Points de vues non essentiels d'un non essentiel

Rédigé par sadys - - Aucun commentaire

A l’approche de mes soixante-dix ans et après un an de covid, j’avoue que je n’avais pas vu du tout venir la crise des gilets jaunes ni celle du covid 19. Je n’ai pas vu venir non plus les divisions des gauches et les divisions des droites dans notre pays. Par contre dès 1989 j’ai pressenti la montée en puissance du Front national/Rassemblement national. 

 

Depuis que je suis enfant je n’ai pas compté le nombre de fois où des personnes intelligentes et cultivées m’ont affirmé que si tout allait mal dans notre pays c’était la faute des communistes, des socialistes, des  francs maçons, des juifs et de la CGT. 

 

Aujourd’hui ce discours n’étant plus d’actualité, un nouveau discours fait son apparition: si tout va mal c’est la faute aux islamo-facistes, aux islamo-gauchistes et aux migrants. Cela permet d’oublier qu’avant les interventions militaires en Afghanistan Al Qaïda n’existait pas, avant les interventions militaires en Irak Daesch n’existait pas, avant les interventions militaires en Libye la Turquie, membre de l’Otan, ne se permettait pas d’intervenir militairement hors de ses frontières. 

 

« Arrivée la guerre, le diable agrandit son enfer. »  En Syrie, au Liban c’est l’enfer. Et les principales victimes sont les civils.

 

( Si nous remontons plus loin dans le temps, dans l’Egypte de Nasser, les frères musulmans étaient en prison. )

 

Les migrants sont souvent montrés du doigt. Tout val mal à cause d’eux. Pourtant aucun d’eux ne dirigent de mairies, de conseils départementaux, régionaux. Ils ne sont pas présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat. Ils ne contrôlent aucune banque, aucune entreprise. Ils ne sont pas les parasites de nos sociétés riches. Ils sont trop souvent encore une main d’oeuvre taillable et corvéable à merci qui fait le travail que nous ne voulons plus faire ni faire faire à nos enfants et petits enfants. 

 

Dans la guerre menée contre le Covid, je n’aime pas la notion d’activités essentielles et non essentielles. Surtout quand il s’agit d’activités faites non pas par des robots mais par des êtres humains. Il y aurait donc des personnes essentielles et d’autres pas? Ce n’est pas ce que mes parents et grands parents m’ont appris. 

 

Le confinement je le perçois non pas comme une solution mais comme un problème. C’est parce que nous sommes confinés dans des villes de plus en plus grandes et de plus en plus polluées que nous nous contaminons. C’est parce que nous sommes de plus en plus confinés dans des groupes scolaires de plus en plus grands, dans les bus, les tramways, les trains bondés de monde que nous nous contaminons.

 

Nous ne parvenons pas à produire nos masques, nos vaccins. Et c’est toujours notre faute si l’épidémie progresse: c’est parce que nous nous comportons mal, que nous ne sommes pas assez disciplinés. Ce discours devient lassant, mensonger, malhonnête. 

 

Dans sa sagesse une grande majorité d’entre nous ne dit rien, ne casse rien, ne se révolte pas, fait ce qu’on lui demande de faire,  évitant ainsi d’ajouter des problèmes aux problèmes en cours. 

 

Le monde d’aujourd’hui a des côtés obscurs mais aussi des côtés lumineux. Beaucoup de personnes essayent de faire face, de s’organiser, explorent de nouvelles manière de vivre. Ce n’est pas parce qu’ils ne passent pas à la télé qu’ils n’existent pas.

 

La vie finira par l’emporter une fois encore.

 

« Les temps sont mauvais? Soyons bons et les temps seront bons, car nous sommes le temps. » (Saint Augustin)

 

 

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