L'intranquillité (2)

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"Le poète écrit: nous naissons comme le rocher, avec nos blessures. Y a-t-il d’autres chemins qui conduit alors à l’âge cassant? L’âge où, après avoir tenté de canaliser le tumulte de la vie brute, à grand renfort de systèmes et d’organisation – de dingues, en somme – , la part sauvage et anarchique de la vie reprend ses droits, et pousse d’autant plus fort que nous aurons cru la retenir avec autorité. Opposant à l’angoisse existentielle nos certitudes fanatiques, aux mouvements aléatoires nos fixations avides de contrôle, opposant aux balbutiements nos discours, aux danses des protocoles, à nos fièvres des remèdes, à nos pérégrinations la voix robotique des GPS, à notre vulnérabilité l’armée pathétique de toutes nos forces rassemblées. Nous cassons à la mesure même de notre rigidité, nous apprenons la fable du chêne et du roseau. La souplesse est notre seule chance, l’inclusion du tumulte, l’acceptation des limites de notre contrôle, la jachère de l’intranquillité qui offre à nos existences une parcelle désordonnée et féconde. Notre seule chance qu’il y pousse quelque chose que nous n’aurions pas imaginé. »

Marion Muller-Colard dans « L’intranquillité » chez Bayard « J’y crois », pages 13/14.

L'intranquillité (1)

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« Au berceau, déjà, l’inconfort, l’inquiétude, l’angoisse… L’intranquillité dans tous ses états. La vie, puissante, majestueuse, tranchante. La vie sans concession et sans demi-mesure. Aucun de nous n’aura fait l’expérience de naître à moité. Aucun de nous ne fera l’expérience de mourir à moitié. De bout en bout, la vie, entière et exclusive. Nous apprendrons à mettre de l’eau dans le vin, mais la vie, elle, restera tout ou rien. Nous en prendrons plein la vue, plein les poumons, plein le coeur. Car quelque chose nous saisit qui s’appelle exister – sortir de soi, être expulsé, séparé. On nous regarde, on nous dit tu, et il nous faudra une vie pour répondre je. Une vie pour admettre que nous avançons à découvert, qu’il n’y a pas d’autre peau que la sienne entre soi et le monde. »

Marion Muller-Colard, « L’intranquillité », Bayard « J’y crois », pages 12/13.

Espérer reconstruire un monde meilleur

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Peinture de Kandinsky

Le "succès" du communisme s’explique par les conditions de vie très dures faites à la classe ouvrière au 19 ième siècle. La guerre de 14/18 va favoriser la naissance du PCF. Des femmes et des hommes ont été révoltés par la première guerre mondiale. Ils en sont revenus très en colère contre le capitalisme et les classes dirigeantes de l’époque. La seconde guerre mondiale va consolider l’attrait de beaucoup de personnes pour le communisme. Sans Stalingrad y aurait-il-eu le débarquement?

Des intellectuels si souvent critiqués de nos jour ont cependant tiré des signaux d’alarme tout au long de l’histoire du communisme.  André Gide par exemple, prix Nobel de littérature en 1947, écrit en 1936 dans "Retour d'URSS": « Du haut en bas de l’échelle sociale reformée, les mieux notés sont les plus serviles, les plus lâches, les plus inclinés, les plus vils. Tous ceux dont le front se redresse sont fauchés ou déportés l’un après l’autre. Peut-être l’armée rouge reste-t-elle un peu à l’abri ? Espérons-le ; car bientôt, de cet héroïque et admirable peuple qui méritait si bien notre amour, il ne restera plus que des bourreaux, des profiteurs et des victimes. »

Romain Gary dans « Promesses de l’aube » affirme que l’échec du communisme découle de l’échec du christianisme à faire une société fraternelle. En 1891, l’encyclique « Rerum novarum » analyse les dangers de la situation de la société de l’époque et propose une doctrine sociale de l’Eglise qui aura beaucoup de mal à se faire entendre. Voir lien suivant: https://w2.vatican.va/content/leo-xiii/fr/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15051891_rerum-novarum.html

Le temps est venu de reconstruire  sur les ruines de l'ancien monde.

Colibri Cx

Le livre que nous n'avons pas (encore) lu

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https://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/petit-manuel-de-resistance-contemporaine

Que faire face à l’effondrement écologique qui se produit sous nos yeux ?
 

Dans ce petit livre incisif et pratique, l’auteur de Demain s’interroge sur la nature et sur l’ampleur de la réponse à apporter à cette question. Ne sommes-nous pas face à un bouleversement aussi considérable qu’une guerre mondiale ? Dès lors, n’est-il pas nécessaire d’entrer en résistance contre la logique à l’origine de cette destruction massive et frénétique de nos écosystèmes, comme d’autres sont entrés en résistance contre la barbarie nazie ? Mais résister contre qui ? Cette logique n’est-elle pas autant en nous qu’à l’extérieur de nous ? Résister devient alors un acte de transformation intérieure autant que d’engagement sociétal…
 

Avec cet ouvrage, Cyril Dion propose de nombreuses pistes d’actions : individuelles, collectives, politiques, mais, plus encore, nous invite à considérer la place des récits comme moteur principal de l’évolution des sociétés. Il nous enjoint de considérer chacune de nos initiatives comme le ferment d’une nouvelle histoire et de renouer avec notre élan vital. À mener une existence où chaque chose que nous faisons, depuis notre métier jusqu’aux tâches les plus quotidiennes, participe à construire le monde dans lequel nous voulons vivre. Un monde où notre épanouissement personnel ne se fait pas aux dépens des autres et de la nature, mais contribue à leur équilibre.

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