Tout bien portant est un malade qui s'ignore.

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49°3 c’est un gros coup de fièvre.

Mais le coronavirus va nous faire oublier tout ça.

Et une cuillère de coronavirus le matin, le midi, le soir, sur toutes les chaînes de télé, dans toutes les radios, nuit et jour, jour après jour, semaine après semaine. Jusqu’à plus faim. Jusqu’à plus soif.

« Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille? »

(Docteur Knock, 1923, Jules Romains)

Je suis folle

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Je suis folle quand je ne tiens pas en place

Je suis folle quand je ne reste pas à ma place

Je suis folle quand je suis trop maigre

Je suis folle quand j'ai peur d'être trop grosse

Je suis folle quand je ne veux pas sortir avec celui-ci

Je suis folle quand je sors avec celui-là

Je suis folle quand je sors seule

Je suis folle quand j'écoute ma voix intérieure

Je suis folle quand je n'écoute pas ce qu'il me dit

Je suis folle quand je dis oui oui oui

Je suis folle quand je lui dis non

Je suis folle quand je m'habille pour moi

Je suis folle quand je m'habille comme ça

Je suis folle quand je crie ma douleur et ma peine

Je suis folle quand je crie mon plaisir et ma joie

Je suis folle quand je me caresse

Je suis folle quand je ne veux pas qu'il me touche

Je suis folle quand je veux un enfant dont il ne veut pas

Je suis folle quand je ne veux pas d'enfant avec lui

Je suis folle quand je ne veux pas d'enfant, point fina

Je suis folle quand je ne veux pas de la vie qu'il "se tue" à m'offrir

Je suis folle de partir

Je suis folle quand je pleure et ris toute seule dans mon coin

Je suis folle quand je pleure et je ris avec mes amies

Je suis folle de chercher à comprendre

Je suis folle de chercher à apprendre

Je suis folle de vouloir vivre ma vie

Source: "L'Ecole des soignantes" de Martin Winckler pages 367 et 368

De l'Algérie d'aujourd'hui

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

"Au désastre de la guerre des années 1990 se sont ajoutées des catastrophes naturelles dans les années 2000; des séismes à répétition, dont l'un a provoqué plus de 2000 morts, et des inondations tout aussi destructrices. Ces éléments sont importants, puisque chaque catastrophe se trouve reliée à la précédente, bien que de nature différente. Ces catastrophes sont associées par une commune appartenance à la sphère du tragique. (...)

Dans les discours des personnes en analyse se retrouve tel quel cet aspect du tragique, au point d'entendre parler "d'acharnement du sort", de "condamnation à la catastrophe" voire de "punition divine", ce qui évoque "la colère des dieux" dans la mythologie grecque. Cette collusion entre les monstruosités humaines des années de guerre et les ravages de la nature a eu pour effet une accentuation de la religiosité: prières, re-voilement des femmes, etc..., pour tenter de limiter "la colère des dieux".

Dans les deux cas, entre ciel et terre, Dieu était de mise: un Dieu obscur contre une nature peu clémente qui conduisait à faire appel à la protection du divin. Les cris silencieux de détresse lors des massacres et des meurtres durant ce que nous qualifions de "guerre intérieure" sont restés sans fin. Ils furent relayés par d'autres pertes humaines liées au dérèglement du ciel et de la terre. L'insensé de la barbarie des hommes se renforçait et se consolidait par les imprévus de la nature. Une étrange puissance de l'aléatoire régnait, alors que les sources et les causes échappaient à l'entendement.

Les questions relevant du "comment en sommes-nous arrivés là? " et "pourquoi ce déferlement de pertes hémorragiques?" - les morts, les disparus, les massacres et la barbarie - restaient lettres en souffrance.

Un désarroi massif s'est répandu, à partir de la dimension collective d'une détresse envahissante et insaisissable. Les bords du dedans et du dehors, si protecteurs habituellement, devenaient fragiles et poreux. Le tissu social s'est fragmenté et cela a propulsé les sujets dans des sentiments d'insécurité et de danger permanents. Cette situation nous conduit à penser que nous avons affaire à des subjectivités qui véhiculent un grave "trauma social" dont les causes et les remèdes se cherchent encore."

Source: "Le trauma colonial" de Karima Lazali aux Editions la découverte pages 19/20.

Karima Lazali est psychologue clinicienne et psychanalyste à Paris depuis 2002 et à Alger depuis 2006.

Lourdes, le film.

Rédigé par yalla castel - - 1 commentaire
Nérac, lundi 8 juillet 2019. Il est 20h30. Il fait très chaud, très lourd, orageux. Nous sommes devant l'entrée du cinéma " Le Margot". Nous sommes en avance. La séance est prévue pour 21h. Le titre du film: "Lourdes". Nous pensions faire la queue, raison de notre arrivée "de bonne heure". En fait à 21h lorsque la projection commence nous sommes 17 dans la salle de cinéma très confortable, très bien sonorisée et... à bonne température.
 
Dès les premières images nous entrons dans une autre dimension, un autre monde. Fini notre petit confort douillet du moment. Nous nous tassons dans nos fauteuil, nous nous y enfonçons, écrasés par le poids de la réalité de la souffrance humaine sous toutes ces formes. Balayé notre petit confort intérieur, nos certitudes de tous les jours, nos bonnes raisons de ne rien faire, de ne pas trop penser et voir le malheur des autres.
 
Les images chocs, les prises de paroles "vraies" et sans détour vont se multiplier pendant une heure trente.
 
Lorsque la projection du film s'achève personne ne bouge dans la salle. Tout le monde reste assis dans son fauteuil KO de ce que nous venons de voir et d'entendre.
 
Ce n'est que lorsque l'écran s'éteint définitivement et que la lumière de la salle se rallume que les uns et les autres en ordre dispersé nous finissons par nous lever de nos sièges et quitter la salle.
 
Attention ce film ne nous déprime pas, ne nous anéantit pas, nous ne sortons pas de la salle avec le moral à zéro. C'est un hymne à la vie, à l'amour, à l'altruisme, au partage. Un antidote aux dérives du monde d'aujourd'hui.
 
"Lourdes" est un film à voir et revoir. Seul mais mieux encore en famille, avec les enfants et les petits enfants.
 
Yalla Castel
 
Françoise Delbecq dans le journal "Elle":
 
"Le point fort de ce documentaire repose sur la pudeur dans le traitement des images, des cadrages. La caméra est soucieuse de préserver la dignité de ces hommes et de ces femmes. Lourdes n'est alors plus qu'un berceau d'humanité et nous, spectateurs, sommes submergés par l'émotion."
 
Gwénola Trouillard pour "Télé Loisirs":

"Une claque émotionnelle, un concentré d'humanité dont on ressort bouleversé."

 
Christophe Caron de "La Voix du Nord":
 
"Pudique et bouleversant."
 
Xavier Leherpeur dans "Le Nouvel Observateur":
 
"Les réalisateurs distinguent avec finesse la religion et ses dogmes discutables de la croyance intime, éminemment respectable. Pari réussi."
 
Philippe Rouyer pour "Positif" :

"S’en dégage un grand respect qui rend l’ensemble impressionnant d’autant que les auteurs savent capter la photogénie d’un lieu ou d’une procession, ce qui fait de ce documentaire un vrai film de cinéma."

 
 
 
 
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