Heureux ceux qui rient

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Heureux ceux qui rient, qui en profitent, qui se noient dans la rechercher frénétique de leurs plaisirs, ceux qui s'en tirent toujours, qui disent que la Croix est une erreur et qu'il est morbide de regarder le Dieu sanglant qui y est cloué. La terre est à eux.

Mais non dit Jésus. Heureux ceux qui pleurent. Non pas les aigris, les réfugiés du fatalisme, ceux qui répètent bêtement: "C'est la volonté de Dieu". (Comme si Dieu voulait qu'on pleure) . Mais heureux sont qui sont révoltés par la douleur de monde, ceux qui refusent d'admettre que l'homme est un paquet de souffrance, ceux qui hurlent dans leur souffrance imposée et crient comme celui-là sur le Golgotha, ceux qui gardent l'espérance au coeur de la souffrance.

Père Jean Debruynne (1925/2006)

Evan

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Après une journée bien remplie, Evan s’ allongea voluptueusement sous sa couette. Il s’ étira, éteignit la lumière et respira profondément. Il allait s’endormir rapidement.

La journée d’Evan fut harassante. Le soir, il fut bien heureux de retrouver son lit chaud, couette épaisse, silence de la chambre et faible lumière, apaisante et propice à la rêverie. Il allait s’ endormir tranquillement.

Evan rentra assez tard ce soir-là. Sa journée fut longue, épuisante. Conduire, marcher, rencontrer, parler, parlementer, faire du chiffre. Aussi, quand il se coucha après un dîner arrosé d’ un vin de qualité, il jouit de la profondeur du lit, de l'épaisse couette et de l atmosphère ouatée de sa chambre. Il écouta un morceau de musique classique puis s’endormit doucement.

 

C’ est un Evan épuisé mais satisfait de lui qui rentra ce soir-là. Sa journée fut particulièrement rude. Il lui avait fallu parcourir des kilomètres, honorer ses rendez-vous, discuter, argumenter, gagner, faire du chiffre. Mais tout avait tourné comme il l’ avait désiré. Il se prépara un repas à base de produits frais et se servit un vin de qualité. Il savoura le tout et le silence. Puis, il écouta un morceau de musique classique, la lune lui adressa un clin d’oeil, il sourit; reflétés par un faisceau de lumière émis par des phares, quelques flocons de neige dansaient, ses mains rougies les effleuraient, il s’ endormit.

Evan replaça le carton qui était sous sa tête, il se cala contre son baluchon et se renfrogna sous la couverture salie.

Brigitte Papleux

 

De l'éducation.

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« Les seuls éducateurs digne de ce nom, mais combien y en a-t-il? ce sont ceux pour qui compte ce que Barrès appelait l’éducation de l’âme. Pour ceux-là, ce qui importe, dans cette jeune vie qui leur est confiée, ce n’est pas seulement la façade qui ouvre sur le monde, mais les dispositions intérieures, ce qui, dans une destinée, n’est connu que de la conscience et de Dieu. Et, ici il n’y a pas à établir de différence entre garçons et filles. Aussi lourde que soit l’hérédité d’un enfant, aussi redoutables que soient les passions dont il apportait le germe en naissant, nous avons fait pour lui tout le possible, si nous avons réussi à le persuader, selon la raison, qu’une seule chose compte en ce monde: c’est de se perfectionner, c’est le perfectionnement intérieur. Introduire dans une jeune âme cette idée que cela seul importe qui est de bien vivre, non pas seulement aux yeux des autres, mais à ses propres yeux et devant ce regard intérieur qui voit l’envers de nos actes et qui connaît nos plus secrètes pensées. »

François Mauriac, « Essais, le Romancier et ses personnages, II », 1933

Je me souviens de son odeur.

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C'était l'odeur qui me saisissait dès qu'elle envoyait la clé dans son petit étui cousu par ses soins du haut de son balcon du premier étage. Une fois la porte ouverte, l'odeur était plus forte . Elle se mélangeait à l'odeur de la cire qu'une fois de temps en temps son aide ménagère passait sur la rampe de cet immense escalier et sur la pendule si effrayante qui trônait sur le palier. Cette odeur se mélangeait à celle de la soupe qui mijotait sur son vieux gaz et puis elle se mélangeait à l'odeur de son eau de cologne à elle qui semblait imprégner tous ses vêtements. Je me souviens de cette odeur qui en fait, n'était qu'un mélange d'odeurs que l'on pouvait respirer dès que l'on franchissait la porte de la maison de mon arrière-grand-mère.

Guimaï

666660

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6 heures du matin.

6°C.

6 secondes pour penser au passé.

6 minutes pour poser un joli colis précieux à la crèche.

Puis 60 minutes à regarder le jour se lever sur Casteljaloux et plus particulièrement sur les crocus de la maison paroissiale.

Quel dommage de ne pas savoir décrire la beauté de la vie en paix.

 

André Lugardon.

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