François Morel
Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire
Jean Antoine Watteau . 1684 / 1721
Un enfant n’est pas un cadeau.
Ce n’est pas un compagnon attribué à un frère ou une sœur.
Ce n’est pas un petit-enfant que les grands-parents réclament avec insistance.
Un enfant n’est pas une mission en suspens.
Il ne vient pas accomplir ce que nous aurions voulu faire et n’avons pas pu.
Il ne vient pas donner un sens à notre vie.
Elle ou lui est une vie en soi.
Un enfant n’est pas le substitut d’un projet abandonné, ni d’une personne perdue.
Il n’est le sauveur de personne, ni d’un individu, ni d’un couple.
Un enfant ne vient pas pour combler, remplir ou compléter quoi que ce soit.
Ce n’est ni un pansement, ni un compagnon de route, ni un messie.
Un enfant ne naît pas d’un caprice, mais d’un désir profond.
Il est un être à part entière dès le départ, venu vivre sa propre vie.
Il arrive avec son empreinte, son caractère, son élan d’être.
Nous l’accompagnerons à se découvrir,
Nous lui permettrons de s’exprimer librement, de choisir qui il veut être, ce qu’il aime faire.
Nous accepterons dès le début qu’il ne peut pas correspondre à notre idéal,
ni combler nos manques, ni incarner nos attentes.
Il n’est pas notre reflet.
Nous le prendrons dans nos bras,
nous lui prêterons notre corps,
nous lui tendrons la main,
et nous garderons la distance nécessaire pour qu’il ose marcher seul et explorer le monde.
Et même si son éloignement nous fait mal,
nous l’attendrons à notre place,
afin que, s’il revient,
il trouve notre étreinte,
sans reproches, sans culpabilité.
Pleine de liberté.
Mon fils, ma fille :
je te libère de l’obligation de me sauver,
de me protéger,
de me rendre heureux,
ou de croire que "tu me dois quelque chose.”
(Lu sur Facebook, signé Carolina Mora)
Chers amis, vous voudrez bien trouver ci-joint la Lettre 49 d’Alep rédigée par Frère Georges. Merci infiniment de votre soutien sans faille.
En toute amitié. Françoise Parmentier
Lettre d’Alep No 49 (1er octobre 2024)
Tenir notre lampe allumée
Chers Amis
Vers la fin du printemps, toutes les nouvelles concernant la situation au Moyen –
Orient, annonçaient un été très chaud ; chaud par son climat mais surtout chaud par un
possible éclatement d’une guerre au Sud du Liban et qui irait de pair avec la situation
dramatique de Gaza. Israël promettait de bombarder le Liban et donc l’aéroport de
Beyrouth.
Pour beaucoup de Syriens émigrés qui comptaient venir en visite au pays, c’était une
menace réelle avec plein de questions : « Est-il raisonnable d’acheter à l’avance des
billets à destination de la Syrie via l’aéroport de Beyrouth ? »
Il faut dire que les compagnies aériennes n’atterrissent pas à Damas, à cause des
sanctions internationales contre la Syrie. Cela signifie qu’un voyageur qui veut venir
en Syrie doit passer par l’aéroport de Beyrouth puis prendre un taxi vers la Syrie. Et de
même pour le retour. Donc toute menace contre l’aéroport de Beyrouth représente une
inquiétude très grande.
Il nous fallait beaucoup de dialogue avec nos amis syriens ou des représentants
d’associations internationales amies qui avaient l’intention de nous visiter pour les
convaincre d’aller de l’avant dans leur décision. Mais, il restait encore une autre
menace, celle des bombardements effectués par Israël contre des villes syriennes. Là
aussi, il nous fallait tranquilliser et inviter à prendre le risque de venir.
Malheureusement, les opérations militaires de la semaine dernière ont donné raison
aux pronostics les plus pessimistes : Un automne chaud, très chaud, un enfer… Un
automne qui se prolonge et qui est en train de changer la configuration du Moyen
Orient. Un automne qui nous laisse dans un sable mouvant de souffrance, de peur, de
destruction et surtout un sentiment d’inquiétude pour l’avenir.
Un million de déplacés internes en une semaine. Voici les premières estimations
provenant du Liban. Certains ont préféré traverser la frontière pour passer en Syrie.
D’autres cherchent à rejoindre leurs pays de résidence par voie maritime…
Sommes-nous condamnés à être une population en exode ? Sommes-nous condamnés
à perdre nos biens, nos foyers, nos territoires pour être à la merci des autres ?
Nos enfants sont-ils condamnés à être des sans-logis, sans classes, sans amis,
condamnés à vivre dans l’insécurité ?
Une question qui nous traverse et que je veux partager avec vous….
Qui décide de notre sort ? Quelles sont ces forces du mal qui décident de notre Moyen
Orient ? Nous avons beaucoup de difficultés à planifier, à établir un calendrier précis et prévoir à long terme. Il nous faut accueillir quotidiennement les évènements tels qu’ils se
présentent en acceptant, s’il le faut, de changer les projets programmés.
L’argument principal pour oser prendre des décisions est le « VIVRE AU
QUOTIDIEN ».
La flexibilité et la résilience sont deux facultés importantes pour toute personne vivant
en Syrie ; s’ingénier à s’adapter aux circonstances qui viennent, essayer de voir le bon
côté des choses ; il nous arrive de nous plaindre, d’être fatigués et de nous dire jusqu’à
quand pouvons-nous supporter cette situation qui n’a pas d’issue et qui est sans aucun
horizon. Mais, souvent, l’on entend « Nechkor Allah, Hamdullillah ». Une expression
de gratitude et de confiance… D’où vient cette force intérieure qui permet à la personne
de dire Merci quand sa propre situation est critique. Ce n’est pas une résignation mais
un acte de Foi. Ce n’est pas une indifférence mais une acceptation de la réalité dans
une totale confiance en Dieu. Demain sera meilleur Inchallah.
Cette Foi inébranlable est un héritage reçu de nos parents qui nous ont éduqués à faire
confiance à Dieu et à avancer.
Heureusement que cette dynamique vitale permet aux Maristes Bleus de réaliser toutes
leurs activités avec sérénité et enthousiasme, comptant sur la Providence qui nous
comble de ses grâces. Nous croyons profondément que le Seigneur nous a toujours
précédés sur le chemin de la solidarité. Nous sommes témoins que l’amour de Dieu, sa
volonté et sa tendresse veillent sur nous et nous bénissent. Nous pouvons répéter avec
Marie, notre Bonne Mère : « Le Seigneur fit pour nous des merveilles. »
Cette année a été marquée par la formation des cadres et des futurs cadres des Maristes
Bleus. Ils ont suivi plusieurs sessions de formation organisées au niveau local ou en
collaboration avec les Maristes du Liban, Un groupe de 7 responsables de projet a
participé à des formations sur le thème du leadership que ça soit en présentielle au
Liban ou par internet.
De même, en vue de discerner l’avenir et de prendre les décisions nécessaires pour
assurer la relève, les responsables des projets ont réalisé une analyse SWOT de la
réalité des Maristes Bleus.
Assurer la relève, voilà bien un thème qui nous a demandé beaucoup de réflexion, de
partage et de prière.
Nous sommes tous convaincus que la Mission des Maristes Bleus à Alep est plus
qu’actuelle. Les besoins sont énormes et à tous les niveaux. Les Maristes Bleus
assurent un service de solidarité exemplaire et qui mérite de continuer.Nous sommes tous convaincus qu’il est temps de réaliser cette relève qui est un acte de foi en Dieu et en de nouvelles générations de leaders qui maintiendraient l’esprit de la Mission des Maristes Bleus et animeraient les différents projets.
Ce fut un choix de continuité qui demande une symbiose entre l’hier et le demain.
Ce fut un temps de lecture de ce qui a été vécu depuis la fondation des Maristes Bleus
en 2012.
Ce fut un temps pour confier l’avenir en le mettant entre les mains de Marie, notre
Bonne Mère ; avec beaucoup de sérénité et d’espérance.
Cette sérénité et cette espérance nous ont conduit à choisir trois personnes pour
constituer la nouvelle équipe de direction des Maristes Bleus. En effet, depuis le
premier septembre 2024, Adel JANJI, Bahjat AZRIEH et Lina LAWAND ont pris la
relève. Nous avons confiance en leur esprit Mariste, leur sens de la solidarité et leur
capacité d’agir en équipe. Nous, Leyla, Nabil et moi, continuerons à les accompagner
pour un temps de transition.
Certains de nos programmes ont déjà commencé depuis le 1er septembre. Les
programmes éducatifs débuteront aujourd’hui le mardi 1er octobre. Ainsi, les Maristes
Bleus continuent d’être cette lueur d’Esperance, en choisissant de mettre toutes nos
capacités au service d’une population en plein désarroi.
Il y a quelques jours, je postais sur Facebook cette prière :
Qui suis-je pour t'héberger, toi l’étranger ?
Qui suis-je pour que mon cœur déborde de sympathie pour ta condition humaine, toi
l’étranger ?
Qui suis-je pour perdre mon temps précieux à écouter les sombres soupirs de ta vie,
toi l’étranger ?
Qui suis-je pour accepter que toi l’étranger, tu partages avec moi l'espace de ma
stabilité et de ma tranquillité...
Qui suis-je, Seigneur, pour que tu traverses ma vie d'étranger, de faible, de réfugié,
d'opprimé, de jeté sur le bord de la route de ce monde fou ?
Une voix en moi murmure :
“Tu es mon fils bien-aimé...”
Ce n’est qu’un au revoir !
Alep le 1er octobre 2024
Fr. Georges Sabe
Pour les Maristes Bleus
https://oeuvre-orient.fr/les-lettres-dalep-de-nabil-antaki-et-georges-sabe/
Décès de Pierre WesselinghNous avons été invités à venir rendre un dernier hommage à Pierre Wesselingh dans l'Eglise de Casteljaloux le lundi 9 septembre 2024 à 10h en présence de sa famille et de parents venus de Hollande lors d'une messe célébrée par le père Philippe d'Halluin. De nombreuses personnes qui le connaissaient étaient présentes et ont témoigné leur soutien à la famille.
Voici le texte écrit et lu par Marie Christine Queyreur:
Pierre
c'est la franchise,
cet accent hollandais qu'il gardera toujours
dans un Français parfait,
parfois nuancé, toujours clair.
Pierre, c'est le courage et l'humour,
l'indignation devant les injustices
qu'il est prêt à combattre
et que parfois, il combat.
C'est la clairvoyance, le sens critique
il lit le Canard enchaîné, le Courrier International,
il participe au CCFD, terre solidaire,
Un homme généreux, amical,
enthousiaste.
Fidèle à ses idées,
volontaire,
Il aime sa famille,Il aime son jardin, cultiver la terre.
Il a formé avec Marie Claire
un couple aimant,
respectueux de l'autre
dans ses différences .
Adieu Pierre,
au revoir,
Il y a un paradis pour tous
tu vas la retrouver.
Texte et photos recueillis par Jean François Sadys, paroisse Notre Dame de l'Avance, Lot-et-Garonne.
Le mariage de la pierre et du végétal dans la cour du château de Cantecor à Gaujac, 47.
Danièle et Pierre-Olivier Lafage ont été longtemps enseignants de l'Institution Sainte Marie de Casteljaloux. Ils sont décédés trop jeunes ainsi que leur fille Claire-Marie mais ils restent très présents dans nos coeurs et nos souvenirs. Agnès, leur seconde fille, et Guillaume se sont mariés à Montpouillan le samedi 9 septembre 2023. A l'occasion de leur mariage un texte de Kalil Gibran a été lu, un extrait du livre "Le Prophète". Cet auteur est né au Liban en 1883 et mort au USA en 1931. Il était chrétien, écrivain, poète et peintre. Le texte choisi par les jeunes mariés est un dialogue entre Altmitra, une jeune femme et le Prophète. Dans une première partie il y a des généralités sur l'Amour et dans la deuxième partie il est question de l'Amour dans un couple. Voici l'extrait lu ce jour-là aux invités présents:
Alors Almitra dit "Parle nous de l’Amour."
Et il leva la tête et posa son regard sur le peuple, et un silence tomba. Et d’une voix puissante, il dit:
Quand l’amour vous fait signe de le suivre, suivez-le,
Bien que ses chemins soient rudes et escarpés.
Et lorsqu’il vous étreint de ses ailes, abandonnez-vous,
Bien que l’épée cachée dans ses pennes puisse vous blesser.
Et quand il parle, croyez en lui,
Bien que sa voix puisse briser vos rêves, comme le vent du nord dévaste le jardin.
[...]
L’Amour ne donne rien que lui-même et il ne prend rien que de lui-même.
L’amour ne possède ni ne peut être possédé,
Car l’amour suffit à l’amour.
Si vous aimez, vous ne direz pas “Dieu est dans mon cœur”, mais plutôt “Je suis dans le cœur de Dieu”.
Et ne pensez pas que vous pourrez diriger le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve digne, dirigera vos cours.
L’amour n'a pour seul désir que s’accomplir.
Mais si vous aimez et que vous devez avoir des désirs, que vos désirs soient ceux-ci:
Fondre et couler comme un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur d’un trop plein de tendresse.
Etre blessé par votre propre idée de l’amour;
Et saigner de votre plein gré et avec joie.
Se réveiller à l’aube avec des ailes au coeur et des actions de grâce pour cette nouvelle journée d’amour;
Se reposer à l’heure de midi et méditer sur les transports amoureux;
Rentrer chez soi à la tombée du jour avec reconnaissance;
Et s’endormir alors avec une prière au cœur pour le bien-aimé et un chant de louanges sur les lèvres.
Alors Almitra parla de nouveau et demanda: "Qu’en est-il du Mariage, maître ? "
Et il répondit en disant:
Vous êtes nés ensemble et ensemble vous resterez à jamais.
Vous resterez ensemble quand les ailes blanches de la mort dissiperont vos jours;
Oui vous resterez ensemble jusque dans la mémoire silencieuse de Dieu.
Mais laissez des espaces dans votre unité.
Et laissez les vents célestes danser entre vous.
Aimez-vous l’un l'autre, mais de l’amour ne faites pas des chaînes:
Qu’il soit plutôt une mer se mouvant entre les rives de vos âmes.
Remplissez vos coupes l’un pour l’autre mais ne buvez pas dans une seule coupe.
Donnez du pain l’un à l’autre mais ne mordez pas dans le même morceau.
Chantez et dansez ensemble, et soyez joyeux mais que chacun puisse être seul,
Comme sont seules les cordes du luth alors qu’elles vibrent d’une même musique.
Donnez vos coeurs, mais pas la garde l’un de l’autre.
Car seule la Vie peut contenir vos cœurs dans sa main.
Restez l’un avec l’autre, mais pas trop près l’un de l’autre:
Car les piliers du temple sont éloignés entre eux,
Et le chêne et le cyprès ne poussent pas dans l’ombre l’un de l’autre.
Khalil Gibran