Non à une humanité inhumaine.

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

"Par la fraternité nous sommes tenus d’arracher à la misère nos frères les hommes. (...) j’espère qu’on s’arrangera toujours ( pour le faire); pourvu qu’il y ait vraiment une cité, c’est-à-dire pourvu qu’il n’y ait aucun homme qui soit banni de la cité, tenu en exil dans la misère économique, tenu dans l’exil économique. (...) Il suffit qu’un seul homme soit tenu sciemment, ou, ce qui revient au même, sciemment laissé dans la misère pour que le pacte civique tout entier soit nul ; aussi longtemps qu’il y a un homme dehors, la porte qui lui est fermée au nez ferme une cité d’injustice et de haine."

 

Charles Péguy

 

"La saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d'autres solutions, vraiment aucune autre solution que de rentrer en soi-même et d'extirper de son âme toute cette pourriture. Je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n'ayons d'abord corrigé en nous."

Etty Hillesum

 

Avant c'était bien vu de quitter l'Allemagne de l'Est communiste. C'était bien vu de dénoncer l'inhumanité du mur de Berlin. Avant c'était bien vu de quitter le Viet-Nam communiste et de nombreux pays ont accueilli les "Boat people" sans problème.

Depuis la fin du communisme, la chute du mur de Berlin, des femmes et des hommes fuient les zones de guerre, de non-droits, de misère et cherchent à rejoindre le monde libre par tous les moyens mais ils se heurtent à une multiplication de murs et de barrières de fil de fer barbelé: à la frontière entre le Mexique et les USA, au Sud de l'Espagne, à Calais et en Hongrie. Et ne parlons pas de la multiplication des murs dans les territoires occupés par l'armée israélienne.

J'aimerais que monte de partout la même indignation contre le mauvais sort fait aujourd'hui à des femmes et des hommes qui, comme hier, cherchent tout simplement à sauver leur peau.

 

J'aimerais re-vivre dans les mois et les années à venir des manifestations de masse contre la guerre, contre toutes ces guerres qui depuis 1989 font surtout des victimes civiles. S'il y de l'argent pour faire la guerre j'aimerais qu'il y en ait aussi pour faire la paix.

 

J'aimerais croire que l'Humanité d'aujourd'hui et de demain ne sera pas, ne sera plus, inhumaine.

 

"Les infortunes d'autrui ne nous font pas comprendre qu'elles sont communes à toute l'humanité." (...) "Ce qui peut frapper l'un peut frapper tous les autres."

Sénèque

 

De l'immigration

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

Hervé Le Bras est démographe, spécialiste des migrations. Chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED) et historien à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), il est l’auteur d’une œuvre abondante, dont récemment L’Âge des migrations et Malaise dans l’identité. Aussi soucieux de la rigueur des chiffres que de l’attention aux réalités du terrain, il n’a pas de peine à démonter les théories en vogue : " appel d’air ", " ruée vers l’Europe ", " bombe démographique " et autre " grand remplacement ".

Lire la suite en cliquant ici...

De l'état de guerre permanent

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

Le général De Gaulle aurait dit en parlant des Israéliens:

« Peuple fier, sûr de lui et dominateur ».

Cela ne l’a sans doute pas aidé à gagner le référendum de 1969.

Depuis plus de 20 ans maintenant je redoute une « exportation » sur le territoire français du conflit israélo-palestinien. J’ai cru plusieurs fois à la possibilité d’un processus de paix. En vain. J’ai espéré que ce qui s’est passé en Afrique du Sud pourrait se passer au Moyen Orient. J’espérais faux.

Après 70 de conflits nous allons vers une nouvelle guerre de 100 ans?

Par crainte de passer pour un antisémite, un antisioniste, un islamo-gauchiste, un islamo-fasciste qui osera désormais dire, écrire quoique ce soit sur la situation au Moyen Orient?

Quel sera le prochain pays qui plongera dans le chaos? L’Algérie? La Tunisie? le Maroc? Un autre?

Colibri Cx

Soirée Migrants d'ici et de là-bas à Aiguillon.

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire
Soirée réussie: la salle de cinéma d'Aiguillon était comble le vendredi 1 er février 2019 dès 20h.
 
Sur scène un homme seul avec sa contrebasse débute la soirée en racontant des histoires vraies de migrants, hisstoires qui finissent souvent mal.
 
Dans la salle de cinéma deux comédiens professionnels  circulent entre les sièges, les allées, la scène. Ils jouent, pour l'un, le rôle d'un homme venu d'ailleurs; pour l'autre, le rôle d'un homme d'ici. Tous deux sont perdus et ne se comprennent pas. L'homme venu d'ailleurs est perdu dans notre monde, l'homme d'ici est un peu perdu en lui-même et dérangé par cet homme qu'il ne comprend pas et qu'il ressent comme une menace venu perturber son mode de vie et son confort personnel. Il faut attendre la fin du spectacle pour voir poindre une lueur d'espérance et de  compréhension entre eux.
 
Le spectacle terminé l'homme à la contrebasse nous lit une longue liste de personnes et d'associations qui se démènent pour venir en aide aux migrants. Il nous fait ainsi la démonstration que nous ne vivons pas complètement dans un monde d'humains aux coeurs de pierre.
 
Sont montés ensuite sur scène un groupe de migrants d'origine soudanaise et irakienne. Ils ont témoigné de leur parcours pour venir en France et de leur situation actuelle. Un silence profond a envahi la salle de cinéma.
 
Lorsqu'ils ont eu terminé leurs témoignages une responsable régionale du CCFD Terre Solidaire a pris la parole pour nous faire un bref et précis exposé sur la situation mondiale des migrations par continents. Rien que des faits et la réalité des faits.
 
Lorsqu'elle a eu terminé son intervention nous nous sommes tous retrouvés dans une grande salle remplie de tables couvertes de pâtisseries et autres douceurs à partager tous ensemble. Ce dernier moment de la soirée a permis les échanges entre nous et d'approcher et rencontrer les migrants présents ce soir là parmi nous.
 
Une soirée réussie et bien organisée. Bravo au CCFD Terre Solidaire du Lot-et-Garonne de cette initiative.
 

Dis-leur que j'existe...

Rédigé par yalla castel - - 2 commentaires

Ce matin là était un dimanche matin. Le dimanche 27 janvier 2019 . L'écran digital de ma voiture indiquait 9h52.

Je venais de quitter l'épicerie de Giroussens dans le Tarn. Je venais de m'engager sur la nationale Rabastens/Graulhet/Lavaur. Je me trouvais en haut de la côte d 'où il est possible de voir parfois les Pyrénées. Ce matin là ce n'était pas le cas. Le ciel était noir de gros nuages pluvieux. Dehors il pleuvait une pluie froide, de la neige fondue. Au fond de la grande ligne droite, j 'ai aperçu quelqu'un faisant du stop devant un abri bus de ramassage scolaire.

J'ai ralenti pour me donner le temps de mieux voir qui était l'auto-stoppeur. Un arabe, la trentaine, en forme physiquement, plus fort que moi apparemment. Un islamiste? un terroriste? un djihadiste? M'est revenu alors soudain en mémoire un autre dimanche matin vieux de trois ou quatre ans sur la même route, au même endroit: une voiture arrêtée sur la bas côté avec un homme au bord de la route  agitant de la main un bidon d'essence vide. Je m'étais arrêté. C'était un couple de jeunes roumains avec deux enfants dans la voiture dont un malade. Ils me l'avaient "joué"à l'affectif, l'émotionnel. "Nous allons tomber en panne d'essence. Notre enfant est malade. Nous n'avons plus assez de carburant pour arriver à l'hôpital de Toulouse". Je lui avais dit: "Ok je vais vous aider, suivez-moi." Et nous avions terminé notre rencontre à la station d'essence d'une grande surface fort heureusement remplie de monde ce matin là. Après une négociation financière honorable et épique pour les deux parties concernées le jeune couple et l'enfant "malade" étaient repartis avec un peu d'essence... vers un ailleurs meilleur?

Mais revenons à notre jeune auto-stoppeur d'aujourd'hui. Je me suis arrêté à sa hauteur. J'ai ouvert la vitre électrique. Je lui ai demandé où il voulait aller. Lavaur m'a-t-il répondu. Cela tombait bien. C'est justement là où j'allais. J'ai déverrouillé les portières. Il est monté devant à mon côté. Son visage était souriant, ses yeux pétillants, son français très compréhensible. Je ne me suis pas senti en danger. Nous avons repris la route. Je lui ai fait remarquer qu'il portait un foulard bleu autour du cou. Il m'a répondu : "Oui un chèche". Je lui ai demandé : "Vous êtes Touareg? d'Algérie? du Mali? du Niger? ". Il m'a dit: "Berbère touareg du sahara occidental". J'ai alors ajouté : " Ah! Sarahoui! Un destin tragique pour votre peuple. " Je me suis alors présenté. Je lui ai rapidement raconté ce que nous essayons de faire pour les Sarahouis dans le cadre du CCFD Terre Solidaire.

Il m'a alors fait plusieurs commentaires  exprimant son tourment par rapport aux conséquences néfastes pour son peuple des prises de position du roi du Maroc et de l'Arabie saoudite. Il regrettait le temps de la présence espagnole. Il m'a affirmé d'ailleurs qu'il possédait un livret de famille espagnol.

Comme nous rentrions dans Lavaur je lui ai demandé où il voulait que je le laisse. Il m'a proposé de venir prendre un café avec lui dans un bar ouvert le dimanche matin. Je l'ai remercié. Je lui ai expliqué que j'étais descendu en ville acheter des épices pour cuisiner des restes de poulet frit. Je ne voulais pas trop m'attarder, midi approchant. Il m'a conseillé un endroit où les acheter. Nous nous sommes quittés avec en ce qui me concerne l'impression d'avoir passé un bon moment.

Malgré le mauvais temps météorologique de ce matin là, malgré la tourmente internationale qui monte, il y avait du soleil, du beau temps et de la chaleur humaine dans notre rencontre éphémère. J'ai ce matin là agréablement oublié la peur de l'inconnu qu'il y avait en moi au départ de notre rencontre imprévue.

Fil RSS des articles de cette catégorie