Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il perd son âme?

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Madeleine Delbrêl est née en 1904 en Dordogne. Elle est morte en 1964 en région parisienne. Elle grandit dans une famille qui n’est pas catholique. Jusqu’à l’âge de 20 ans elle est athée. Sa formation de scout puis d’assistante sociale lui fait découvrir des personnes pauvres à Ivry, ville proche de Paris, située dans le Val de Marne. C’est, à l’époque, une municipalité communiste qui gère la commune. Son travail, la vie de tous les jours au sortir de la seconde guerre mondiale, la rue, le métro la mettent en contact avec des femmes, des hommes, des enfants qui ont des conditions de vie difficiles. Pauvreté et misère sont une réalité dont elle ne se détourne pas. Elle met toute son énergie à venir en aide aux autres qu’ils soient Français ou immigrés espagnols et italiens; chrétiens ou pas. Elle le fait non pas au nom de l’Eglise catholique mais au nom du Christ et de son message: il faut aimer les autres même s’ils sont différents de soi. Le fil conducteur de sa vie est de dépasser le « je » pour construire du « nous ». Madeleine Delbert est une femme qui toute sa vie est allée au contact de toutes les personnes dont elle a croisé le chemin témoignant de sa foi et s’engageant activement dans toutes les actions collectives qui peuvent améliorer la vie de tout un chacun. 

 

Que disent de Madeleine Delbrêl les personnes qui l’ont connue?

 

« Une très attachante personnalité humaine, d'abord. D'une extraordinaire capacité d'empathie, elle noue des relations personnelles dans tous les milieux. Elle s'engage à fond. Elle cultive la joie. Son humour est délicieux. Elle est libre. Elle dit ce qu'elle pense avec délicatesse mais fermement. Elle fait preuve d'une grande sûreté de discernement, d'une pensée rigoureuse. Sa personnalité spirituelle, sa théologie ont le même caractère : de solides fondations, de la vigueur et toujours ce centre qui unit tout : La Charité de Dieu manifestée dans le Christ. » (Christophe Chaland)

 

« Vue de loin, c’est une silhouette mince, agile, frêle mais dont l’allure même, ainsi que tous les gestes, portent une marque d’énergie et de décision (…) L’ensemble crée un climat de calme, de force, de gaieté. » ( Krystyna)

 

 

« Madeleine Delbrêl est une des figures marquantes de la spiritualité française. (…) Elle témoigne avec originalité d’un christianisme de l’enfouissement et de la proximité aux plus pauvres. » (Jean Guéguen)

 

Que nous dit-elle à la fin de sa vie terrestre?

 

« J'ai été et je reste éblouie par Dieu. »

 

Pourquoi lire aujourd’hui Madeleine Delbrêl?

 

« Quand tu ne sais pas où tu vas, souviens-toi d’où tu viens » affirme un proverbe africain. Il pourrait devenir « Quand tu ne sais pas où tu vas, lis Madeleine Delbrêl ». Il y a des ressemblances dans ce que nous vivons aujourd’hui avec ce qu’elle a vécu dans les années 30/40/50/60. Tuberculose-covid. Pauvreté-misère. Phénomènes migratoires de masse. Guerres. Déplacement de populations. Déchristianisation de notre pays. Crises morale-spirituelle-politique-économique. Pertes de repères. Perte de libertés. Lire Madeleine Delbrêt c’est retrouver un peu de lumière, d’espérance dans des lendemains meilleurs.  Sa vie exemplaire au service des autres n’est pas à la portée de tous mais nous pouvons essayer de l’imiter. Le monde ne s’en portera que mieux.

 

Citations de Madeleine Delbrêl:

 

« Apprends l'art de la guerre sur toi; sur les autres l'art de la paix ».

« Fais avec tous ce qui fait du bien à tous, plutôt que de faire mieux ce qui ne ferait du bien qu'à toi ».

« La vie commune est faite de petits pardons et donc de petits oublis ». 

« Rentre tes angles : tu te cogneras moins ». 

 

 

Suggestions de lecture:

 

« Petite vie de Madeleine Delbrêl » de Jean Guéguen aux éditions Desclée de Brouwer.

« Alcide : guide simple pour simples chrétiens », Seuil, coll. « Livre de vie », no 133, Paris, 1980 

« Alcide et le petit Moine, maximes et conseils de vie spirituelle » (Œuvres complètes vol. 4), Nouvelle édition 2017, Nouvelle Cité 

« Ampleur et dépendance du service social », Bloud et Gay, Paris, 1937.

 

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De la vérité

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« Pilate ne regarde pas la vérité en face ! Il ne voit pas qu’elle est devant lui, sans défense. Qu’elle se tient debout dans sa singularité, et qu’elle a un visage !

Ne faisons pas trop facilement le procès de Pilate. Car…
Pilate, c’est vous et moi, lorsque dans une situation inextricable comme la sienne, nous tentons de maintenir la foule au calme,
au détriment peut-être de la vérité.
Pilate, c’est vous et moi lorsque nous évitons des décisions difficiles,
qui nous obligeraient à faire un chemin de vérité sur nous-même.
Pilate, c’est vous et moi lorsque pour un choix en conscience,
nous fondons notre décision sur ce qui est simplement utile,
plutôt que sur ce qui est vrai,
ou sur nos émotions, plutôt qu’avec notre raison.
Pilate, c’est vous et moi lorsque nous ne croyons finalement plus vraiment en la vérité parce que nous savons trop bien qu’au nom de celle-ci, le pire a été commis ! Ne sommes-nous pas les fils et les fils d’un siècle qui a voulu enfermer la vérité et la mettre dans des formules ? Oui, la vérité a souffert sous Ponce Pilate… mais elle n’est pas morte ! Ne dit-on pas que la vérité peut pâlir, mais jamais périr ?

Osons croire aujourd’hui encore qu’il existe une Vérité qui donne sens à nos vies. Mais reconnaissons aussi que la manière de comprendre celle-ci sera toujours personnelle, car la vérité se trouve chez celui ou celle qui se met à son écoute… En effet, la vraie question de la vérité n’est pas posée par Pilate mais bien par le Christ au cœur du récit : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? ». Est-ce que la vérité est sur tes lèvres, et est-ce la vérité de ton cœur ? Est-ce qu’elle vient de toi ? 

Il s’agit finalement d’être ajusté et en cohérence avec ce que nous disons ; de garder une vigilance intérieure pour entourer de bienveillance ce que nous affirmons. L’autorité n’habite-t-elle pas celles et ceux qui disent ce qu’ils font, et qui font ce qu’ils disent ? 

Cette scène d’évangile nous rappelle donc l’urgence d’accompagner nos paroles de sagesse et d’esprit critique !
« Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? Est-ce bien toi qui dis cela ou es-tu dépendant de la rumeur ? N’écoutes-tu, ne partages-tu que ce qui va dans ton sens ?
Voilà bien le problème de notre monde
qui communique de plus en plus
et qui dialogue de moins en moins :
qui abandonne la vérité au profit de l’autorité
ou qui exerce l’autorité au détriment de la vérité…

Celui que nous fêtons aujourd’hui nous invite à réconcilier les deux : autorité et vérité, car son Royaume n’est pas de ce monde.
Et en cette fête du Christ Roi, nous sommes conviés à franchir un pas décisif. Si le Christ est Roi, c’est parce qu’il n’y a pas d’écart entre sa vérité et son autorité. « Tout homme qui appartient à la vérité, dit-il, entend ma voix ». On ne possède pas la vérité. Au contraire, c’est elle qui nous possède, sans parfois que nous nous en rendions compte.
En effet, nous ne détiendrons jamais la clé ultime de notre cœur,
la vérité de notre vie. Nous pouvons alors nous déposséder de la volonté de maîtriser celle-ci, comme Dieu s’est débarrassé de sa toute-puissance pour accueillir sa tendresse, pour que nous le fassions régner sur nos vies. Le pouvoir se donne. Il ne se prend pas.
A nous, de nous déposséder de notre envie de maîtrise,
pour nous laisser posséder par cette tendre vérité qui nous dépasse :
Si notre conscience nous condamne,
Il s’agit de nous laisser posséder
par une miséricorde plus grande que notre cœur,
Si notre route semble bloquée et notre destin écrit,
Il s’agit d’inscrire notre vie dans une destinée plus grande
Et si la douceur semble avoir déserté notre foyer
Il s’agit de nous en remettre à la tendresse de Dieu
et de croire que certaines impasses de notre passé
seront autant d’ouvertures vers une lumière future.
Si nous faisons vraiment ce travail de vérité, si nous inscrivons notre vérité personnelle dans le cœur de Dieu, nous découvrirons alors que la vérité n’est pas quelque chose que l’on possède, mais qui se dévoile, qui nous englobe et qu’il faut rechercher avec courage et patience. Celle-ci se décline au long de nos histoires, de notre passé, de notre présent, de notre avenir, car le Christ qui chemine à nos côté est « Celui qui est, qui était et qui vient ». Il est roi parce qu’il ne s’impose pas, parce qu’il ne nous gouverne pas et qu’il nous laisse libres de le suivre ou non. Jésus n’a jamais revendiqué pour lui-même le titre de roi. A nous de le faire régner sur nos vies. 

Puissions agir en ce monde en vérité, et à le gouverner non pas pour régner, mais pour faire régner le royaume de Dieu. »

Source: https://www.lejourduseigneur.com/homelie/homelie-du-21-novembre-2021

Aimer

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Voici donc le court précepte qui t'est donné une fois pour toutes:

Aime, et ce que tu veux, fais-le.

Si tu te tais, tais-toi par amour,

si tu parles, parle par amour,

si tu corriges, corrige par amour,

si tu pardonnes, pardonne par amour,

aie au fond du cœur la racine de l'amour,

de cette racine ne peut naître que le bien.

Saint Augustin

Gérard n'est pas devenu prêtre pour lui mais pour nous.

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Gérard Cousin a été ordonné prêtre le 23 juillet 1981 à Lourdes. Il nous avait invité le dimanche 25 juillet à fêter ses quarante de sacerdoce au parc municipal de Casteljaloux ainsi que son anniversaire (75 ans) autour d'une messe en plein air dans le respect des règles sanitaires en vigueur. Plus de 300 personnes ont répondu à son invitation. La veille les employés municipaux ont emmené chaises et tables sur ce site de verdure bien connu des Casteljalousains. Dimanche matin dès 9 heures des paroissiennes et paroissiens sont venus mettre en place les chaises et les tables. Avant que la messe ne commence Christiane Piazzon a pris la parole pour témoigner de ce que Gérard représente pour nous :

 

 « Cher Gérard, nous sommes très heureux de fêter avec toi tes 40 ans de sacerdoce. 

 40 ans de mission au service de l’Eglise diocésaine.

 

 40 années de fidélité vécues au jour le jour dans la patience et l’humilité.

 

40 années ancrées dans l’amour du Christ et de son Eglise, au service de ses frères en Lot et Garonne.

 

40 années aux diverses missions confiées.

 

Tous  ceux qui ont partagé un bout de chemin avec Gérard, peuvent témoigner de sa simplicité, de son talent pour le travail d’équipe, de son attention discrète et de son goût pour les rencontres fraternelles.

 

Effectivement,  lequel d’entre nous n’a pas était réuni avec Gérard autour d’un bon repas ?

 

Pour lui ces temps de partage, autour d’une table, sont importants, signe fort de la fraternité vécue dans le concret des rencontres humaines à la suite du Christ, comme lui.

 

Quelle belle occasion de rendre grâce à Dieu ensemble pour le don de Gérard, pour la fécondité de sa vie et de son ministère. »    

 

Puis la messe a commencé célébrée par Gérard et le père Alain Michaud

 

Lors de son homélie Gérard a rappelé les moments forts de son sacerdoce, les rencontres qui l'ont marqué. Il a témoigné de sa confrontation avec la mort, la maladie, les souffrances des corps et des âmes, avec le bien, le mal. Rien n'est jamais acquis définitivement à l'homme: ni la peine ni le bonheur. Il a témoigné des chemins de vie de femmes et d'hommes qui lui ont fait rencontrer Dieu à travers ce qu'il a partagé avec eux. Au moment de la communion beaucoup des personnes présentes sont allées communier. Une fois la messe terminée, Madame le Maire a pris la parole:

 

« […]  Cher Gérard, il me parait important aujourd’hui, en une telle occasion que la  Maire s’adresse au Père. […] En voyant cette assemblée  réunie devant nous, la considération que l’on vous porte dépasse les frontières de Casteljaloux […]  Tous s’accordent  pour louer votre simplicité, votre altruisme  et votre grande ouverture d’esprit. Nous avons déjà pu mesurer la richesse de votre parcours au service des autres, dans les moments de joie et de peine. Aujourd’hui je rends hommage à l’homme, l’homme d’Eglise, l’homme de culture, l’homme de partage, l’homme de tolérance, l’homme d’accueil et l’homme au verbe taquin, qu’il est quand même difficile d’égaler en la matière _ […] Un brin d’humour envers mon père :[…] Déjà Gerard je connais votre appétence pour la marche, mais savez-vous vraiment de quoi les coquilles st Jacques se’ Compostelle’ ? […] mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse septique.[..]Merci pour tout Gérard et bel anniversaire.

 

Puis les personnes qui le pouvaient, qui le souhaitaient sont restés dans la partie ombragée du parc municipal pour un apéritif offert par le CCFD Terre Solidaire et pour partager un repas panier pique nique emmené par chacun. Une sono a permis que ce moment soit animé par des chants et des prises de paroles individuelles.

 

Nous avions le sentiment de vivre un moment fort dans notre chemin de vie avec Gérard. 

 

Une vie ça passe si vite!

 

Quelques citations du curé d’Ars, particulièrement affectionnées par Gérard : 

 

"La foi, c'est parler à Dieu comme à un homme.” 

 

“Si, à ma mort, je m'aperçois que Dieu n'existe pas, je serai bien attrapé, mais je ne regretterai pas d'avoir passé ma vie à croire à l'amour.”

 

 “Celui qui communie se perd en Dieu comme une goutte d'eau dans l'océan. On ne peut plus les séparer.”

 

 

« Allons, mon âme, tu vas converser avec le bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui, combattre et souffrir ave lui. Tu travailleras, mais il bénira ton travail ; tu marcheras, mais il bénira tes pas ; tu souffriras, mais il bénira tes larmes. Qu’il est grand, qu’il est noble, qu’il est consolant de tout faire et en la compagnie et sous les yeux du bon Dieu, de penser qu’il voit tout, qu’il compte tout !… »

 

« L’homme a une belle fonction, celle de prier et d’aimer… Voilà le bonheur de l’homme sur la terre. »

 

 

Voici une petite vidéo souvenir de la messe de ce dimanche de fête, accessible en cliquant sur le lien suivant :  Jubilé du père Cousin

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Quand tu ne sais pas où tu vas...

Rédigé par yalla castel - - 3 commentaires

"Quand tu ne sais pas où tu vas souviens-toi d'où tu viens" dit un proverbe africain. 

 

Et bien aujourd'hui je reviens de Saint Michel de Murato. Haute Corse.

 

Saint Michel de Murato serait une église piévane, de la Pievanie de Bevinco. Au XII ème siècle, après avoir chassé les Sarrazins, Pise entreprend de doter l'île de véritables structures institutionnelles, religieuses, administratives et judiciaires.

La Corse est alors divisée en entités géographiques et religieuses, les "Pieve".

C'est à travers cette organisation que Pise exerce son pouvoir administratif et ses responsabilités économiques.

Pendant environ 200 ans, temps de la "Pax Pisana", des ports sont ouverts, la liberté du commerce rétablie, le littoral sécurisé et les Corses quittent les hauteurs pour occuper et mettre la plaine en culture.

Période heureuse au cours de laquelle la Corse connaît la prospérité.

San Michele di Muratu est sans aucun doute une magnifique illustration de l'art roman pisan et, problablement, un exemple de l'organisation  sociale et politique des XII et XIII èmes siècles où l'église assure aux populations des Pieves sécurité, développement et justice.

 

 

 

 

 

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