Sécheresses, canicules, agricultures intensives

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Lac artificiel créé en 1981 pour l'irrigation des cultures en Lot-et-Garonne et alimenté par trois ruisseaux.

Le texte ci-dessous a été écrit par Marie-Christine Lemardeley Cunci. Il figure en page XV de l'introduction au volume de la Pléïade consacré aux romans de John Steinbeck (1902/1968). Ce qui est décrit résonne avec notre époque, avec le réchauffement climatique, avec les phénomènes migratoires, avec notre modèle agricole. Rien de nouveau sous le soleil? 

Rendre compte de la crise et critiquer le progrès

La Grande Dépression a déterminé le désir de Steinbeck de témoigner. L'arrivée massive d'ouvriers agricoles pour la cueillette des fruits en Californie, à partir de 1935,  alerte l'écrivain sur un phénomène migratoire inédit. Ces cohortes venaient des grandes plaines de l'Oklahoma, du Kansas, de l'Arkansas et du Texas - zone que l'on appelait Dust Bowl (littéralement: le "bassin de poussière"). La désertification était due à un phénomène de sécheresse climatique, aggravé par la mécanisation de l'agriculture. La concentration des terres agricoles se fit aux dépens des petits exploitants, contraints de partir. C'est à ce peuple de saisonniers que s'intéressent les enquêtes journalistiques et les trois premiers romans de Steinbeck retenus dans ce volume. ("En un combat douteux", "Des souris et des hommes", "Les raisins de la colère").

Source: Bibliothèque de la Pléiade, John Steinbeck, romans, nrf,Gallimard, février 2023, imprimé en France.

 

John Steinbeck

Le prix Nobel de littérature en 1962 et le succès de certains de ses livres, Des souris et des hommes, les Raisins de la colère, ont longtemps valu à Steinbeck une réputation égale à celle de Faulkner et d'Hemingway, ses contemporains. (...) . Steinbeck est probablement l'un des meilleurs romanciers régionalistes américains. C'est son principal, voire son unique mérite. Son histoire est un peu celle du paysan corrompu par la ville. Steinbeck le fruste, le romancier de l'élémentaire, de l'immanence absolue n'aurait jamais dû quitter son village qui l'inspire si bien. Il connaît parfaitement cette « grande vallée » de Salinas, en Californie, qui descend vers le Pacifique, à 200 km au sud de San Francisco, avec ses champs fertiles, ses immenses ranches et les pêcheurs mexicains de Monterey. C'est là qu'il est né, en 1902, d'une famille très simple d'origine irlandaise : père fonctionnaire, mère institutrice. C'est là qu'il a ses « racines »,. (...) Son génie simple, c'est de regarder, d'entendre, de sentir la terre, les hommes et les bêtes de Salinas, sans omettre un détail.(...). Si Steinbeck avait accepté la pente naturelle de son talent, ce serait une sorte de Giono de la Californie.(...)

Source:  D. H. Lawrence, dictionnaire Larrousse. 

Le train des enfants

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Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d'autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial. Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. 


Déchiré entre l'amour maternel et sa famille d'adoption, quel chemin choisira-t-il ? S'inspirant de faits historiques, Viola Ardone livre le récit d'un amour manqué entre un fils et sa mère. Immense succès en Italie et traduit dans de nombreux pays, ce roman remarquable révèle une autrice d'exception. Le Train des enfants est une histoire qu'il fallait absolument raconter, et Viola Ardone le fait avec passion. 


Corriere della Sera:  "Drôle et poignant, peuplé d'une galerie de personnages hauts en couleur." 

Le Figaro magazine: "Captivant".

La Croix: "Ce roman captivant alterene les ambianes avec maestria".

Amor Towles

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Amor Towles est né en 1961. Il est américain. Il est diplômé de deux prestigieuses universités de son pays. Il a publié "Un gentleman à Moscou" et "Les règles du jeu". Ils se sont très bien vendus. Désormais il se consacre à l'écriture. Le titre de l'ouvrage "Lincoln Highway" fait référence à cette célèbre autoroute américaine construite en 1915 qui va de Times Square à New York au LIncoln park de San Francisco. C'est la première autoroute amércaine. Elle traverse quatorze états, cent vingt huit comtés. 

L'histoire du personnage principal de ce livre commence en juin 1954 et se termine en juillet de la même année. Le personnage principal s'appelle Emmett. Nous faisons connaissance avec lui dès les premières pages du livre. Il sort d'un centre pénitencier où il a été condamné adolescent pour avoir tué accidentellement un jeune homme qui l'avait provoqué et attaqué dans une bagarre qui s'est mal terminée pour les deux et plus particulièrement pour celui qui est mort ce jour là. 

Tout au long des 634 pages nous allons entrer dans le début de l'âge adulte d'Emmett et découvrir l'Amérique des années cinquante au gré de son périple sur la "Lincoln Highway".

Voici un bref extrait du livre qui ne reflète pas ce que le livre est réellement mais qui nous rappelle une vérité intemporelle des relations humaines :

"Lorsque mon père m'a abandonné au foyer pour jeunes garçons de Saint Nicholas, la soeur qui dirigeait l'établissement était une femme de convictions certaines et d'âge incertain du nom de soeur Agnès. (...) Le moment qu'elle préférait pour transmettre sa sagesse, c'était juste avant l'heure du coucher. (...) Quand on se retrouvait enfin tous au lit, soeur Agnes prenait une chaise et nous faisait la leçon. (...) L'une de ses leçons préférées était quelque chose qu'elle appelait les chaînes des torts. "Mes enfants, commençait-elle de sa voix maternelle, viendra un moment dans votre vie où vous causerez du tort aux autres et où les autres vous causeront du tort. Et ces torts opposés deviendront vos chaînes. Les torts que vous causerez aux autres vous emprisonneront dans la culpabilité, et les torts que les autres vous causeront vous emprisonneront dans l'indignation. Les enseignements de Jésus Christ notre Sauveur sont là pour vous libérer des deux. Pour vous libérer de votre culpabilité par l'expiation, et de votre indignation par le pardon. Alors seulement, quand vous serez libérés de ces deux chaînes, vous pourrez commencer à vivre votre vie le coeur empli d'amour et marcher d'un pas serein." "

" Lincoln Highway" d'Amor Towles, pages 109/110 chez Fayard.

ISBN 978-2-213-72187-3

 

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