Dans le temps, lorsqu'on se sentait mourir...

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" Dans le temps, lorsqu'on se sentait mourir, il paraît que l'on songeait à se se mettre en règle avec Dieu. Aujourd'hui, il n'en est plus question. Notre devoir consiste à nous mettre d'abord en règle avec la Sécurité sociale, sorte de laïque providence. Il est vrai que l'Etat, de plus en plus tout puissant, tend à remplacer Dieu. On s'aperçoit qu'on peut parfaitement se passer de capitalisme, de paysannerie, de classe ouvrière, mais personne n'imagine se priver de cet instrument aveugle: l'Etat. Le Tout-Puissant qui est-ce? C'est le flic du coin, le mec du guichet, le contrôleur des impôts, le juge, le chef de bureau. Dieu, c'est l'ordinateur. Il n'y a plus d'autre religion que celle du confort, de l'ordre; pas d'autre morale que celle du lapin du lapin domestique. Le rêve de la cage et de la nature assurée. On est finalement dépiauté, mis à la casserole, mais qu'importe! Mieux vaut cela que les aléas de l'aventure. On s'en remet à l'Etat, l'Etat vainqueur, l'Etat triomphant, l'Etat providence. L'Etat père et mère. On veut que tout soit organisé de la naissance à la mort, avec frais d'accouchement et d'enterrement assumés par la Sécurité sociale. La sécurité! Après des millénaires d'insécurité cruelle, voilà venu l'âge de la sécurité anesthésiante.

- Cela te va bien de parler de Dieu, de la morale, de la religion.

- Nous avons tué leur Dieu et leur religion. Ce que nous ne prévoyions pas c'est que d'autres dieux et d'autres religions naîtraient de leur cadavre. Les idéologies politiques, à leur tour religions aveuglantes, sont l'opium du peuple. Staline, Mao, ont été des dieux. Quant aux curés, ils désertent les églises de pierre, mais il y a toujours autant de curés, plus peut-être...Ils s'insérent dans d'autres Eglises (idéologiques, politiques) (médiatiques ça c'est pas dans le texte c'est moi qui l'ajoute) et ils prêchent à tour de bras."

"La mémoire des vaincus" de Michel Ragon page 554.

Du Pouvoir

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« Le Pouvoir aura triomphé une fois de plus. L’Eternel Pouvoir qui jamais ne meurt, qui ne tombe que pour renaître de ses cendres, on croit l’avoir abattu avec une révolution ou une de ces boucheries que l’on baptise révolution, au contraire le revoilà; intact, n’ayant changé que de couleur, noir ici, rouge là, ou jaune,, ou vert ou violet, tandis que le peuple s’incline, subit ou s’adapte. »

Oriana Fallaci, Un homme, 1979 cité par par Michel Ragon dans La Mémoire des vaincus page 391 de la collection Le livre de Poche

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oriana_Fallaci

La mémoire des vaincus

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A la veille de la première guerre mondiale, Fred et Flora, deux gamins des rues, battent le pavé de Paris. Mais bientôt le destin va les conduire dans le sillage de la bande à Bonnot, puis vers l'aventure anarchiste.

Mêlant l'histoire au mythe et à l'autobiographie, ce récit romanesque à grand souffle nous entraîne sur les pas de ses héros, de la Russie de 1917 à l'Espagne du Front populaire, de la vie ouvrière à la bohème artistique, parmi une foule de personnages obscurs ou illustres, tous animés de cet "increvable esprit de liberté" qui renaîtra et surmontera l'effondrement de l'utopie communiste.

Une grande fresque populaire par l'auteur des inoubliables Mouchoirs rouges de Cholet , Grand Prix des lectrices de Elle et prix Goncourt du récit historique.

http://www.michelragon.fr/

La mémoire des vaincus  de Michel Ragon, le livre de poche, ISBN 978-2-253-05950-9

De la solitude

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"Tout le monde va à la solitude. Tout le monde vieillit seul, meurt seul. La solitude attend chacun comme un paradis ou un enfer. Comme la mer attend le naufragé. S'il sait nager, elle le sauve. S'il ne sait pas nager, elle le noie. Mais au vrai, la solitude et la mer ne noient ni ne portent. On y est porté ou noyé selon soi et non selon elles."

"Frère Antoine, une bouffée d'ermite", collection livre de poche "Pocket", ISBN 2-266-09453-x

Je suis folle

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Je suis folle quand je ne tiens pas en place

Je suis folle quand je ne reste pas à ma place

Je suis folle quand je suis trop maigre

Je suis folle quand j'ai peur d'être trop grosse

Je suis folle quand je ne veux pas sortir avec celui-ci

Je suis folle quand je sors avec celui-là

Je suis folle quand je sors seule

Je suis folle quand j'écoute ma voix intérieure

Je suis folle quand je n'écoute pas ce qu'il me dit

Je suis folle quand je dis oui oui oui

Je suis folle quand je lui dis non

Je suis folle quand je m'habille pour moi

Je suis folle quand je m'habille comme ça

Je suis folle quand je crie ma douleur et ma peine

Je suis folle quand je crie mon plaisir et ma joie

Je suis folle quand je me caresse

Je suis folle quand je ne veux pas qu'il me touche

Je suis folle quand je veux un enfant dont il ne veut pas

Je suis folle quand je ne veux pas d'enfant avec lui

Je suis folle quand je ne veux pas d'enfant, point fina

Je suis folle quand je ne veux pas de la vie qu'il "se tue" à m'offrir

Je suis folle de partir

Je suis folle quand je pleure et ris toute seule dans mon coin

Je suis folle quand je pleure et je ris avec mes amies

Je suis folle de chercher à comprendre

Je suis folle de chercher à apprendre

Je suis folle de vouloir vivre ma vie

Source: "L'Ecole des soignantes" de Martin Winckler pages 367 et 368

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