Accorde-moi, Dieu miséricordieux,
de désirer avec ardeur ce que tu approuves,
de le rechercher avec prudence,
de le reconnaître avec vérité,
de l'accomplir avec perfection
à la louange et à la gloire de ton nom.
Mets de l'ordre en ma vie,
et ce que tu veux que je fasse, donne-moi de le connaître,
donne-moi de l'accomplir comme il faut
et comme il est utile au salut de mon âme.
Que j'aille vers toi, Seigneur, par un chemin sûr, droit, agréable et menant au terme,
un chemin qui ne s'égare pas entre les prospérités et les adversités.
Que je te rende grâce dans ce qui m'est prospère.
Que dans les choses adverses je garde la patience,
ne me laissant pas exalter par les premières,
et ne me laissant pas abattre par les secondes.
Que toute joie me fatigue qui est sans toi.
Que je ne désire rien en dehors de toi.
Que tout travail, Seigneur, me soit agréable qui est pour toi
et tout repos insupportable qui est sans toi.
Donne-moi souvent de porter mon cœur vers toi
et quand je faiblis, de peser ma faute avec douleur,
avec un ferme propos de me corriger.
Donne-moi, Seigneur Dieu, un cœur vigilant
que nulle curieuse pensée n'entraîne loin de toi,
un cœur noble que nulle indigne affection n'abaisse,
un cœur droit que nulle intention équivoque ne dévie,
un cœur ferme que nulle adversité ne brise,
un cœur libre que nulle violente passion ne subjugue.
Accorde-moi, Seigneur mon Dieu, une intelligence qui te connaisse,
un empressement qui te cherche, une sagesse qui te trouve,
une vie qui te plaise, une persévérance qui t'attende avec confiance
et une confiance qui te possède à la fin.
Le Cri est un magazine mensuel et un site internet lancés fin 2025 par deux associés, Paul Piccarreta et Théo Moy. Le Cri est né du fourmillement d’une génération de chrétiennes et de chrétiens qui cherchent à vivre d’une même intensité leur foi et leur engagement dans la société. Nous voulons mettre en lumière ce renouvellement d’un christianisme d’action sociale et d’émancipation. Mais Le Cri s’adresse aussi à tous les chercheurs de sens. Le constat est implacable : les crises écologiques, sociales et politiques épuisent tout le monde. Déception militante, burn-out écolo, fatalisme politique provoquent un intérêt grandissant pour les propositions spirituelles. Le Cri entend répondre à cette soif profonde de sens qui émerge dans la société.
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Témoignage chrétien (TC) a été fondé en 1941 à Lyon par des résistants chrétiens, en particulier le jésuite Pierre Chaillet et des pasteurs lyonnais. C’est le plus vieux titre issu de la Résistance encore publié.
Aujourd’hui, comme à ses origines, ses prises de position s’enracinent dans l’héritage spirituel chrétien : unité du genre humain, fraternité universelle, égale dignité de tous et toutes, liberté de conscience, attention préférentielle aux plus démunis. Ses engagements s’inscrivent dans le cadre démocratique de l’État de droit.
Témoignage chrétien est un journal libre et engagé qui n’est affilié à aucune Église ni institution religieuse.
Il est coordonné et piloté par une petite équipe très professionnelle. De nombreux journalistes indépendants y écrivent régulièrement et des contributeurs, intellectuels et universitaires, professionnels de diverses origines, militants engagés dans divers domaines, lui apportent leur expertise.
Témoignage chrétien
5 rue de la Harpe, 75005 Paris
Tél. : 07 83 37 80 85
« La loi du plus fort est toujours la meilleure » (Jean de la Fontaine)
9 mai 1950, « déclaration Schuman »: égalité des droits entre partenaires de l’Union européenne naissante. Sortir des logiques de guerre et des affrontements guerriers. (3 guerres France Allemagne dont deux mondiales)
« La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste ». (Blaise Pascal)
Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste .
Cet article a été écrit pas Henri Lastenouse, auteur et expert des affaires européennes, principalement connu pour ses responsabilités au sein d’organisations pro-européennes.
Il occupe actuellement le poste de Vice-président de « Sauvons l’Europe », une ONG et un groupe de réflexion qui milite pour l’intégration européenne et le renforcement des valeurs démocratiques.
Aimé Souché (1888-1975) fut un auteur prolixe de manuels scolaires et un mémorialiste de la Grande Guerre. Fils unique d'une famille paysanne calviniste de Pamproux, il est reçu premier du canton au certificat d'études en 1899. Son instituteur assure sa formation pour qu'il entre à l'Ecole normale à Poitiers en 1903. Il est nommé à Latillé en 1907, puis à Neuville où il se marie l'été 1909 avec une institutrice. A l'automne 1910, le couple est à Pindray .
A la mobilisation, il rejoint le front d'Ypres, sergent du 268 eRégiment d'infanterie. Sa compagnie est décimée le 5 octobre 1914. Début novembre, le bombardement devient incessant. Sur une carte postale, il griffonne des adieux à sa femme et son fils : « 4 nov, 5 heures du matin, dans l'obscurité de la tranchée. Toutes mes pensées vont vers vous, au milieu des plus effroyables dangers et des pires souffrances. »
Le 6 à l'aube, l'ordre d'attaque des lignes allemandes est lancé. Dans sa compagnie, 70 sont tués. Aimé Souché est fait prisonnier, envoyé en Allemagne. Après les camps de Merseburg (Saxe), Gardelegen, il part au bagne à Wittenberg en février 1916, puis à Quedlinburg. Ensuite dans un camp de représailles en Pologne à Schaulen. Il est à nouveau à Quedlinburg en octobre. Les Allemands volent les colis. Le 1 eravril 1917, il note : « Un Boche de 18 ans vient de tirer sur un groupe de Russes affamés qui tendaient leur gamelle vers notre baquet de soupe. Trois ont été tués. »Le 10 décembre : « Les Italiens ont dévoré toute l'étroite bande d'herbe verte qui poussait sous la protection des fils barbelés. »
Il ne reviendra qu'en janvier 1919. Devenu inspecteur primaire, Aimé Souché prononce un discours le 31 juillet 1920 à Loudun, lors de la distribution des prix : « La guerre est gagnée, mais il ne semble pas que la défaite ait modifié la mentalité allemande. » En 1923, dans son manuel scolaire, Le premier livre de morale du jeune Français, il a donné à lire cette leçon de vérité : « La guerre de 1914-1918 fut la plus horrible des guerres : des millions d'hommes, presque tous les peuples du monde ; quatre années de tueries, de destructions sur terre, dans les eaux et dans l'air ; pas une famille qui ne pleure ses morts. »
Pendant la seconde guerre mondiale il fera parti d'un mouvement de résistance.
De ce fait, l’adage popularisé par le poète Jean de La Fontaine en guise de morale de la fable Le Loup et l’Agneau – « La loi du plus fort est toujours la meilleure » – est l’exact contraire de ce qui fonde le miracle du 9 mai 1950, où, dans la « déclaration Schuman », prévaut pour la première fois l’égalité des droits entre partenaires, point essentiel qui embarque l’Allemagne d’Adenauer dans l’aventure européenne. Voilà dépassée la logique des traités guerriers. Sans doute cette « égalité de droit » s’inscrit-elle aussi dans une forme d’humanisme distillé tant par la philosophie grecque et le juridisme romain que par le christianisme qui irrigue l’histoire européenne.
Dans le même temps, il est toujours sage d’écouter Blaise Pascal lorsqu’il rappelle que « la justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste ».
Pascal nous plonge au cœur du destin européen. Aujourd’hui, au sein de l’Union européenne, c’est avant tout la primauté du droit européen, au sein des différents ordres juridiques, qui garantit à chacun de ne pas subir l’adage de Jean de La Fontaine. Le projet européen est puissant sur notre continent du fait de l’effectivité directe de ses lois.
Et nous voilà, à ce moment incroyable et terrifiant de ces premiers jours de 2026, devant un défi sans précédent lancé à notre communauté de destin, à nous Européens. Il nous faut, pour la première fois depuis presque un siècle, assumer, seuls au cœur du monde, l’impératif de Blaise Pascal, « faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste ». Avec la sortie assumée par les États-Unis de la famille bienveillante de la force du droit, l’Europe retrouve certes un destin singulier au cœur du monde, mais également une obligation de l’assumer pour exister encore.