François Morel

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François Morel a perdu en février dernier celle qui partageait sa vie, l’artiste Christine Patry-Morel décédée à l’âge de 67 ans.

 

François Morel confiait récemment à la radio une citation qu’il présenta comme celle que préférait son épouse : 


« Moi par dessus tout c’est la gaité qui m’en impose » (issue du livre de Nicolas Bouvier « l’usage du monde »).


François disait que cette phrase résonne en lui aujourd’hui, comme une invitation, une prescription, un mantra.Il ajoutait : 
 

 La gaieté serait un courage, une attitude. La gaieté serait une volonté, une exigence. Presque une morale.Une manière de s’opposer à un monde qui semble ne vouloir comprendre que la violence, le rapport de force, l’humiliation de l’autre.
 

Dans une société hystérique, dans un monde à feu et à sang, la gaieté serait une vertu, une vertu apaisante et créatrice. Pas une indifférence au monde, pas un ravissement crétin, pas une béatitude hors sol, mais une éthique, un principe de vie, une philosophie.


Moi par-dessus tout, c’est la gaieté qui m’en impose.


Jean-Louis Trintignant aimait citer ce qu’il tenait pour le plus court poème de Jacques Prévert : « Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ».
 

Par ailleurs, il est poli d’être gai, ainsi que l’ont dit tout un tas de gens à qui l’on prête cette phrase, qui considèrent que la gaieté serait une bienséance.


Moi, par-dessus tout, je vais tenter de rendre présents les disparus par mon assiduité aux vivants, par le bonheur traqué, par la joie retrouvée, par la promesse des lendemains, par la vaillance revendiquée, par la gaieté qui m’en impose. 

Dans ce torrent de médiocrité et de haine qui se déverse chaque jour, il existe quelques sources de lumière. 

 

François Morel cité sur Facebook.
 

 

RENÉ GIRARD

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René Girard est né à Avignon le 25 décembre 1923. Il a été élève de l'école des Chartres, une grande école française fondée en 1821 et spécialisée dans la formation aux sciences auxiliaires de l'histoire.

Il a fait toute sa carrière aux États Unis comme professeur de littérature comparée dans plusieurs universités prestigieuses américaines. 

En 2005, il a été élu à l'Académie française.

Il est mort aux États Unis le 4 novembre 2015.

Il se définissait lui même comme un professeur étudiant l'être humain en société. Il s'est intéressé au phénomène religieux et à la violence humaine fondateurs de notre culture.

 

Trois citations de René Girard

"On sait, désormais, que dans la vie animale, la violence est pourvue de freins individuels. Les animaux d'une même espèce ne luttent jamais à mort; le vainqueur épargne le vaincu. L'espèce humaine est privée de cette protection." ( La Violence et le Sacré, 1972)

"De toutes les menaces qui pèsent sur nous, la plus redoutable, nous le savons, la seule réelle, c'est nous-mêmes."  (Celui par qui le scandale arrive, 2001)

"Les parents s'étonnent d'avoir produit des monstres: ils voient dans leurs enfants l'antithèse de ce qu'ils sont eux-mêmes. Ils ne perçoivent pas le lien entre l'arbre et le fruit." ( Mensonge romantique et vérité romanesque, 1961)

Pour découvrir René Girard

René Girard, le penseur du désir et de la violence – Hors-série Philosophie magazine , octobre 2011

Bref aperçu de ses livres

"Du désir à la violence"

"Des choses cachées depuis la fondation du monde"

" La violence et le sacré "

Sources consultées:

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Ren%C3%A9_Girard/121489

https://www.rene-girard.fr/

 

Victor Hugo

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Louis Bonaparte est un homme de moyenne taille, froid, pâle, lent, qui a l’air de n’être pas tout à fait réveillé. Il a publié, nous l’avons rappelé déjà, un Traité assez estimé sur l’artillerie, et connaît à fond la manœuvre du canon. Il monte bien à cheval. Sa parole traîne avec un léger accent allemand. Ce qu’il y a d’histrion en lui a paru au tournoi d’Eglington. Il a la moustache épaisse et couvrant le sourire comme le duc d’Albe, et l’œil éteint comme Charles IX.

Si on le juge en dehors de ce qu’il appelle « ses actes nécessaires » ou « ses grands actes », c’est un personnage vulgaire, puéril, théâtral et vain. Les personnes invitées chez lui, l’été, à Saint-Cloud, reçoivent, en même temps que l’invitation, l’ordre d’apporter une toilette du matin et une toilette du soir. Il aime la gloriole, le pompon, l’aigrette, la broderie, les paillettes et les passe-quilles, les grands mots, les grand titres, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. En sa qualité de parent de la bataille d’Austerlitz, il s’habille en général.

Peu lui importe d’être méprisé, il se contente de la figure du respect.

Cet homme ternirait le second plan de l’histoire, il souille le premier. L’Europe riait de l’autre continent en regardant Haïti quand elle a vu apparaître ce Soulouque blanc. Il y a maintenant en Europe, au fond de toutes les intelligences, même à l’étranger, une stupeur profonde, et comme le sentiment d’un affront personnel ; car le continent européen, qu’il le veuille ou non, est solidaire de la France, et ce qui abaisse la France humilie l’Europe.

(Extrait de Napoléon le Petit de Victor Hugo)

Pour lire tout le texte:

https://fr.wikisource.org/wiki/Napol%C3%A9on_le_Petit/1/VI

 

 

Hypocondrie médiatique

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« Faisons gaffe à l’hypocondrie médiatique. Cessons d’amplifier le danger nourri par les médias. 

La morosité ambiante devient ma morosité.

La réalité du monde devient mon triste sort, et on finit par se rassurer dans l’angoisse.

Spirale infernale nourriepar une spirale d’info. 

Trop d’infos tue l’info, comme trop de lois tue la loi.

Par contre trop de connerie n’a jamais tué un con. 


Comment penser au long terme, rêver sa vie, quand on est pris dans la dictature de l’instant ? 

L’angoisse crée le pessimisme, qui engendre le défaitisme, qui lui-même fabrique de l’impuissance, qui à son tour nourrit la résignation pour finir par une tétanie de la pensée, autrement dit au niveau zéro de la réflexion.

La voie est libre.

Nous sommes totalement absents parce que trop présents. [...] 

Les grandes défaites se résument en une phrase : trop tard. »

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