualisation, l’hybridation des techniques, l’appel à remercier les «animaux qui travaillent aussi» et à prendre soin «beaucoup beaucoup» de la terre. «Les solutions existent déjà», tous me l’ont dit. Ce travail, alimenté par ma consultation des cahiers de doléances des Gilets Jaunes du 47, s’intitule Au Pays, le Chant des Possibles.

La Conf'

La Conf' c'est l'appellation familière de la Confédération paysanne. Un drapeau de ce syndicat flottait à l'entrée de la ferme du Plantey qui nous accueillait le jeudi 10 juillet 2025.

La Confédération paysanne est, depuis 1987, un acteur majeur du syndicalisme agricole français qui porte des valeurs de solidarité et de partage. Le projet pour une agriculture paysanne qu'elle défend avec constance depuis sa création est cohérent et global. Il intègre pleinement les dimensions sociales, agronomiques et environnementales dans la production agricole. C'est une alternative réaliste à un modèle d'agriculture industrielle qui élimine trop de paysans et de structures agricoles diversifiées.

La Confédération paysanne dénonce la course effrénée à la compétitivité qui mène à la disparition de filières entières de production – nous ne serons jamais assez compétitifs vis-à-vis de pays qui ne s'embarrassent ni de règles sociales ni de respect de l'environnement.

La Confédération paysanne combat un modèle agricole qui conduit à la domination économique de quelques structures hyperproductives et hyperconcentrées, tout comme elle s'oppose à une vision de l'agriculture « paysagère » ou de loisir. Les paysans ont une mission qu'ils sont les seuls à pouvoir remplir : nourrir les hommes. Leur travail a une valeur et doit leur assurer un revenu juste.

Jean-François Sadys, paroisse Notre Dame de l'Avance, Lot-et-Garonne

Sites consultés:

https://www.trac47.fr/

https://www.chartreuse.org/site/au-pays-le-chant-des-possibles

https://www.confederationpaysanne.fr/

Pour tous renseignements complémentaires:

Christelle BOUTY BIBARD 1542 route de Veyries
Le Plantey 47250 LABASTIDE CASTEL AMOUROUX

06.64.39.27.63 ou 05.53.93.30.36

panierschristelle@gmail.com

 

 

Allons-nous vers une nouvelle crise sociale?

Rédigé par yalla castel - - 1 commentaire

"La soif d'innovations qui depuis longtemps s'est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse devait, tôt ou tard, passer des régions de la politique dans la sphère voisine de l'économie sociale. En effet, l'industrie s'est développée et ses méthodes se sont complètement renouvelées. Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué entre les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans l'indigence. Les ouvriers ont conçu une opinion plus haute d'eux-mêmes et ont contracté entre eux une union plus intime. Tous ces faits, sans parler de la corruption des moeurs, ont eu pour résultat un redoutable conflit.

Partout, les esprits sont en suspens et dans une anxieuse attente, ce qui seul suffit à prouver combien de graves intérêts sont ici engagés. Cette situation préoccupe à la fois le génie des savants, la prudence des sages, les délibérations des réunions populaires, la perspicacité des législateurs et les conseils des gouvernants. En ce moment, il n'est pas de question qui tourmente davantage l'esprit humain. (...)

Le problème n'est pas aisé à résoudre, ni exempt de péril. Il est difficile, en effet, de préciser avec justesse les droits et les devoirs qui règlent les relations des riches et des prolétaires, des capitalistes et des travailleurs. D'autre part, le problème n'est pas sans danger, parce que trop souvent d'habiles agitateurs cherchent à en dénaturer le sens et en profitent pour exciter les multitudes et fomenter les troubles.

Quoi qu'il en soit, Nous sommes persuadé, et tout le monde en convient, qu'il faut, par des mesures promptes et efficaces, venir en aide aux hommes des classes inférieures, attendu qu'ils sont pour la plupart dans une situation d'infortune et de misère imméritées.

Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient pour eux une protection. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l'Eglise, elle n'a cessé d'être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité. À tout cela, il faut ajouter la concentration entre les mains de quelques-uns de l'industrie et du commerce devenus le partage d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires."

Ce texte n'a pas été écrit par Jean Luc Mélanchon ou Marine Le Pen ni aucun leader syndical contemporain. Il a été écrit par le pape Léon XIII et publié le 15 mai 1891 dans l'encyclique "Rerum Novarum".

 

 

A la rencontre d'un happy apiculteur

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

A gauche Gonzo F. Romero, à droite Florian Duffau

 

Rencontre avec un Happy apiculteur.

La France est le pays le plus consommateur de miel en Europe. Environ 45 000 tonnes de miel sont consommées en France par an. La France importe en moyenne 35 000 tonnes de miel par an. Certains miels importés sont frauduleux: ils contiennent du sirop de glucose et/ou les abeilles sont « nourries » avec de l’eau sucrée. 

C'est en Occitanie que l'on a produit le plus de miel en 2021 (3681 tonnes) devant la Nouvelle-Aquitaine (3554 tonnes) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (2778 tonnes).

Avec Gonzo Fuenzalida Romero de l’association UIDD/Chiloé nous avons rencontré Florian Duffau happy apiculteur du Lot-et-Garonne.

Jean-François Sadys : Florian Duffau, bonjour.

Florian Duffau: Bonjour Jean-Francois Sadys.

JFS: Quel âge avez-vous?

FD: J'aurai 44 ans cet été.

JF: Depuis combien d’années êtes vous apiculteur?

FD: J'ai ouvert ma première ruche en 2015, losque j'ai rencontré une apicultrice à la retraite qui cherchait un coup de main. Elle m'a offert ma première ruche en fin de saison.

JFS: Quels miels produisez-vous?

FD: Je tâche de faire uniquement des miels du cru, comme le miel de tilleul, d'acacia, de forêt ou de châtaignier, mais je produis aussi des poly-floraux, l'explosion de la biodiversité est tellement grande pour le miel de printemps par exemple que l'on ne peut pas avoir un miel mono-floral, et heureusement, ça prouve qu'il en reste encore à sauvegarder !

JFS: Quel est votre rayon d’action pour installer vos ruches par rapport à votre domicile?

FD: Ma transhumance la plus longue est celle du châtaignier où je vais jusqu'au sud de la Dordogne, j'aime tellement ce miel ! Sinon, je reste à une vingtaine de kilomètres de chez moi sur des ruchers sélectionnés pour leur flore environnante afin de minimiser les déplacements de ruches.

JFS: Combien avez-vous de ruches?

FD: Cette année je suis redescendu à 30. Les conditions météorologiques de l'année dernière m'avaient décourag, je n'ai pas produit comme je l'aurais souhaité.

JFS: Comment êtes-vous devenu apiculteur?

FD: Je tiens à préciser que je ne suis qu'un apiculteur de loisirs, mais comme je l'ai dit plus haut, on m'a offert ma première ruche fin 2015 ; l'année d'après, il a fallu que je divise pour ne pas qu'elle essaime et me voilà déjà à 2 ruches. Connaissant du monde, on m'appelle pour retirer des essaims, je donne un peu de miel autour de moi, puis au bout de quelque temps, on me demande où on peut l'acheter et voilà comment j'ai créé ma petite entreprise, simplement, en prenant le temps.

JFS: Existe-t-il des écoles, des centres de formation pour apprendre ce métier?

FD: Oui, il existe un rucher école dans presque tous les départements français, il me semble. Pour chez nous, c'est au lycée agricole de Sainte-Livrade. C'est un bon début pour apprendre le métier ou pour quand on veut avoir des ruches à la maison. Ils sont généralement gérés par des apiculteurs bénévoles via un syndicat et on y trouve toutes les façons de s'occuper des abeilles. Là aussi, la biodiversité est intéressante je trouve. Et sinon, il existe des diplômes dans certains centres de formation agricole me semble-t-il mais je ne suis pas bien renseigné sur ce sujet, j'ai appris sur le tas avec des pros.

JFS: Est-ce un métier à plein temps ou un travail saisonnier?

FD: Les 2 mon capitaine ! C'est un métier saisonnier car nous sommes rythmés par la vie de l'abeille, de Mars à Août dans nos latitudes, l'hiver elles hivernent, contrairement à l'apiculteur qui va préparer sa saison. On en parle pratiquement jamais, mais l'hiver, on nettoie les ruches, on les peint, les répare, prépare les futurs cadres, les hausses etc.... Ce métier peut être à mi- temps comme pour moi, mais il peut aussi être à plein temps, c'est en fonction du nombre de ruches essentiellement. Il faut 200 ruches pour être considéré comme apiculteur professionnel à la chambre d’agriculture. 

JFS: Quel regard portez-vous sur l'année 2024?

FD: Une mauvaise saison... Une pluie printanière interminable qui a empêché aux abeilles leur explosion du printemps, des essaimages en série dès les premiers rayons de soleil et des taux de fécondation sur les reines pas top. Certains ont réussi à éviter le drame en se rattrapant sur les récoltes de fin de saison mais j'avais un peu baissé les bras. Heureusement les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas.

 JFS: Quelle politique agricole souhaitez-vous pour notre pays dans les années à venir de la part de la France? De la part de l’Europe? Quelles sont vos attentes concernant votre activité? 

FD: J'aimerais que l'on retrouve une souveraineté alimentaire  et que les produits paysans soient payés au prix juste. Il ne peut y avoir de pays sans ses paysans, et un paysan n'est pas chasseur de prime ! Pour l'Europe, c'est difficile d'en parler, nous n'avons pas tous les mêmes développements, pas tous les mêmes attentes, pas tous les mêmes contraintes etc... Je ne comprends pas comment on peut uniformiser tout ça, peut-être que j'ai un souci avec l'uniformisation, ou peut-être que je me rappelle qu'on avait pas voulu de cette Europe aussi ! Dans tous les cas, j'aimerais qu'une certaine conscience collective se développe pour que nous revenions à une agriculture plus respectueuse des êtres vivants dans sa globalité, elle n'est pas si loin.

JFS: Existe-t-il un syndicat des apiculteurs?

FD: Oui, dans le Lot-et-Garonne c'est L'abeille gasconne qui est la partie départementale de l'Unaf pour le national.

JF: Comment voyez-vous l’avenir de votre activité ?

FD: L'avenir est assez incertain, tout dépendra des politiques agricoles qui seront adoptées dans le futur, mais ce qui est sûr c'est que nous ne pourrons pas continuer longtemps sur ce modèle de libre échange qui ne respecte ni les paysans ni la terre ni les consommateurs.

JF: Comment peut-on vous rencontrer pour de vrai?

FD: Je ne fais pas de marchés hebdomadaires car je n'ai pas encore la production nécessaire pour fournir tout au long de l'année. J'ai privilégié pour le moment la vente sur quelques dépôts sur le département, mais on peut me trouver sur des marchés de Noël, à la fête de l'asperge à Fargues sur Ourbise ou à la fête des fleurs le 1er Mai à Tonneins, et sinon, le mieux, c'est de me passer un coup de fil au 06 75 68 16 88

JFS: Florian Duffau merci de votre accueil.

FD: Merci à vous de nous donner la parole.

 

 

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