L'eau de vie, l'eau de mort.

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Voici un texte lu sur Facebook hier soir:

L’eau qui donne la vie / l’eau qui mène à la mort

Aujourd’hui, je suis cette française, guadeloupéenne, dont le robinet ne coule plus depuis des jours, des mois, des années… et je ressens sa colère immense.

Aujourd’hui, je suis ces migrants tendus vers l’espoir d’une vie meilleure et dont la barque a chaviré, corps malmenés par les flots et entraînés vers le fond.

Près de quatre-cent-mille français, outre-marins, qui vivent sans eau courante depuis dix, vingt, trente ans… et dont la terre (et la ressource en eau) a été polluée pour environ 600 ans, mais que l’on voudrait dociles aux injections métropolitaines. De qui se moque-t-on ?

Vingt-sept corps perdus en Mer du Nord qui ont rejoint la cohorte de ceux avalés par la Méditerranée… Qui donc menaçaient-ils ?

A quoi utilisons-nous donc nos intelligences ? Quels veaux d’or servent-elles depuis la nuit des temps ?

J'aime le GEM

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(Photo de gauche à droite: Gérard Barrieu, Rachid Salah)

 

Le jeudi 7 octobre le GEM de Casteljaloux a organisé une opération portes ouvertes qui a été l’occasion pour nous de les rencontrer «  pour de vrai ».

Rachid Salah que signifie GEM ?

Groupe d’Entraide Mutuelle.

Il y a combien de GEM en Lot-et-Garonne?

Sept, un par territoire. Un sur l’Agenais « le GEM AAPI », un sur le Fumélois « La Sauce du Lien », un sur le Villeneuvois « Entraide et Vous », un sur le Tonneinquais « OKLM Le GEM », un sur Marmande « Arc en Ciel », un sur Miramont de Guyenne « La Ruche d’Entraide » et un sur Casteljaloux « La Grande Rue du GEM »; un huitième GEM est en cours de création sur le Néracais.

Qui est à l’initiative des GEM ?

Les Groupes d'entraide mutuelle (GEM) sont des collectifs introduits par loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Dédiés, pour leur grande majorité, aux personnes en grande fragilité présentant un handicap résultant de troubles psychiques (il en existe aussi pour les personnes cérébro-lésées), ces collectifs ont été instaurés pour être des outils d'insertion dans la cité, de lutte contre l'isolement et de prévention de l'exclusion sociale. La loi prévoit, dans ses articles 4 et 11, le développement de « groupes d’entraide mutuelle » dans un but tant de prévention que de compensation du handicap.

Dès 2005, dans le cadre du plan « psychiatrie et santé mentale 2005-2008 », un programme de création de groupes d’entraide mutuelle (GEM) destinés aux personnes souffrant de troubles psychiques est lancé, avec pour objectif la création de 300 GEM sur le territoire national ; ces espaces permettent  à des personnes isolées par la maladie ou le handicap de se retrouver dans un lieu d’échanges participatifs dans une logique d’entraide mutuelle. Cela permet de rompre l’isolement des personnes concernées et de ne pas craindre le regard de l’autre. 

 Qui finance les GEM?

Le fonctionnement des GEM repose sur le principe de l'autogestion avec une recherche permanente d'autonomie. Ce ne sont pas des structures médico-sociales et ils ne délivrent pas de soins. Les membres d'un GEM forment une association d'adhérents. Cette association est elle-même chapeautée par une association gestionnaire qui met à disposition du collectif les animateurs. De plus un parrainage est recherché, il consiste à assurer une « veille éthique », apporter un soutien dans le fonctionnement et tenir un rôle de médiateur. L’état par La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et les Agences Régionales de Santé (ARS) financent les GEM.

Rachid Salah quel votre rôle au sein du GEM?

Le GEM n’est pas une structure de prise en charge et de suivi mais un groupe fondé sur l’adhésion libre et volontaire des personnes. Les adhérents sont acteurs du projet de groupe (dans la mesure de leurs possibilités) qu’ils définissent et font vivre ensemble avec l’appui des animateurs et des bénévoles. Par sa définition même, le GEM est lieu d’échanges participatifs entre les adhérents dans une logique d’entraide mutuelle. De ce fait, mon rôle est  d'intégrer en permanence cette notion qui est à la base de mes initiatives. Je suis là pour coordonner, impulser et réguler des situations plus ou moins complexes et me mettre à l’écoute des adhérents et du groupe. J’ aide les participants à faire fonctionner leur association, j’ accompagne et soutiens les membres dans leurs demandes et leurs activités, je crée du réseau et du partenariat et je participe à faire exister l’association et ses adhérents sur le territoire et dans la cité.

Comment devient-on animateur ? 

Il n’y a pas de formation à proprement dit pour être animateur d’un GEM. Pour ma part je suis titulaire d’un Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport option loisirs tout public obtenu en 2006. (BPJEPS)

Comment devient-on animateur du GEM de Casteljaloux?

 

Il n’existe pas de diplôme spécifique pour être animateur d’un GEM, chaque parcours reste singulier. Pour ma part, suite à un grave accident du travail, j’ai fait une reconversion professionnelle qui m’a emmené à travailler à la résidence forestière de La Taillade. J’y suis rentré en 2005 en tant que stagiaire pour compléter par la pratique ma formation théorique du BPJEPS et en 2006 après l’obtention de mon diplôme, l’AEIH m’embauche en tant qu’animateur du foyer de vie de La Taillade. AEIH qui est devenu depuis SOLINCITE. Je suis animateur du foyer de vie jusqu’en 2017. A partir de 2015 je suis à mi-temps sur La Taillade et la Résidence d’Accueil de Casteljaloux au 8 rue du Turon à Casteljaloux.  Et en 2017 il y a création du GEM de Casteljaloux le poste d’animateur m’a été proposé.

En quoi consiste ce travail?

Classiquement le rôle est  avant toute chose un rôle de "facilitateur" et de "coordinateur" avec une capacité à la médiation culturelle et sociale.

Facilitateur parce qu'il s'agit d'aider les responsables associatifs et les adhérents à mettre leurs capacités en œuvre, de valoriser les actions menées par des productions artistiques, sociales, de communication, de création et d'activation de réseaux.

Coordinateur parce qu'il s'agit aussi de mettre à disposition des bénévoles désireux de s'impliquer dans une animation d'atelier des outils pédagogiques, une méthode, des moyens et de veiller à ce que les activités proposées n'empiétent les unes sur les autres d'où la nécessité de les  coordonner.

Médiateur culturel et social parce qu’il s'agit d'aider les adhérents dans leur recherche d'emploi, de logement, de sociabilité, de trouver un statut qui convienne à des situations singulières et d'orienter les personnes vers les ressources nécessaires.

 

 La règle est toujours de ne pas faire à la place mais avec.


Animer c’est donner vie ! 

 

 

Concrètement cela se fait comment?

Cela se traduit par le gestion administrative et financière de l’association La Grande Rue du GEM, de l’accompagnement à la mise en place d’ateliers à l’initiative d’un ou plusieurs adhérents. L’aide à l’organisation de sorties, mise en place d’évènements. Mon rôle est de rendre possible ce que les adhérents souhaitent mettre en place.

Combien d’ateliers fonctionnent en ce moment?

A ce jour il y a 10 ateliers animés par 11 adhérents.

Un atelier bois, du déco-patch, un atelier mandala, un atelier création de bijoux, le repas du jeudi avec atelier cuisine, le jardinage, l’atelier couture tricot, un atelier écriture et jeux de mots, un atelier échec et dames et un atelier de pyrogravure. Cela n’est pas exhaustif, tout bouge dans un GEM !

Aujourd’hui le GEM c’est combien d’adhérents?

A ce jour le GEM de Casteljaloux accueile 31 personnes dont 23 sont adhérentes. La gestion est assurée par un Conseil d’administration de 12 membres qui élisent un bureau.

Le président M Gérard BARRIEU en est à son second mandat, il est épaulé par 2 vice-présidents, une secrétaire et une adjointe, un trésorier et ses deux adjoints.

Merci Rachid Salah d'avoir répondu à nos questions.

 

Citations:

 

« Un homme n’a le droit d’en regarder un autre de haut que pour l’aider à se relever. »

 

« Décidons de nous rassembler dans un esprit d’entraide au lieu de se disperser dans le chacun pour pour soi. » (Serge Desjardins)

 

Amour Fraternité Liberté

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Le dimanche 10 octobre 2021, le CCFD Terre Solidaire a fêté ses soixante ans d'existence. En Lot-et-Garonne toutes les équipes locales se sont retrouvées à Saint Livrade pour une journée festive dans la très belle salle Charles de Cacqueray.

Si nous repensons à notre enfance après la seconde guerre mondiale, nous pouvons affirmer que le monde a bien changé. L'affrontement des deux blocs c'est fini. Aujourd'hui le monde est très instable, conflictuel.

USA, Russie, Chine, Arabie saoudite, Turquie, Pakistan, Inde, Israël, Iran s'affrontent.

Nous assistons à un grand désordre mondial. Nous avons le plus grand mal à diriger nos vies et nos destins. Dans l'histoire de l'Humanité il n'y a jamais eu autant d'armes vendues dans le monde. S'il n'y a pas embrasement général, troisième guerre mondiale généralisée, il y a une multitude de conflits d'une grande violence.

Il n'y a jamais eu autant de personnes déplacées, de personnes vivants dans des camps; ils se comptent par centaines de milliers pour certains pays, par millions au total.

Beaucoup de personnes aujourd'hui encore ont faim, ont soif, n'ont pas accès aux soins de santé les plus élémentaires.

Ce désordre mondial il gagne notre pays. Certains d'entre nous s'appauvrissent, voient leurs conditions de vie se dégrader. L'accueil des migrants se dégrade. La vie des non-migrants se complique même là où il n'y a pas de migrants.

Il devient de plus en plus difficile de débattre des problèmes actuels. La haine trop souvent remplace la discussion raisonnable qui permettrait de trouver des solutions aux problèmes en cours.

Soit nous continuons à nous entre-déchirer soit nous parvenons à nous ressaisir et à inventer le monde à venir. Si nous pouvions éviter de passer par la case guerre civile ça serait bien. 

Lors des débats, des tables rondes, des forums organisés par l'équipe du CCFD Terre Solidaire du Lot-et-Garonne quatre sujets ont retenu toute notre attention:

La souveraineté alimentaire, la justice économique, les migrations internationales, la culture de Paix.

Mais la liste peut se compléter bien sûr.

Pour en savoir plus sur les orientations du CCFD Terre Solidaire pour les six ans à venir voir lien suivant:

https://ccfd-terresolidaire.org/nous-connaitre/vie-associative-et-gouvernance/rapport-d-orientation-6954

 

L'Histoire se répète

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Guy Monnerot est né le 7 décembre 1931 à Bergerac. Il est assassiné le 1er novembre 1954 en Algérie où il avait obtenu un poste d'instit avec sa femme. Tous deux faisaient partie du mouvement "L'Ecole Emancipée".

 

Pour en savoir plus:

https://maitron.fr/spip.php?article145932

https://www.lepopulaire.fr/limoges-87000/actualites/le-1er-novembre-1954-guy-monnerot-tombe-sous-les-balles-du-fln-la-guerre-dalgerie-debute_11201184/#refresh

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_%C3%A9mancip%C3%A9e

Zoom sur Rolland Poupon

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Depuis mon enfance j’étais destiné à finir (ou à commencer) en hypokhâgne. Mon père Albert Poupon (Albert Loranquin en littérature) avait déjà connu la vie du Lycée du Parc pendant les années de la guerre mondiale. Il avait eu comme jeunes professeurs Lacroix, Pillard et surtout Debidour qui devint plus tard ami de la famille. Et c’est dans cette atmosphère que j’ai grandi, sous le regard d’un père qui rêvait de voir son fils venger finalement l’échec, de justesse, qu’il avait connu lors de sa dernière tentative d’intégrer à la rue d’Ulm.

Mais j’avoue que j’avais du mal à me sentir à l’aise dans cet univers, intéressant par bien des côtés, où je n’arrivais pas à m’épanouir. Et voilà qu’en pleine atmosphère des événements de mai 68 je fais la connaissance du Mouvement des Focolari. Ce fut tout de suite le coup de foudre. A peine terminée la licence, je me retrouve pour deux ans d’expérience communautaire et sociale en Italie avec des jeunes du monde entier, avides comme moi d’un monde différent encore tout à construire, et je décide de consacrer ma vie à cet idéal.

Début 71 on me propose de partir en mission au Liban. Et c’est du Liban que j’écris maintenant ces quelques lignes. Après 15 ans d’enseignement de la langue française à des élèves de 10 à 16 ans, la fondatrice et présidente du Mouvement des Focolari, Chiara Lubich, me demande de laisser le travail professionnel pour m’occuper de la coordination des activités du mouvement successivement dans la plus grande partie des pays du Moyen Orient. Quand je revois toutes ces années intenses vécues entre la guerre du Liban, l’intifada palestinienne, l’embargo de l’Irak et tous les défis, les espoirs et les contradictions du monde moyen oriental, je ne peux que remercier Dieu de cette aventure bien plus passionnante que tout ce que j’aurais pu imaginer.

Nous vivons en ce moment, je crois, et je ne suis certainement pas le seul à le croire, un des moments les plus cruciaux de l’histoire de l’humanité. J’ai eu la chance de rencontrer une personne comme Chiara Lubich, malheureusement encore si peu connue en France, même si elle a reçu par exemple le prix Unesco 96 de l’Education pour la paix ou celui des Droits de l’homme du Conseil de l’Europe à Strasbourg en 98. Avec elle je me suis retrouvé dans tout un courant de personnes qui se battent pour la formation d’une humanité différente. Là où le communisme a échoué et où le capitalisme sauvage est en train de s’enliser dans ses contradictions, la recherche d’une « économie de communion dans la liberté » est en train de faire son chemin dans le monde de l’économie. Là où la politique des partis n’arrive plus à sortir de sa sclérose, le « mouvement politique pour l’unité » qui regroupe des politiciens de tous bords et de tous pays qui mettent les valeurs de l’homme avant leur intérêt de parti, est un souffle nouveau qui donne beaucoup d’espoir. Là où les valeurs de l’indépendance se sont affirmées comme un grand progrès évident par rapport à la dépendance du colonialisme, mais qui n’arrive pas toujours à dépasser les courtes vues d’un nationalisme étroit, le courant de « l’interdépendance » est en train  peu à peu  de changer les mentalités.

C’est dans ce contexte que se déroule mon travail, au contact de personnes de toutes conditions, nationalités, religions ou convictions. Pour ne pas dépasser le cadre de ces deux pages, je voudrais finir par quelques mots sur le choc des civilisations dont nous sommes témoins en ce moment au Moyen Orient. En France on n’imagine pas combien les vrais musulmans ont soif d’une relation authentique avec le monde occidental, mais avec le « vrai » monde occidental, pas celui de l’hypocrisie de la diplomatie qui prétend aider la paix en vendant ses armes, ni celui des médias qui recherchent le sensationnel ou qui sont payés pour dire des mensonges. J’ai participé hier soir à une rencontre de 250 libanais chrétiens, sunnites et chiites, unis dans cette quête d’une vraie relation dans la confiance et la réciprocité. On a peur de l’islam en Europe et on le diabolise, sans se rendre compte que l’islam fait peur parce que lui-même est terriblement inquiet pour son propre avenir. Lorsqu’on arrive à s’apprivoiser réciproquement tout change. Et si on n’arrive pas à résoudre cette situation, si on continue à faire croire que les Israéliens ne peuvent pas vivre avec les Palestiniens, les sunnites avec les chiites ou les chrétiens avec les musulmans, on se retrouvera dans quelques années avec une nouvelle guerre au cœur même de l’Europe. Mais heureusement il y a parmi les musulmans, les juifs et les chrétiens du Moyen Orient suffisamment d’hommes de paix, capables de dépasser leurs conflits, et j’en connais personnellement beaucoup, pour pouvoir croire encore en un avenir possible pour l’humanité, loin des scénarios catastrophes qu’on s’amuse à nous présenter.

Fait à Beyrouth, le 28 février 2010

Roland Poupon

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