Vu à la télé.

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

Fin novembre, Arte a diffusé le film "Winter sleep" du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan. L'action se déroule dans une très belle région de Turquie: la Cappadoce au début de l'hiver.

Ce film est ennuyeux, long, interminable, agaçant, irritant, dérangeant. Dix fois je me suis levé pour aller voir ailleurs si j'y étais. Dix fois je suis revenu m'asseoir devant mon écran télé.

Les images sont très belles. Nous n'avons pas en France un tel habitat troglodyte dans un paysage étrange de film de sciences fiction. La campagne est immense, froide et enneigée.

C'est un film où les personnages parlent beaucoup et pas pour ne rien dire. Les dialogues sont souvent une succession de longs monologues entre quelques personnes.

J'ai ressenti "Winter sleep" comme un film sur l'enfermement : enfermement du couple, enfermement de la relation frère soeur, enfermement social, culturel, religieux. Souvent c'est la prise de tête garantie, le truc à se faire une déprime et à ne pas dormir de la nuit et à ressasser ce qui a été dit et montré. J'ai passé un long moment devant la télé à aimer et détester ce film. J'ai continué à y penser les jours suivants.

Plusieurs personnages du film sont coincés entre le passé et le monde moderne. Ils sont prisonniers de la religion, du monde dans lequel ils sont nés et qu'ils ne sont pas parvenus à quitter. Ils sont prisonniers de leur époque et d'eux-mêmes.

Dans les monologues successifs et interminables du film ils se jettent à la figure des vérités qui pourraient bien être aussi les nôtres.

Pour en savoir plus....

André Lugardon

Hair: titre court pour un film qui en dit long.

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Une véritable leçon de vie et d'humanité.

Trois jeunes iraniennes sourdes et muettes, tentent de participer au championnat du monde de Karaté en Allemagne, malgré les barrières posées par la religion : une véritable leçon de vie et d'humanité.

 

Elles sont trois. Trois iraniennes sourdes et muettes, unies dans le sport et les difficultés qu'il impose. Trois amies sélectionnées au championnat du monde de Karaté en Allemagne prêtes à tous les sacrifices pour y accéder. Les limites imposées par la religion deviendront leur poison. Elles vont mener un combat, au sens propre comme au figuré, sans jamais rien lâcher.

 

Se débarrasser de ce qui l’empêche d'avancer.

Symbole de cette rage qui habite le film, cette séquence où l'une d'elles se regarde dans le miroir. Elle enlève son niqab, laissant paraître des cheveux encore inconnus du public. Doucement, elle commence à les brosser. Son visage se durcit, puis, elle accélère son mouvement, brutalement, violemment. Des larmes remplies de rage et de désespoir apparaissent peu à peu. Soudain, elle s'immobilise. Ses traits deviennent froids : elle a une idée. Dévastatrice. Alors, elle porte le rasoir à son crane, et avec le plus grand des courages, achève de se débarrasser de ce qui l’empêche d'avancer, de ce qui fait d'elle ce qu'elle est : une femme.

 

Voilà ce qui freine la réussite de ces sportives pourtant si déterminées : ces trois jeunes filles sont simplement « des femmes », un handicap dans cette société iranienne ingrate envers le sexe féminin. Sourdes et muettes, elles sont à l'image de toutes les femmes iraniennes ou tout du moins des sportives de haut niveau.

Elles, n'entendent pas, ne parlent pas, une aubaine pour le gouvernement iranien qui se délecte de ce silence complice. Malin, il impose le port du voile à ces jeunes filles en compétition, alors que celles-ci sont croyantes et tiennent à leur religion. C'est donc du fait de leurs convictions, qu'elle seront évincés de ce qui faisait alors jusque là leur force, leur histoire.

 

Une démonstration d'humanité.

Joie et déception s'alternent. Ces émotions fluctuantes finissent par créer une spirale sans fin dont les trois sportives essaierons désespérément de sortir. Leur amitié et leur union dans le sport seront leur force, leur moteur dans ce combat acharné.

C'est à une démonstration d'humanité que nous assistons, qui nous fait aimer les personnages, les apprécier à leur juste valeur.

Hair n'en dénonce pas moins la difficulté à communiquer entre hommes et femmes en Iran, mais aussi entre orient et occident, difficulté dont les femmes sont les principales victimes (il n'y a guère qu'auprès des animaux qu'elles trouvent une présence réconfortante).

Rage, tristesse et fureur.

Ce qui nous maintient au cotés de ces héroïnes, ces battantes, c'est la tendresse qu'elles dégagent, mêlée à leur imperfections, à leur joie et à leur rires. C'est ce coté infantile, puérile qui fait qu'on s'attache à elles et qu'on les aimes passionnément. On voudrait les protéger envers et contre tout, mettre notre cœur à leur réussite.

Alors, quand l'échec inéluctable jaillit, après avoir essayé de toutes leurs forces, quand leurs efforts sont bafoués, nous sommes anéantis. Confondus entre rage, tristesse et fureur, impuissant et paralysé.

Alice Gapail

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