Le printemps revient.

Rédigé par yalla castel - - 2 commentaires

Photo Marie Christine Queyreur.

Tandis qu’à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
II repasse des collerettes
Et cisèle des boutons-d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
II s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui, descend au jardin désert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
II sème aux prés les perce-neige
Et les violettes au bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
II met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
II dit : « Printemps, tu peux venir ! »

Théophile Gautier (1811-1872)

Premier sourire de printemps

2 commentaires

#1  - Alain a dit :

Souvenirs, souvenirs,
L'école primaire et le maître en blouse grise...bon par la fenêtre de la classe on ne voyait ni la frêle pâquerette, ni le bouton d'or mais le sable damé de la cours de récréation avec au fond le préau où la semaine précédent les scrutins étaient installés des bancs et une estrade pour que les postulants à la députation ou au conseil municipal puissent haranguer les quelques électeurs et rares électrices qui souhaitaient voir en chair et en os ceux (celles étaient alors très très rares) à qui ils, elles accorderaient leur suffrage.
Mais pour en revenir à la perce neige et à la violette des bois, sans oublier le merle siffleur, nous avions heureusement le Jeudi et le Dimanche pour éprouver les vers de Théophile Gautier. Je dois avouer que j'avais complétement zappé les 2 premiers vers du poème:
Tandis qu’à leurs œuvres perverses,
Les hommes courent haletants

Difficulté à 8 ou 9 ans avec le concept "d' œuvres perverses " et pourquoi les hommes y courraient-ils haletants ?"
pourtant "ils ne courraient pas aux 100 000 chemises" ? (publicité parait-il à la mode à l'époque, mais non contrôlé)
Mais par contre nous étions déjà bien avertis par nos parents, les leçons de morale et le catéchisme sur l'homme qui courait à sa perte ou son malheur...

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#2  - AL a dit :

Bonjour Alain, les deux écoles primaires que j'ai fréquentées avaient elles aussi des fenêtres en haut des murs. J'ai toujours pensé que c'était fait exprès. A hauteur des yeux nous avions seulement des murs où étaient accrochés cartes de France, cartes de l'empire colonial, cartes de sciences naturelles, tableaux de conjugaison etc...etc... Merci de votre commentaire.

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