L’encyclique de Léon XIV: que l’IA serve l’humanité et non le pouvoir de quelques-uns
À l’occasion du 135e anniversaire de «Rerum novarum», le Pape réfléchit, dans sa première encyclique, «Magnifica humanitas», à la doctrine sociale de l’Église à l’ère de l’intelligence artificielle. Un appel à préserver «une humanité magnifique habitée par Dieu», en promouvant la vérité, la dignité du travail, la justice sociale et la paix. À l’ère numérique, il faut désarmer l’IA et dépasser la théorie de la «guerre juste», en relançant le dialogue et le multilatéralisme.
Le foot est sans doute aujourd’hui la première religion du monde. Elle a ses adeptes, ses croyants, ses pratiquants, ses idoles, ses rites et elle est répandue sur la planète entière. Soulignons que c’est une religion principalement masculine – encore une – car, s’il y a des joueuses et des supportrices, elles sont toujours minoritaires et marginales.
La victoire finale du Paris-Saint-Germain samedi soir en Ligue des champions est venue rappeler le foot à notre mémoire à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde 2026, organisée outre-Atlantique par le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Vu de façon positive, le foot est un grand moment de communion locale ou nationale, souvent intergénérationnelle – les pères emmènent leur fils au match – et populaire – ce n’est pas un sport bourgeois. C’est aussi un lieu de lien social, et les petits clubs locaux bénéficient de l’engagement de nombreux bénévoles. Entraîneurs et présidents de club se dévouent au service de jeunes qui trouvent là un espace de vie collective.
La face négative est celle de l’argent, celui que les clubs dépensent, celui des joueurs stars, des droits d’exploitation audiovisuelle, celui des sponsors et des marques, qui achètent et vendent à prix d’or leur image, alliée à celles des clubs et des idoles. Le foot est aussi un très très gros veau d’or.
On notera avec étonnement que les plus ardents défenseurs de la laïcité ne demandent pas la séparation du foot et de l’État et que tout le monde trouve normal que les municipalités financent à grands frais les constructions ou les rénovations des stades. « Du pain et des jeux » n’est pas un slogan nouveau, mais quand même !
Reste que cette communion et ses rites prennent des formes très discutables quand elles conduisent à exprimer la liesse par la casse, ce qui fut le cas à Paris et dans de nombreuses villes de France après la victoire du PSG. Les sociologues parlent savamment de « carnaval », ce moment d’inversion des normes où les sages font les fous et les serviteurs prennent la place des maîtres. Il y a sans doute de la revanche sociale quand la jeunesse reléguée prend d’assaut les Champs-Élysées. On peut la juger durement, mais demandons-nous aussi quel avenir lui est ouvert.
Christine Pedotti dans le journal Témoignage Chrétien
Ce qui frappe dans la renaissance de l’extrême droite planétaire, de Trump à Poutine en passant par Orbán, c’est cette avidité pour l’argent comme nouvel attribut du pouvoir. Dans leur sillage se presse – et souvent cherche à devancer leurs désirs – un conglomérat de cupides. Hétéroclite aux États-Unis et en Russie du fait de l’étendue de ces empires régnant sur plusieurs fuseaux horaires, il se réduit dans chacun de nos pays européens à une phalange de quelques individus organisés s’intéressant à l’argent et aux médias, adeptes du « pile je gagne, face tu perds », bien décidés à être tour à tour faiseurs de rois et courtisans, mécènes et bénéficiaires et à toujours trouver comment se mettre dans la roue d’une victoire qu’ils tendent à faire croire, et leurs médias avec eux, inéluctable.
En France, la phalange des cupides aime à mettre en avant ces signes ostentatoires soi-disant ancrés dans leurs territoires, leurs églises de granit, leurs rites éculés, leurs abbés tradis, leurs œuvres caritatives, religieuses, parfois philanthropiques. Mais le sont-ils vraiment ? Et qui pour se laisser abuser de la sorte ? Certes, leurs porte-voix ne manquent pas : au menton protubérant et à la mâchoire carrée, à la frange sage ou à la queue-de-cheval espiègle, au zozotement calculé ou à la barbe faussement négligée, idiots et crétines utiles, ils attirent le chaland, bonimenteurs de l’excès, ils créent leurs clashs parfois même en direct pour gonfler l’audimat, susciter la polémique sur tout et n’importe quoi. Le cynisme est là, omniprésent. De la confusion naissent le chaos et la rage et s’agrègent les voix des « pour quelque chose » et celles des « contre autre chose », avec l’idée bien ancrée, elle, que leur heure est venue.
Et si, derrière les images pieuses, se cachait avant tout la volonté de profiter de la venue au pouvoir de dirigeants d’extrême droite surfant sur le populisme et la crainte du déclassement ? Et si, derrière les fariboles, la période laissait les sans-grade et les sans-gêne faire cause commune afin de permettre aux bien nés et aux bien mis de tirer les ficelles en frayant avec le peuple sans se désolidariser de leur caste, en s’encanaillant juste ce qu’il faut.
Contrecarrer ces mouvements nécessite un effort de tous les instants, une humilité non feinte, une volonté de concertation réelle, une conviction solide que du rassemblement naît une force supérieure à la somme des individualités, que le dépassement de la résignation à l’individualisme permet de déplacer les montagnes. Face à la force tellurique de l’extrême droite, une force politique seule ne viendra pas au bout des cupides et des cyniques.
Ne nous contentons plus de dire « non », créons les conditions qui nous permettront de dire oui au compromis, oui aux efforts proportionnellement répartis, oui à la prévention des conflits d’intérêt, oui à l’intérêt général. Il n’y a aucune fatalité. Les seuls combats sûrs d’être perdus sont ceux que l’on ne mène pas.