A voir, à revoir, à faire voir.

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Hier soir, Arte a diffusé le film "L'oeuvre sans auteur" de Florian Henckel von Donnersmarck.

Le film dure 3 heures mais on ne voit pas le temps passer.

A 6 ans, en 1939, Kurt Barnet visite avec sa tante Elisabeth une exposition à Dresde consacrée à "l'art dégénéré" (selon les nazis), celui de ces peintres et sculpteurs contemporains, souvent juifs, qui ont révolutionné les codes de la figuration et inventé l'abstraction. Schizophrène, Elizabeth est internée dans un hôpital psychiatrique dirigé par le Pr Seeband, qui ordonne sa stérilisation. Après la guerre, Kurt, désormais étudiant aux Beaux-Arts en Allemagne de l'Est, est formé contre son gré à un art socialiste très officiel. Le jeune homme tombe amoureux de la jeune Ellie Seeband, tout en ignorant qu'elle est la fille du médecin responsable de la mort de sa tante. (Source: 2233521-l-oeuvre-sans-auteur)

Ce film bien entendu repose sur l'histoire de l'Allemagne nazie mais aussi sur le mode de fonctionnement d'êtres humains convaincus de faire le bien en mettant en pratique des théories catastrophiques pour eux et pour celles et ceux qui en seront les victimes. 

Le film évoque aussi l'importance de l'Art en général et de la peinture en particulier. 

Un film à voir, à revoir, à faire voir.

https://www.youtube.com/watch?v=Ji1CY-aIqnM

 

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La traversée

Rédigé par yalla castel - - 2 commentaires

 

 

Samedi 6 novembre à 18h, le cinéma l'Odyssée de Casteljaloux a projeté le film d'animation "La traversée" de Florence Miailhe.

Le film raconte la fuite de Russie de son arrière grand-mère avec ses dix enfants  en 1903 par le port d'Odessa.

 La première originalité de ce film d'animation c'est qu'il est fait par une artiste peintre qui n'est autre que l'arrière petite fille de l'arrière  grand-mère aux dix enfants chassés de leur pays.

Elle utilise les dessins de son arrière grand-mère et ceux de sa mère pendant la seconde guerre mondiale.

La seconde originalité de ce film d'animation c'est qu'il faut faire 24 dessins différents par seconde pour obtenir le mouvement des personnages. C'est un travail de Titan.

La troisième originalité de ce film c'est qu'il mêle des faits historiques d'hier et d'aujourd'hui concernant des personnes chassées de chez elles par la force et la folie de certains humains à l'égard d'autres humains. 

"La Traversée" est un film à voir et faire voir.

Capharnaüm un film qui ne laisse pas indifférent

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Révolté par son sort, un enfant des quartiers pauvres de Beyrouth veut attaquer ses parents en justice. Un saisissant mélodrame, entre réalisme et romanesque, signé Nadine Labaki ("Caramel"). 

Zain, âgé d’une douzaine d’années, veut intenter un procès à ses parents. Il ne leur pardonne pas sa vie de misère dans les bidonvilles de Beyrouth, ni la vente de sa sœur de 11 ans à un homme plus âgé. Après s’être échappé du foyer familial, l’adolescent rencontre Rahal, une Éthiopienne qui l’héberge en échange de la garde de son bébé, Yonas. Mais quand, à l’expiration de ses papiers, la jeune femme est arrêtée par les autorités libanaises, les deux enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. S’ensuivent des mois d’errance dans les rues de Beyrouth où Zain se bat pour garder Yonas en vie.

(Source: le texte de présentation du film sur le site d'Arte)

Manif devant l'Odyssée

Rédigé par yalla castel - - 2 commentaires

C'était aujourd'hui de 16h30 à 17h30  dehors en plein air sur le parking devant le cinéma de Casteljaloux.

Trente sept personnes y ont participé pour demander la ré ouverture du Cinéma et signer une pétition de soutien à cette demande. (Trois cents personnes à Agen, des dizaines de personnes devant les autres cinémas du Lot-et-Garonne.)

Certaines personnes étaient là aussi pour demander la ré ouverture de tout ce qui n'est pas essentiel.

Une sono a permis à la Madame la Présidente de l'association qui gère le cinéma municipal l'Odyssée de prendre la parole en public.

Des jeux de reconnaissance de musiques de films ont été proposés aux personnes présentes.

Deux élus de la municipalité étaient présents ainsi que Monsieur Raymond Girardi président de la Communauté des Communes.

Le texte de François Morel a été lu au micro et très applaudi. Le voici en version papier:

 

"Je me souviens, le premier confinement, je ne l’avais pas mal pris. Il avait fait beau, on mangeait dehors. Je dinais à heure fixe, ça me changeait. Je réussissais à perdre du poids. J’écrivais. J’ai travaillé mais de manière différente. J’ai regardé des séries. Et puis surtout, j’ai profité de mes proches. Ce fut une parenthèse pas désagréable. Tous les soirs à 20h, comme tout le monde, j’applaudissais le personnel hospitalier. Je me disais que ce n’était pas si mal un pays qui, plutôt que son économie, privilégiait notamment la vie de ses vieux.

Le deuxième confinement, j’ai moins aimé. D’abord, plutôt que vers le printemps, on allait vers l’hiver. On était un peu démoralisé. On se demandait combien de temps ça allait durer, s’ils allaient bientôt réussir à trouver un vaccin. Le soir, à 20h, on n’applaudissait personne. C’est pas quand on met les radiateurs qu’on va ouvrir les fenêtres en grand.

Le troisième confinement, c’est là que l’explosion de la vente des chiens a explosé. C’était encore le meilleur moyen de justifier les promenades en forêt. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’acheter un chien s’achetaient juste une laisse. Quand ils croisaient des gendarmes, ils se mettaient à courir la laisse à la main en criant Sultan ! Sultan ! Reviens ! Reviens Sultan, reviens !

Le quatrième confinement, c’était l’anniversaire de la mort de Samuel Paty. Certains ont eu l’idée, (ça partait d’une bonne intention),  d’applaudir tous les soirs à 20H les professeurs des écoles, des collèges, des lycées. Ça a fait des polémiques. Certains ont pensé que ça pouvait passer pour une provocation.

Le cinquième confinement, je ne m’en souviens plus trop. Je crois que j’ai commencé à boire le premier jour et je suis resté torché pendant les six semaines. Je buvais. Parfois, je vomissais pour faire de la place. Puis je rebuvais…

C’est surtout à partir du sixième confinement que j’ai repris du poids.

Je me souviens que entre le septième et le huitième confinement, je ne suis même pas sorti de chez moi, j’avais perdu l’habitude. 

Pendant le neuvième confinement, en ouvrant la fenêtre, j’ai le voisin d’en face qui travaille dans le BTP qui m’a crié « Vu votre nouvelle silhouette, vous devriez peut-être faire élargir vos portes au cas où vous auriez envie de ressortir de chez vous entre les deux prochains confinements. « De quoi je m’occupe ? » j’ai répondu en refermant la fenêtre.

Le dix-septième confinement, je me souviens, on a regardé plein de films, des vieux trucs, des comédies sentimentales. Les enfants étaient quand même étonnés, ils ne comprenaient pas quand ça finissait bien, pourquoi le monsieur et la dame, se sentaient obligés de se frotter la bouche l’une contre l’autre, parfois même de sortir la langue en guise de contentement ? « C’est dégueulasse, ils disaient, c’est pas hygiénique et puis ça sert à rien… » 

On ne leur répondait pas trop, on avait peur de passer pour des parias, on avait de la nostalgie…

Voilà. J’arrive bientôt à mon vingt-troisième confinement. D’une certaine manière, ça passe vite la vie confinée quand on est dans la torpeur. 

Pour les jeunes, on est des dinosaures. Ils nous demandent « Mais avant quand ça n’existait pas les confinements, qu’est-ce que vous pouviez bien faire toute la journée à traîner dehors ? Et pourquoi vous étiez obligés d’être en présentiel pour prendre un apéro avec des potes alors qu’avec Zoom c’est tellement plus pratique ?» 

On fait comme si on n’entend pas. 

On attend la nuit pour pouvoir faire des rêves de baisers, de poignées de mains, d'étreintes, de terrasses, de cinémas, de théâtres. Nos rêves d’aujourd’hui, c’était le quotidien d’hier."

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