Richard Millet

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"Solitude du témoin"

"La France est en guerre depuis l'Indochine, par les conflits auxquels elle prend part, ici et là, (...) Je ne suis comme tant d'autres, que le témoin d'une décomposition dont la présence agressive de l'islam, la déchristanisation, la défaite des langues littéraires, le consumérisme, l'abolition de la mémoire, l'individualisation petite-bourgeoise, la capitalisme mondialisé, la bêtise politiquement correcte, sont moins le signe d'une métamorphose historique que du déclin de la notion d'histoire elle-même, (...) Témoigner est devenu une tâche guerrière. (...) Nous vivons sous le régime de la fin. Il s'agit pour nous (...) de trouver comment vivre dans une fin qui n'en finit pas de finir, (...) C'est donc une oeuvre de mort que je traque ici, en tant que témoin, dans ma solitude d'hétérosexuel blanc, catholique, et qui n'a dans son sang rien d'étranger: une fin qui n'en finit pas est une abomination qui répond à la pornographie généralisée qui ravage l'Occident au nom même du Bien. (...) Déculturation et déchristianisation vont de pair, (...) La fin de l'histoire est une ruse de capitalisme pour faire accepter le remplacement des nations par le Marché. Consommez, nous nous occupons de tout: (...)L'information a remplacé l'histoire. (...)"

Pour en savoir plus sur l'auteur:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Millet

 

Aimer la vie malgré tout.

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Chant pour la belle saison

Rien ne ressemble plus à l’inspiration
Que l’ivresse d’une matinée de printemps,
Que le désir d’une femme.
Ne plus être soi, être chacun.
Poser ses pieds sur terre avec agilité.
Savourer l’air qu’on respire.

Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.

Les plaisirs de la vie.
Le vin qu’on boit avec des camarades.
L’amour.
Le feu en hiver.
La rivière fraîche en été.
La viande et le pain de chaque repas.
Le refrain que l’on chante en marchant sur la route.
Le lit où l’on dort.

Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.

Le loisir.

La liberté de changer de ciel.

Le sentiment de la dignité et beaucoup d’autres choses

Dont on ose refuser la possession aux hommes.

J’aime et je chante le printemps fleuri.

J’aime et je chante l’été avec ses fruits.

J’aime et je chante la joie de vivre.

J’aime et je chante le printemps.

J’aime et je chante l’été, saison dans laquelle je suis né.

Robert Desnos

https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Desnos

8 juin 1945 - 8 juin 2019

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Robert Desnos (4 juillet 1900 - 8 mai 1945)

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu'il bat pour le combat et la bataille!

Ce cœur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,

Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine

Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent

Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne

Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.

Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.

Mais non, c'est le bruit d'autres cœurs, de millions d'autres cœurs battant comme le mien à travers la France.

Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,

Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises

Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :

Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !

Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,

Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères

Et des millions de Français se préparent dans l'ombre à la besogne que l'aube proche leur imposera.

Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.

Pour en savoir plus sur Robert Desnos:

https://www.reseau-canope.fr/poetes-en-resistance/poetes/robert-desnos/

 

 

Michel Serres

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Photo Yam Bamb

« Il est arrivé dans nos pays une grande transformation produite par des causes que nous connaissons bien : l’augmentation de l’espérance de vie, la disparition progressive de la culture rurale – nous étions 50 % de paysans et nous ne sommes plus que 2 % -, les nouvelles technologies, la mondialisation de l’économie, les problèmes environnementaux tragiques, et surtout 70 ans de paix, ce qui n’est jamais arrivé dans notre histoire. Et nous sommes entrés par conséquent dans une période en rupture totale avec ce que l’on a connu. Ce n’est plus le même homme, ce n’est plus la même vie, ce n’est plus la même mort, ce n’est plus le même espace, ce ne sont plus les mêmes relations. »

Michel Serres (1er septembre 1930/1er juin 2019)

https://www.letemps.ch/societe/michel-serres-lespece-humaine-constituee-braves-gens

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