Il restera de toi ce que tu as donné

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Il restera de toi ce que tu as donné

Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret

Une fleur oubliée qui ne s'est pas fanée.

Ce que tu as donné

en d'autres fleurira

celui qui perd sa vie

un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert

Entre tes bras ouverts un matin au soleil.

Il restera de toi ce que tu as perdu

Que tu as attendu plus loin que tes réveils.

Ce que tu as souffert

en d'autres revivra

celui qui perd sa vie

un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée

Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.

Il restera de toi ce que tu as semé

Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.

Ce que tu as semé

en d'autres germera

celui qui perd sa vie

un jour la trouvera.

Simone Weil est une philosophe humaniste française, née à Paris le  et morte à Ashford (Angleterre) le .

Aimez-vous les uns les autres

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"Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé."

 Notre époque donne trop souvent l'impression que nous sommes surtout dans la détestation des uns et des autres. Voici quelques morceaux choisis de ce qu'écrit André Comte-Sponville sur l'Amour dans son livre "Le plaisir de penser".

"L'amour est le sujet le plus intéressant. D'abord, par le bonheur qu'il promet ou semble promettre,  voire par celui, parfois, qu'il menace ou fait perdre. (...)"

"Il faut donc aimer l'amour ou n'aimer rien - il faut aimer l'amour ou mourir; c'est pourquoi l'amour, non le suicide, est le seul problème philosophique vraiment sérieux. (...)"

" C'est l'amour qui sauve; c'est donc lui qu'il s'agit de sauver. (...)"

" On peut aussi aimer Dieu, si l'on y croit. Et croire en soi, si l'on s'aime aui moins un peu. (...) "

"Il y a l'amour selon Platon: "Je t'aime, tu me manques, je te veux". Il y a l'amour selon Aristote ou Spinoza: "Je t'aime: tu es la cause de ma joie, et cela me réjouit." Il y a l'amour selon Simone Weil ou Jankélévitch: "Je t'aime comme moi-même, qui ne suis rien ou presque rien; je t'aime comme Dieu nous aime, s'il existe; je t'aime comme n'importe qui : je mets ma force au service de ta faiblesse, mon peu de force au service de ton immense faiblesse." Il y a l'amour qui prend ou qui convoite, qui ne sait que jouir ou souffrir, que posséder ou perdre; l'amour qui se réjouit et partage, qui veut du bien à celui qui nous en fait; enfin l'amour qui accepte et protège, qui donne et s'abandonne, qui n'a même plus besoin d'être aimé, l'amour sans possession et sans rivage. Je t'aime de toutes ces façons. (...) Je me donne et m'abandonne doucement. (...) Merci d'exister et de m'aider à exister. (...)"

"Aimer c'est se réjouir." (Aristote)

"L'amour consiste plutôt à aimer qu'à être aimé. Ce qui le montre bien, c'est la joie que les mères ressentent à aimer leurs enfants.  Certaines ont beau les mettre en nourrice, elles les aiment en sachant  qu'ils sont leurs enfants, sans chercher à en être aimées en retour, si cela n'est pas possible. Il leur paraît suffisant de les voir heureux; et elles aiment leurs enfants même si ces derniers ne leur rendent rien de ce qui est dû à une mère, à cause de l'ignorance où ils se trouvent." (Aristote)

"Aimer, c'est vouloir pour quelqu'un ce qu'on croit lui être un bien, eu égard à son intérêt et non au nôtre, et aussi être disposé, dans la mesure de notre pouvoir, à réaliser ce bien. (...)" (Aristote)

"Aimer, cela aussi il faut l'apprendre." (Fiedrich Nietzsche)

 

Source: André Comte-Sponville dans "Le plaisir de penser" aux éditions Vuibert, 555 pages. ISBN: 978-2-311-15008-7. Prix:19,90 €. Extraits des pages 103/104/105/113/115/125/126/127/129.

 

 

Le plaisir de penser

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"Le plaisir de penser" est un livre d'André Comte-Sponville. Il se veut une introduction à la philosophie pour les personnes qui n'ont pas eu de cours de philo dans leur scolarité. Il est édité par les éditions Vuibert, une maison d'édition qui fait partie du groupe Albin Michel. C'est un livre de 503 pages. Son prix: 19€90. Son numéro ISBN: 978-2-311-15008-7. 

L'auteur est né en 1952. Son père était un boulanger parisien. Enfant il s'est senti mal aimé par son père mais aimé par sa mère malheureuse avec son mari.  

Voici un extrait de la fiche Wikipédia d'André Comte-Sponville:

Dans sa jeunesse il souffre de troubles de l'élocution . Elevé dans la tradition catholique, il est élève du Lycée François Villon de Paris. L'aumônier du Lycée s'intéresse à lui et guide ses lectures. A son contact, il envisage de devenir prêtre. Il accomplit des retraites à Taizé et à Trappe. En Mai 1968, il prend ses distances avec son père. En classe terminale, son prof de philo lui fait découvrir l'athéisme. À dix-huit ans, tout en gardant pour le christianisme un « sentiment de gratitude », il quitte la Jeunesse Etudiante Chrétienne pour  adhérer au Parti Communiste Français. En 1972, il devient élève de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Il obtient l'agrégation de philosophie en 1975. L'année suivante, il commence une carrière de prof de philo, en classes de terminale. En 1980, il s'oppose à l'invasion de l'Afghanistan par l'ex-URSS et ne renouvelle pas son adhésion au PCF. En 1981, sa première fille décède d'une méningite foudroyante à l'âge de six semaines.De 1981 à 1984, il enseigne à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Melun. Durant cette période il prépare et obtient son doctorat en philosophie. Il devient ensuite assistant au département philosophie de l'université Paris 1. En 1995, son septième livre, Petit Traité des grandes vertus, est un succès, vendu en France à 300 000 exemplaires et traduit en vingt quatre langues. Devenu célèbre, il quitte l'enseignement et se consacre à l'écriture et aux conférences qu'il donne partout où l'on fait appel à lui. André Comte-Sponville est très présent dans les journaux et les chaînes de télé. Il est père de trois garçons. Le décès de son premier enfant, la dépression de sa mère et son suicide, l'ont profondément marqué. Il dit de lui: « Je me suis découvert peu doué pour la vie, peu porté au bonheur, davantage doué pour l’angoisse, la mélancolie : raison pour laquelle j’ai besoin de philosopher."

Ce besoin personnel de philosopher, il a voulu le partager à travers son livre "Le plaisir de penser" avec celles et ceux qui, pour différentes raisons, n'ont jamais fait de philo de leur vie. Le livre est fait de 12 chapitres dont voici les titres: la morale, la politique, l'amour, la mort, la connaissance, la liberté, Dieu, l'athéisme, l'art, le temps, l'homme, la sagesse. 

Chaque chapitre commence par le point de vue d'André Comte-Sponville sur le sujet traité.  Suivent ensuite des citations et des extraits de textes de philosophes connus, sur le thème abordé.

Voici quelques extraits du chapitre 7 consacré à Dieu:

"Dieu est hors du monde, comme sa cause et sa fin. Tout vient de lui, tout est en lui - c'est en lui qui nous avons l'être, le mouvement et la vie disait Saint Paul - tout tend vers lui. Il est l'alpha et l'oméga de l'être: l'Être absolu - absolument infini, absolument parfait, absolument réel - sans lequel rien de relatif ne pourrait exister. Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? Parce que Dieu." (André Comte-Sponville)

"Croire en un Dieu signifie voir que la vie a un sens". (Ludwig Wittgenstein)

"Qu'est-ce que ce Dieu? J'ai interrogé la terre et elle m'a dit: "Je ne suis point Dieu". Tout ce qui s'y rencontre m'a fait le même aveu. J'ai interrogé la mer et ses abîmes, les êtres vivants qui s'y meuvent, et ils m'ont répondu; "Nous ne sommes pas ton Dieu; cherche au-dessus de nous." J'ai interrogé les vents qui soufflent, et l'air tout entier avec ses habitants m'a dit: "Anaximène se trompe, je ne suis point Dieu." J'ai interrogé le ciel, le soleil, la lune et les étoiles: "Nous ne sommes pas davantage le Dieu que tu cherches" m'ont-ils déclaré. Alors j'ai dit à tous les êtres qui assaillent mes sens: "Entretenez-moi de mon Dieu, puisque vous ne l'êtes point; dites-moi quelque chose de lui." Ils m'ont crié d'une voix éclatante: "C'est lui qui nous a créés." Pour les interroger, je n 'avais qu'à les contempler; et leur réponse, c'était leur beauté." (Saint Augustin)

 

Suggestions de lecture:

https://philogalichet.fr/telechargez-gratuitement-pratiquer-la-philosophie-a-lecole/

https://www.cultura.com/p-la-bible-en-bd-9782728925889.html?utm_source=google&utm_medium=cpc&utm_campaign=FM_PLA_FDL_Livre_Livre_jeunesse_Smart&gclid=Cj0KCQjwhLKUBhDiARIsAMaTLnHM8JBDCw1T2XdNDaLVzMgSG8HKBPTVs6HovYDVTballpdYLfu6uksaAijwEALw_wcB

Citation:

"N'écoute pas ton corps. N'écoute jamais ton corps. Si tu veux une vie meilleure écoute ton âme"

(Et donne lui à manger des nourritures spirituelles)

 

 

Qu’il faut peu de place sur terre à l’homme

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Elles étaient deux sœurs. L’une avait épousé un marchand établi en ville, l’autre un cultivateur de la campagne. Un jour, la sœur aînée alla voir sa sœur la campagnarde, et tout en prenant leur thé, elles se mirent à causer.

— Comme je préfère mon genre de vie au tien, dit l’aînée : je suis élégamment logée, j’ai de jolies toilettes, mes enfants sont charmants dans leurs costumes bien faits ; je mange toujours de très bonnes choses, et notre temps se passe en promenades, en visites et en fêtes le soir.

— Je conviens, répondit la cadette, que tu as une douce existence, mais que de fatigues amènent les plaisirs, et que d’argent ils coûtent ! Vous êtes sans cesse occupés à avoir assez d’argent pour faire face à beaucoup de nécessités que nous ignorons. Nous menons une vie plus régulière et plus saine, aussi nous portons-nous mieux que vous, et ne nous inquiétons-nous guère du lendemain pour vivre ; la vie de la campagne est paisible comme le cours d’une rivière large et profonde. Le proverbe dit que le bonheur et le malheur voyagent ensemble ; nous les accueillons philosophiquement quand ils passent, comme les paysans savent accueillir des voyageurs. Enfin… nous avons toujours le nécessaire.

— Vos bêtes l’ont aussi, ce nécessaire que tu vantes en ce moment, encore faut-il que vous le leur donniez ; mais votre nécessaire à vous, vous devez le faire sortir de terre, et vous suez toute votre vie au soleil, au milieu du fumier, pour cela, et vos enfants feront comme vous. 

— En seront-ils moins heureux ? reprit vivement la cadette. La maison qui nous abrite est à nous, et ils s’y établiront ; les champs que nous cultivons, nous les avons achetés par notre travail, nous sommes nos maîtres, et ne craignons personne. Quant à vous, vous êtes constamment inquiets, fiévreux, pressés, aujourd’hui contents, demain ennuyés. Et ton mari, quand il sort, où va-t-il ? Il joue, il boit, il perd. Qu’en as-tu, toi ?

Pacôme, le paysan, qui fumait tranquillement sa pipe derrière le poêle et écoutait cette conversation, pensa : Comme ma femme a raison ! Grâce à notre petite mère la Terre, nous sommes plus sages, et nous ne songeons guère aux folies. Si, seulement, notre propriété était plus grande, alors je braverais tout, même le diable.

Or, ce dernier, qui était aussi dans la chambre, entendant ce discours et la réflexion du paysan, se dit : « Ah ! tu ne me craindrais pas si tu avais plus de terre à cultiver ! Eh bien ! je vais t’en donner, et tu verras ! »

Pour lire la suite:

https://fr.wikisource.org/wiki/Qu’il_faut_peu_de_place_sur_terre_à_l’homme

Mort de Marcel Conche

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Marcel Conche est mort le Vendredi 27 février 2022 à l'âge de 99 ans. C’était un brillant intellectuel français.

Marcel Conche est le fils de Romain Conche, modeste cultivateur corrézien, et de Marcelle Farges, décédée peu après l’accouchement.

Il commence sa scolarité au cours complémentaire de Beaulieu-sur-Dordogne et aurait dû la poursuivre à l’École normale primaire de Tulle, mais les ENP ayant été supprimées par le gouvernement de Vichy, il étudie au lycée Edmond-Perrier de Tulle comme élève-maître (1940-1943).

Il étudie ensuite au Centre de formation professionnelle de Limoges (1943-1944) puis à la faculté des lettres de Paris où Gaston Bachelard est l’un de ses professeurs. Il obtient successivement la licence en philosophie (1946) et le diplôme d’études supérieures de philosophie (1947).

Voir la suite sur le lien suivant: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Conche#Origines_et_études

« L’homme est une production de la nature et la nature se dépasse elle-même dans l’homme.  »

Marcel Conche se revendiquait pacifiste. Il a dénoncé le conflit engagé en 2003 par les États-Unis en Irak.

« Personnellement, je reste pacifiste. Ma position universalisable, mais ne pouvant être universalisée, reste abstraite, contradictoire. Fondamentalement, pour moi, le rôle de l’homme politique consiste à établir la paix, ce que de Gaulle a très bien compris. Vouloir réaliser la démocratie en l’exportant par la guerre, c’est criminel ».

Pour en savoir plus sur l'homme et son oeuvre:

https://www.cairn.info/revue-philosophique-2004-1-page-3.htm

https://www.cairn.info/panorama-de-la-pensee-d-aujourd-hui–9782266283908-page-435.htm

 

« Prévoir le malheur c’est le vivre deux fois. » (Agnès Jaoui)

« D’abord la peur de la mort. Puis la mort de la peur. Et enfin l’Amour de la Vie. » (Jacques Prévert)

 

 

 

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