Le vieillard

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Pour en savoir plus sur le tableau ci-dessus :

https://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/oeuvres/tete-vieillard-0

"Le vieillard hésite, mais avance encore: il avance en âge. Il va vers la mort, vers cette chose qui clôture toutes les choses qui peuvent lui arriver. (...) La mort qui est devant le vieillard - quelque part, assez près - est devenue un destin personnel. Le vieux se rapproche de la vérité; il est de plus en plus lui-même. Dans sa façon de bien moins se souvenir des jours passés et bientôt des jours présents,il simplifie sa vie jusqu'à la quintessence. Il se dit que la prochaine fois - la prochaine élection présidentielle, la prochaine Coupe du Monde de football, les prochaines vacances estivales en famille -, que la prochaine fois, peut-être, il ne sera plus là. (...) Les gềnes meurent de froid un peu en avance. Les gènes ne savent plus quoi faire du corps, mais le corps est encore là. Un navire construit il y a longtemps, dont il ne vaut pas la peine de changer les planches, et sur lequel on peut seulement faire des calfetrages de fortune. Les gènes quitteront bientôt le navire, c'est entendu, mais ils le quitteront dans la mesure où le navire est incontrôlable, et vogue vers une direction inconnue. Le vieux n'est pas un naufragé, mais le navigateur qui approche la liberté totale: c'est son dernier port - droit devant. Ce n'est pas le souffle glacé du caveau que le vieux sent passer sur lui, mais le vent du large."

Source: "Lieux de vie" de Paul Munier aux éditions VGAS pages 90/91.

De l'amour donné et reçu

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« Ce ne sont pas les êtres bien portants, sûrs d’eux-mêmes, gais, fiers et joyeux qui aiment vraiment – ils n’ont pas besoin de cela ! Quand ils acceptent d’être aimés, c’est d’une façon hautaine et indifférente, comme un hommage qui leur est dû. Le don d’autrui n’est pour eux qu’une simple garniture, une parure dans leurs cheveux, un bracelet à leur poignet, et non le sens et le bonheur de leur existence.
Seuls ceux que le sort a désavantagés, les humiliés, les laids, les déshérités, les réprouvés, on peut les aider par l’amour. Et quand on leur consacre son existence, on les dédommage seulement de ce dont la vie les a privés. Et eux seuls savent aimer et se laisser aimer comme il faut : humblement et avec reconnaissance.
»
Stefan Zweig, La pitié dangereuse ou L’impatience du cœur, Traduction d’Alzir Hella, Le Livre de Poche, Grasset, Londres 1939, p.475
 
 

De l'adolescence

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"L'adolescence est un âge où la perception de soi est mise à mal. Cela s'explique peut-être ainsi: bien souvent, l'enfance est un royaume où l'on est le centre du monde. Sans le vouloir, les parents gonflent de manière disproportionnée l'égo de leur progéniture. Ils accourrent au moindre besoin, jugent génial n'importe quel gribouillage et s'extasient sur des chorégraphies ridicules. Bref, l'enfant a le sentiment d'être touché par la grâce, et se fracasse lamentablement, ensuite, dans la vérité de l'adolescence: il n'est que lui. Il y aurait sûrement beaucoup moins de crises pubertaires si l'on plongeait les humains dès le plus jeune âge dans une réalité moins narcissique. (...) L'adolescent pense craindre l'avenir, alors qu'il souffre de la disparition du passé."

David Foenkinos dans "La famille Martin" chez Gallimard, nrf, page 76

Qu'est-ce que tu veux pour Noël?

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Lu ces jours-ci le texte suivant qui circule sur Facebook:

 

Chaque année, mes enfants me posent la même question. Cette année, j'ai décidé de leur donner ma vraie réponse :


-Qu'est-ce que tu veux pour Noël ?

-Je te veux.
 

Je veux que tu continues de venir à la maison, je veux que tu me poses des questions, me demande conseil; demande mon avis, demande mon aide. Je veux que tu discutes de tes problèmes, discute de la vie, peu importe. Que tu me parles de tes projets; de tes rêves, de tes buts. Que tu me parles de ton travail, de tes soucis, de ta femme , de ton mari , de tes enfants . Je veux que tu continues à partager ta vie avec moi. Viens te moquer de moi, ou rire de moi, je m'en fiche. T'entendre rire, c'est de la musique pour moi.


J'ai passé une partie de ma vie à t'élever du mieux que je le pouvais avec ce que j'avais. Et je ne me vante pas, mais j'ai fait du bon boulot.


Maintenant, donne-moi le temps de m'asseoir et d'admirer mon travail, je suis plutôt fière de ça.


Je veux que tu aies une belle vie; pour toi et ta famille, et même qu'elle soit plus belle encore que la mienne.


Moi, j'ai les choses dont j'ai besoin.

Je veux te voir heureux et en bonne santé.

Quand tu me demandes ce que je veux pour Noël, je dis "rien" : je te veux.

 
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