Je suis folle

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Je suis folle quand je ne tiens pas en place

Je suis folle quand je ne reste pas à ma place

Je suis folle quand je suis trop maigre

Je suis folle quand j'ai peur d'être trop grosse

Je suis folle quand je ne veux pas sortir avec celui-ci

Je suis folle quand je sors avec celui-là

Je suis folle quand je sors seule

Je suis folle quand j'écoute ma voix intérieure

Je suis folle quand je n'écoute pas ce qu'il me dit

Je suis folle quand je dis oui oui oui

Je suis folle quand je lui dis non

Je suis folle quand je m'habille pour moi

Je suis folle quand je m'habille comme ça

Je suis folle quand je crie ma douleur et ma peine

Je suis folle quand je crie mon plaisir et ma joie

Je suis folle quand je me caresse

Je suis folle quand je ne veux pas qu'il me touche

Je suis folle quand je veux un enfant dont il ne veut pas

Je suis folle quand je ne veux pas d'enfant avec lui

Je suis folle quand je ne veux pas d'enfant, point fina

Je suis folle quand je ne veux pas de la vie qu'il "se tue" à m'offrir

Je suis folle de partir

Je suis folle quand je pleure et ris toute seule dans mon coin

Je suis folle quand je pleure et je ris avec mes amies

Je suis folle de chercher à comprendre

Je suis folle de chercher à apprendre

Je suis folle de vouloir vivre ma vie

Source: "L'Ecole des soignantes" de Martin Winckler pages 367 et 368

Changer l'eau des fleurs

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"Ne juge pas chaque jour à la récolte que tu fais mais aux graines que tu sèmes."

(Valérie Perrin, "Changer l'eau des fleurs", page 327.)

"La plus belle des sépultures, c'est la mémoire des hommes."

(André Malraux cité par Valérie Perrin dans "Changer l'eau des fleurs" page 435.)

Homme

Rédigé par yalla castel - - 2 commentaires

Demain le pin emblématique de Palombaggia sera coupé. Condamné par la maladie, il était devenu un danger pour son environnement.

Ceint par quelques murets, il était là depuis des décennies, presque posé sur l’eau, ses branches tendues vers le ciel dominant « sa » plage.

S’il disparaît définitivement de notre paysage, je sais qu’il entre pour toujours dans l’imaginaire collectif de Porto-Vecchio.

Lui qui avait ébloui tant de regards, à commencer par les nôtres, avait au fil des ans noué un lien particulier avec les photographes au point de devenir notre meilleur ambassadeur de par le monde.

Pour toutes ces raisons, la commune a souhaité engager une réflexion qui devra permettre de déterminer les voies et moyens de rappeler la présence de cet arbre mythique.

Déjà un mécène porto-Vecchiais a manifesté le souhait de contribuer à ce projet qui reste à définir. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

En attendant, nous disons adieu à notre pin immortalisé ici ces derniers jours, avec pour chacun de nous des souvenirs plein la tête.

Georges Mela, maire de Porto-Vecchio.

 

Homme,

Je suis la flamme de ton foyer dans la nuit hivernale. Et, au plus fort de l'été, l'ombre fraîche de ton toit. Je suis le lit de tes sommeils, la charpente de ta maison, la table où poser ton pain, le mât de ton navire; je suis le manche de ta houe, la porte de ta cabane, je suis le bois de ton berceau et celui de ton cercueil, le matériau de tes oeuvres, et la parure de ton univers.

Ecoute ma prière: ne me détruis pas.

"La forêt", Walter Kümmerly.

 

Je suis partie pour vivre

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

"Je suis partie pour vivre" est un livre écrit par Irène Josianne Ngouhada, jeune Camerounaise, qui explique pourquoi elle a quitté son pays et témoigne des six ans qu'il lui a fallu pour aller de son village à Alger. Il est préfacé par Jean-Paul Vesco, évêque d'Oran.

 

Voici un extrait de sa préface:

 

" (...) Ceux que l'on appelle "les migrants" sont vus par tous les autres qui ont la chance de ne pas l'être comme des statistiques, un risque économique, politique ou religieux... Au mieux un objet d'apitoiement quand ils ont le mauvais goût de perdre leur vie en mer par centaines d'un coup. A Oran, ils sont des hommes et des femmes avec qui l'on prie, et parfois - pour un temps - l'on vit. Ils ont des visages, des histoires, des espérances et des souffrances. Nous savons aussi par quel gâchis humain ils payent leur rêve d'une vie meilleure. Trop souvent en pure perte. Rencontrer des personnes et non plus des "migrants" change le regard. Je dois confesser que ce changement n'a pas été immédiat pour moi. Il s'est fait par étapes, et que je ne suis pas certain qu'il soit même tout à fait achevé. La compassion à l'égard de ces personnes encore définies par leur statut particulier est sans doute la première de ces étapes. Nous avons alors l'impression d'avoir fait un pas de géant, et pourtant le compte n'y est pas encore: ces personnes restent différentes  à  nos yeux parce que migrantes. Et, disons-le, malgré nos bons sentiments, elles nous apparaissent légèrement inférieures... et elles le sentent. Elles doivent être "aidées" par nous qui les "aidons". Même si nous le faisons de tout notre coeur, nous en restons au stade du "fraternalisme", pas encore de la fraternité. L'étape suivante est celle de la relation qui fait - autant que possible - fi de leur état de migrant, un peu comme lorsqu'on parvient à se faire proche d'une personne malade au-delà du filtre de sa maladie. Le passage à cette nouvelle étape ne  peut se faire sans une prise de conscience plus ou moins explicite et en tout cas fondatrice: cette personne migrante, ce pourrait être moi! Jusque-là, la personne migrante appartient à un autre monde qui n'est pas le mien et tous les bons sentiments du monde ne nous font pas frères et soeurs d'une commune humanité. Je crois aussi que ce passage n'est permis que par une forme d'admiration en général, ou à l'égard d'une personne en particulier. A ce moment seulement, un équilibre s'établit, qui permet une relation de réelle altérité, ouvrant la porte à l'amitié. Josianne est l'une des personnes en migration qui ont forcé mon admiration et m'ont permis cette conversion du regard. Comme moi, elle avait fait  des études de droit, jusqu'à obtenir une maîtrise. Ce diplôme, qui m'avait ouvert, à moi, tous les possibles, l'avait jetée, elle, sur les routes hasardeuses de la migration. (...) " 

 

La suite dans le livre "Je suis partie pour vivre" de Irène Josianne Ngouhada aux éditions Tallandier. ISBN 979-10-210-3779-3

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