François Morel

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François Morel a perdu en février dernier celle qui partageait sa vie, l’artiste Christine Patry-Morel décédée à l’âge de 67 ans.

 

François Morel confiait récemment à la radio une citation qu’il présenta comme celle que préférait son épouse : 


« Moi par dessus tout c’est la gaité qui m’en impose » (issue du livre de Nicolas Bouvier « l’usage du monde »).


François disait que cette phrase résonne en lui aujourd’hui, comme une invitation, une prescription, un mantra.Il ajoutait : 
 

 La gaieté serait un courage, une attitude. La gaieté serait une volonté, une exigence. Presque une morale.Une manière de s’opposer à un monde qui semble ne vouloir comprendre que la violence, le rapport de force, l’humiliation de l’autre.
 

Dans une société hystérique, dans un monde à feu et à sang, la gaieté serait une vertu, une vertu apaisante et créatrice. Pas une indifférence au monde, pas un ravissement crétin, pas une béatitude hors sol, mais une éthique, un principe de vie, une philosophie.


Moi par-dessus tout, c’est la gaieté qui m’en impose.


Jean-Louis Trintignant aimait citer ce qu’il tenait pour le plus court poème de Jacques Prévert : « Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ».
 

Par ailleurs, il est poli d’être gai, ainsi que l’ont dit tout un tas de gens à qui l’on prête cette phrase, qui considèrent que la gaieté serait une bienséance.


Moi, par-dessus tout, je vais tenter de rendre présents les disparus par mon assiduité aux vivants, par le bonheur traqué, par la joie retrouvée, par la promesse des lendemains, par la vaillance revendiquée, par la gaieté qui m’en impose. 

Dans ce torrent de médiocrité et de haine qui se déverse chaque jour, il existe quelques sources de lumière. 

 

François Morel cité sur Facebook.
 

 

Corita Kent

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"Sœur Corita Kent, entrée à 18 ans au « Cœur immaculé de Marie », devient la présidente du département d’art de l’université que gère cet ordre. Avec ses sœurs, elle prend part aux mouvements sociaux, comme les marches de Selma pour les droits civiques des Afro-Américains (1965), et elles organisent avec leurs étudiantes des processions festives, les « Mary’s Day », qui mêlent codes de piété populaire et revendications sociales."

"Dans les années 1950, son médium artistique de prédilection devient la sérigraphie. Elle lui permet de reproduire et diffuser facilement ses œuvres. "

"Le travail de Corita Kent dérange l’évêché de Los Angeles. Mais c’est l’ensemble de sa communauté, engagée dans une réforme profonde de son charisme à la suite de Vatican II, qui entre en conflit avec l’Église locale. Corita demande une dispense de ses vœux en 1968. En 1970, la majorité des religieuses de sa communauté font de même et fondent une nouvelle communauté de laïcs, mixte et œcuménique, la communauté du Cœur immaculé, qui continue aujourd’hui de s’engager sur les questions de justice sociale."

Extraits de l'article de Anne Waeles dans Témoignage Chrétien  N°4084 du 12/12/2024

https://www.temoignagechretien.fr/corita-kent-1918-1986/

Pour avoir un aperçu des ses sérigraphies ouvrir le lien ci-dessous

https://www.corita.org/

 

La machine à cauchemars

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"La peinture de Goya nous apprend que les monstres sont partout. Ils se tapissent parmi les inquisiteurs, les militaires, les sorcières, les vieilles croyances ou les modernes espérances; dans le rire, dans les paroles de chansons, dans les fêtes, sous la lune et en plein jour.  La peinture de Goya nous apprend que, quoi qu'il arrive, l'humanité produit et produira du monstrueux, qu'elle est une machine à cauchemars. C'est effrayant, mais la peinture de Goya nous apprend aussi à l'admettre, à nous montrer lucides sur notre part d'ombre. (...) Dans sa plus célèbre gravure, Goya dessine un homme accablé à son secrétaire, assailli par des rapaces nocturnes. L'estampe est titrée en espagnol "El sueño de la gazon produce monstruos". Le terme "sueño" est ambivalent. Il peut vouloir dire que le sommeil de la raison engendre des monstres (...). Mais "sueño" peut aussi vouloir dire que le rêve de la raison engendre des monstres."

Source: "Les yeux de Mona" de Thomas Schlesser chez Albin Michel pages 168/169.

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