Eté 2019

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Pour les plus anciens d’entre nous ce qui se passe en Irak, Syrie, Libye rappelle la guerre d’Espagne. Nous assistons impuissants et dépassés par les événements à une succession de Guernica, à un désastre moral et humain.

« Arrivée la guerre le diable agrandit son enfer. »

Nul ne sait plus vraiment de quoi demain sera fait. Probablement d’encore beaucoup de sang et de larmes.

Et puis parfois surgissent des nouvelles inattendues: Boris Johnson dit qu’il étudie la possibilité de régulariser la situation de 500 000 sans papier à Londres, Guillaume Larrivé dit qu’il faut construire des villes d’accueil pour les migrants de l’autre côté de notre mer méditerranée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Larriv%C3%A9

L’Italie et la Grèce affirment haut et fort que ce n’est pas à eux d’accueillir toute la misère du Monde. Probablement que d’autres finiront par le dire aussi. Qui pourrait les en blâmer?

L’Histoire est en marche!

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. » Winston Churchill.

Dirons-nous un jour la même chose pour les migrants?

Yalla Castel

Zoom sur Vincent Arpoulet

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Vincent Arpoulet a été élève du primaire à Labastide Castel Amouroux puis au Grézet Cavagnan ; ensuite collégien au Mas d'Agenais, lycéen à Val-de-Garonne. Il est actuellement élève en Master de relations internationales à la Sorbonne.

Voici son premier article pour le média "Le vent se lève":

"Le 20 février 2019, Lenín Moreno, président de l’Équateur, annonce avoir obtenu 10,2 milliards de dollars de crédits de la part d’organismes internationaux tels que le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale, entre autres. « Nous allons recevoir plus de 10 milliards de dollars à des taux inférieurs à 5 % en moyenne et sur des durées jusqu’à 30 ans », précise-t-il. Moreno justifie cet accord par la mauvaise gestion des dépenses publiques dans le cadre des politiques publiques mises en place par son prédécesseur, Rafael Correa. Anna Ivanova, chef de mission du FMI pour l’Équateur, explique ainsi que cet accord vient encourager les principaux objectifs du gouvernement équatorien, à savoir créer une économie « plus dynamique », par le biais de mesures visant à favoriser la compétitivité entre les entreprises, assouplir la fiscalité et renforcer les structures de l’économie dollarisée."

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De l'Algérie d'aujourd'hui

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"Au désastre de la guerre des années 1990 se sont ajoutées des catastrophes naturelles dans les années 2000; des séismes à répétition, dont l'un a provoqué plus de 2000 morts, et des inondations tout aussi destructrices. Ces éléments sont importants, puisque chaque catastrophe se trouve reliée à la précédente, bien que de nature différente. Ces catastrophes sont associées par une commune appartenance à la sphère du tragique. (...)

Dans les discours des personnes en analyse se retrouve tel quel cet aspect du tragique, au point d'entendre parler "d'acharnement du sort", de "condamnation à la catastrophe" voire de "punition divine", ce qui évoque "la colère des dieux" dans la mythologie grecque. Cette collusion entre les monstruosités humaines des années de guerre et les ravages de la nature a eu pour effet une accentuation de la religiosité: prières, re-voilement des femmes, etc..., pour tenter de limiter "la colère des dieux".

Dans les deux cas, entre ciel et terre, Dieu était de mise: un Dieu obscur contre une nature peu clémente qui conduisait à faire appel à la protection du divin. Les cris silencieux de détresse lors des massacres et des meurtres durant ce que nous qualifions de "guerre intérieure" sont restés sans fin. Ils furent relayés par d'autres pertes humaines liées au dérèglement du ciel et de la terre. L'insensé de la barbarie des hommes se renforçait et se consolidait par les imprévus de la nature. Une étrange puissance de l'aléatoire régnait, alors que les sources et les causes échappaient à l'entendement.

Les questions relevant du "comment en sommes-nous arrivés là? " et "pourquoi ce déferlement de pertes hémorragiques?" - les morts, les disparus, les massacres et la barbarie - restaient lettres en souffrance.

Un désarroi massif s'est répandu, à partir de la dimension collective d'une détresse envahissante et insaisissable. Les bords du dedans et du dehors, si protecteurs habituellement, devenaient fragiles et poreux. Le tissu social s'est fragmenté et cela a propulsé les sujets dans des sentiments d'insécurité et de danger permanents. Cette situation nous conduit à penser que nous avons affaire à des subjectivités qui véhiculent un grave "trauma social" dont les causes et les remèdes se cherchent encore."

Source: "Le trauma colonial" de Karima Lazali aux Editions la découverte pages 19/20.

Karima Lazali est psychologue clinicienne et psychanalyste à Paris depuis 2002 et à Alger depuis 2006.

La girouette

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"Ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent." Edgard Faure

Le vent de l’Histoire a tourné. Les Américains et leurs alliés ont gagné la guerre froide. Et ce qui nous avait été annoncé comme la promesse d’un avenir radieux de bonheur et de prospérité a tourné au cauchemar dans certains pays. Depuis 1989 nous assistons à une multiplication de conflits dans le monde dont les principales victimes sont les civils. Un vent mauvais semble souffler sur toute notre planète. Les atrocités, les crimes contre l’humanité sont de retour ici et là.

Les droites françaises sont divisées, les gauches aussi, l’Europe aussi, le monde aussi. Les temps sont devenus incertains. Chacun de nous doit revoir sa copie intérieure, ré initialiser le disque dur de ses convictions personnelles.

L’existence de nombreuses bombes atomiques dissuadent les chefs d’états d’un conflit nucléaire mondial mais paradoxalement favorise toutes les autres formes de guerres. L’homme est inventif en la matière.

Pour le moment Trump n’est pas Hitler ou Mussolini, Poutine n’est pas Lénine ou Staline. La Corée du Nord n’a pas été envahi, ni le Mexique ni le Vénézuela. Mais il est difficile de discerner comment va s’organiser le monde de demain.

Malgré les doutes, les craintes, des femmes et des hommes aujourd'hui enocre conservent au corps et au coeur l’espoir d’un avenir meilleur à ré inventer.

Depuis la nuit des temps il y a une chose qui n’a jamais changé: tout change tout le temps. Et « Rien n’est jamais acquis à l’homme sauf sa peine ».

Michel Serres

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Photo Yam Bamb

« Il est arrivé dans nos pays une grande transformation produite par des causes que nous connaissons bien : l’augmentation de l’espérance de vie, la disparition progressive de la culture rurale – nous étions 50 % de paysans et nous ne sommes plus que 2 % -, les nouvelles technologies, la mondialisation de l’économie, les problèmes environnementaux tragiques, et surtout 70 ans de paix, ce qui n’est jamais arrivé dans notre histoire. Et nous sommes entrés par conséquent dans une période en rupture totale avec ce que l’on a connu. Ce n’est plus le même homme, ce n’est plus la même vie, ce n’est plus la même mort, ce n’est plus le même espace, ce ne sont plus les mêmes relations. »

Michel Serres (1er septembre 1930/1er juin 2019)

https://www.letemps.ch/societe/michel-serres-lespece-humaine-constituee-braves-gens

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