Zoom sur Vincent Arpoulet

Rédigé par yalla castel - - 2 commentaires

Zoom sur Vincent Arpoulet un enfant du pays (Grézet Cavagnan, Lot-et-Garonne)

 

Bien vivre après le Covid-19

Mis à jour : il y a 2 jours

Par Alexia Delfosse et Vincent Arpoulet

 

La crise sanitaire engendrée par le Covid-19 a exacerbé l’incompatibilité des paradigmes dominants et régissants nos sociétés avec la préservation de la vie en à peine quelques semaines. Que ce soit par la mise en évidence des effets de politiques d’austérité sur nos systèmes de santé, par la “révélation” de métiers nécessaires et pourtant sous-payés et sous-valorisés, ou encore en mettant en lumière les conséquences de nos modes de transport sur nos environnements. Un changement radical d’orientation est plus que jamais nécessaire autant pour prévenir les prochaines crises que pour préserver cette vie, humaine et non-humaine. Le concept de Bien Vivre est l’une des alternatives qui permet à la fois de penser et d’atteindre ces objectifs. Notre but sera donc ici de montrer ce que le concept de Bien Vivre a à apporter en vue d’éviter des crises comme celle du Covid-19 ainsi que pour repenser et reconstruire un monde radicalement différent. Cet article a été rédigé grâce aux lectures de et discussions avec des penseur.euse.s et critiques clés du concept en Équateur, des intellectuel.le.s incontournables de l’écologie politique du continent latino américain et des acteur.ice.s clés des mouvements sociaux latino-américains : Alberto Acosta, Matthieu Le Quang, Esperanza Martinez, Miriam Lang, Arturo Escobar et bien d’autres.

Lire la suite ici...

Ecoute ma prière

Rédigé par yalla castel - - 4 commentaires


 

Homme,

 

Je suis la flamme de ton foyer dans la nuit hivernale. Et, au plus fort de l'été, l'ombre fraîche de ton toit. Je suis le lit de tes sommeils, la charpente de ta maison, la table où poser ton pain, le mât de ton navire; je suis le manche de ta houe, la porte de ta cabane, je suis le bois de ton berceau et celui de ton cercueil, le matériau de tes oeuvres, et la parure de ton univers.

 

Ecoute ma prière: ne me détruis pas.

 

"La forêt", Walter Kümmerly.

 


En 1953, Jean Gionno, écrivain français, né à Manosque en 1895 et mort à Manosque en 1970, a écrit un livre qui a pour titre "L'homme qui plantait des arbres".  Il y raconte la vie d'un homme solitaire, berger de son état: Elzéard Bouffier. Il décrit leur première rencontre en 1913 dans une zone désertique de Haute Provence. Jean Giono dépeint les paysages de l'époque, la désertification des villages, la déforestation en cours. Il s'attarde longuement à nous raconter son personnage principal: un homme simple, modeste, au mode de vie frugal, un homme bon qui colle à la nature, à son terroir. Il en fait le personnage central de son roman. Un personnage attachant. Il a une étrange manie: il plante des glands de chêne du matin au soir, du premier janvier au 31 décembre et ce jusqu'à sa mort en 1947. Il a mis au point une technique bien à lui pour le faire. A la fin de sa vie Elzéard Bouffier a profondément modifié son environnement. Il laisse aux générations futures une immense forêt. L'eau est revenue dans les ruisseaux. Les villages abandonnés ont repris vie. C'est tellement bien écrit qu'enfant, adolescent, jeune homme j'ai voulu croire absolument que ce n'était pas un roman, une fiction mais une histoire vraie. Depuis quelques années maintenant ce livre a une seconde jeunesse. Il est devenu un livre d'actualité face aux catastrophes "naturelles" à répétitions.

 

"L'homme qui plantait des arbres" est publié en livre de poche dans la collection Folio Cadet, référence ISBN:  207053880X.

 

Il existe aussi une vidéo canadienne accessible aux enfants dès l'âge de 5 ans avec la voix de Philippe Noiret lisant le texte de Jean Giono. Les images de l'animation sont très belles.

 

Voir lien suivant en cliquant ici...

 

Dès 1953, avec son livre "L'homme qui plantait des arbres", Jean Giono développe de manière très poétique et littéraire les thèmes du développement durable, de l'écologie réparatrice des dérèglements climatiques et des folies destructrices des hommes. Il y exhalte les valeurs de travail, d'opiniâtreté, de patience, d'humilité. Il nous rappelle l'importance de  la ruralité dans le monde d'hier,d 'aujourd'hui et de demain.Et l'importance des petites gens dans notre vie sans qui nous ne sommes rien ou bien peu. L'altruisme et le pacifisme font partie de l'ADN d'Elzéar Bouffier.

 

Jean Giono est un grand écrivain français qui ne se rattache à aucun courant littéraire bien précis. Cela s'explique par ses origines familiales et son parcours de vie. Il est le fils d'un cordonnier anarchiste d'origine italienne et d'une mère d'origine provençale qui dirige un atelier de repassage. Un an avant de passer son bac il doit arrêter ses études: son père est malade, les finances familiales ne lui permettent pas de continuer sa scolarité. Il part travailler. Il passe son temps libre à lire en particulier les grands auteurs grecs et latins. Peu de temps avant d'être mobilisé en 1914 à 19 ans il rencontre la jeune femme avec qui il ne pourra se marier qu'en 1920. Ils auront ensemble deux filles. En 1915 il rejoint le 140 ième régiment d'infanterie. En temps que simple soldat il est sur le terrain des grands combats de 14/18: Artois, Champagne,Verdun, la Somme, le chemin des dames. Son meilleur ami est tué, ses camarades décimés. Il est lui  même victime d'une commotion suite à une explosion d'obus proche de lui. Plus tard il est légérement gazé. Il survit à la première guerre mondiale que certains historiens ont qualifié de suicide collectif. Il devient un pacifiste convaincu. Ses prises de positions publiques contre la guerre font qu'au moment de la seconde guerre mondiale lorsqu'il se présente aux autorités militaires pour s'engager il est refusé. S'en suivra un rapprochement avec le régime de Vichy qui lui sera reproché à la libération. Il ne sera pas condamné car il a caché à partir de 1940 des personnes recherchées par la police française. Il restera toute sa vie un pacifiste contre vents et marées. Les deux guerres mondiales lui ont révélé que l'homme avait les moyens techniques de faire autant si ce n'est plus de dégâts que les pires des catastrophes naturelles. Il ne pouvait s'y résoudre.

Fil RSS des articles