Ce n'était pas un grand bavard

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Pour ceux qui connaissaient bien Papa, ce n’était pas un grand bavard mais si vous le lanciez sur un sujet qui l’intéressait, vous auriez vite compris combien il pouvait en parler et partager ses passions avec les autres.

Il était comme cela, de nature réservée, discrète mais aussi généreux sur le partage de ce qui le passionnait.


Sa passion, c’était de voler et elle a commencé tout petit déjà, quand il a voulu sauter en parachute depuis le toit de la maison de papi et mamie. Sauf que son parachute c’était un parapluie. Mais heureusement, on l’en a dissuadé avant d’essayer.


Oui, voler, c’était sa passion, le pic d’adrénaline de s’élever vers les nuages... une dernière fois.

Si il y a bien une chose que j’aurai appris de cet accident, c’est à quel point la vie est courte. Tout peut s’arrêter en un instant. Chaque jour, il faut profiter de la vie comme si c’était le dernier. Parce qu’on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Et ne jamais rien regretter.

On remet souvent à plus tard, nos projets, à plus tard, les discussions avec nos amis, notre famille, à plus tard, nos envies... jusqu’à qu’il soit trop tard...

Alors bien sûr, on ne peut pas vivre continuellement avec la peur de l’accident, du dernier battement de cœur mais plutôt que de compter les jours, faire en sorte que chaque jour compte.

Profitez de la vie tant qu’il y en a et partagez-la avec les êtres qui vous sont proches car comme disait Albert Schweitzer « Le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage »

Benoit Labadie

Zoom sur Rolland Poupon

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Depuis mon enfance j’étais destiné à finir (ou à commencer) en hypokhâgne. Mon père Albert Poupon (Albert Loranquin en littérature) avait déjà connu la vie du Lycée du Parc pendant les années de la guerre mondiale. Il avait eu comme jeunes professeurs Lacroix, Pillard et surtout Debidour qui devint plus tard ami de la famille. Et c’est dans cette atmosphère que j’ai grandi, sous le regard d’un père qui rêvait de voir son fils venger finalement l’échec, de justesse, qu’il avait connu lors de sa dernière tentative d’intégrer à la rue d’Ulm.

Mais j’avoue que j’avais du mal à me sentir à l’aise dans cet univers, intéressant par bien des côtés, où je n’arrivais pas à m’épanouir. Et voilà qu’en pleine atmosphère des événements de mai 68 je fais la connaissance du Mouvement des Focolari. Ce fut tout de suite le coup de foudre. A peine terminée la licence, je me retrouve pour deux ans d’expérience communautaire et sociale en Italie avec des jeunes du monde entier, avides comme moi d’un monde différent encore tout à construire, et je décide de consacrer ma vie à cet idéal.

Début 71 on me propose de partir en mission au Liban. Et c’est du Liban que j’écris maintenant ces quelques lignes. Après 15 ans d’enseignement de la langue française à des élèves de 10 à 16 ans, la fondatrice et présidente du Mouvement des Focolari, Chiara Lubich, me demande de laisser le travail professionnel pour m’occuper de la coordination des activités du mouvement successivement dans la plus grande partie des pays du Moyen Orient. Quand je revois toutes ces années intenses vécues entre la guerre du Liban, l’intifada palestinienne, l’embargo de l’Irak et tous les défis, les espoirs et les contradictions du monde moyen oriental, je ne peux que remercier Dieu de cette aventure bien plus passionnante que tout ce que j’aurais pu imaginer.

Nous vivons en ce moment, je crois, et je ne suis certainement pas le seul à le croire, un des moments les plus cruciaux de l’histoire de l’humanité. J’ai eu la chance de rencontrer une personne comme Chiara Lubich, malheureusement encore si peu connue en France, même si elle a reçu par exemple le prix Unesco 96 de l’Education pour la paix ou celui des Droits de l’homme du Conseil de l’Europe à Strasbourg en 98. Avec elle je me suis retrouvé dans tout un courant de personnes qui se battent pour la formation d’une humanité différente. Là où le communisme a échoué et où le capitalisme sauvage est en train de s’enliser dans ses contradictions, la recherche d’une « économie de communion dans la liberté » est en train de faire son chemin dans le monde de l’économie. Là où la politique des partis n’arrive plus à sortir de sa sclérose, le « mouvement politique pour l’unité » qui regroupe des politiciens de tous bords et de tous pays qui mettent les valeurs de l’homme avant leur intérêt de parti, est un souffle nouveau qui donne beaucoup d’espoir. Là où les valeurs de l’indépendance se sont affirmées comme un grand progrès évident par rapport à la dépendance du colonialisme, mais qui n’arrive pas toujours à dépasser les courtes vues d’un nationalisme étroit, le courant de « l’interdépendance » est en train  peu à peu  de changer les mentalités.

C’est dans ce contexte que se déroule mon travail, au contact de personnes de toutes conditions, nationalités, religions ou convictions. Pour ne pas dépasser le cadre de ces deux pages, je voudrais finir par quelques mots sur le choc des civilisations dont nous sommes témoins en ce moment au Moyen Orient. En France on n’imagine pas combien les vrais musulmans ont soif d’une relation authentique avec le monde occidental, mais avec le « vrai » monde occidental, pas celui de l’hypocrisie de la diplomatie qui prétend aider la paix en vendant ses armes, ni celui des médias qui recherchent le sensationnel ou qui sont payés pour dire des mensonges. J’ai participé hier soir à une rencontre de 250 libanais chrétiens, sunnites et chiites, unis dans cette quête d’une vraie relation dans la confiance et la réciprocité. On a peur de l’islam en Europe et on le diabolise, sans se rendre compte que l’islam fait peur parce que lui-même est terriblement inquiet pour son propre avenir. Lorsqu’on arrive à s’apprivoiser réciproquement tout change. Et si on n’arrive pas à résoudre cette situation, si on continue à faire croire que les Israéliens ne peuvent pas vivre avec les Palestiniens, les sunnites avec les chiites ou les chrétiens avec les musulmans, on se retrouvera dans quelques années avec une nouvelle guerre au cœur même de l’Europe. Mais heureusement il y a parmi les musulmans, les juifs et les chrétiens du Moyen Orient suffisamment d’hommes de paix, capables de dépasser leurs conflits, et j’en connais personnellement beaucoup, pour pouvoir croire encore en un avenir possible pour l’humanité, loin des scénarios catastrophes qu’on s’amuse à nous présenter.

Fait à Beyrouth, le 28 février 2010

Roland Poupon

Papa

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Alors voilà, tu as décidé de te la jouer comme le soir du mariage de Lucie et Jordan. Pas le temps de se retourner que tu n'es plus là.


Oh tu avais juste décidé de rentrer à pied à 2h du matin !


Ça c'était toi, tu savais ce que tu voulais et tu faisais en sorte de le réaliser, sans attendre des autres.

Je voulais te dire que j'ai mis du temps à accepter d'avoir un père si silencieux et absent.

J'espérais que tu changes jusqu'à ce que je comprenne ce que tu m'as transmis en étant toi.

Tu m'as appris à être autodidacte, à ne pas me fier à la réussite scolaire, au titre ou au diplôme pour juger de l'intelligence d'une personne.


Tu m'as appris à oser prendre des risques pour réaliser ses rêves. Vivre c'est risquer de mourir mais ne pas vivre pour essayer d'éviter la mort est pire.


Tu m'as appris l'art de la communication non-verbale ; voir l'autre au-delà des mots et tout ce que l'on voit et ressent quand on se tait.


Tu m'as appris à ne pas me satisfaire du superficiel.


Tu m'as appris que le langage de l'amour ne ressemblait pas nécessairement à des mots ou des actes isolés.


Tu m'as appris à me méfier des conducteurs avec un chapeau.


Tu m'as appris à me débrouiller par moi-même et à me batte pour être libre, à aller au-delà des normes et des dogmes établis.


Tu m'as appris qu'on pouvait être absent et pourtant bien présent dans le cœur et qu'être là physiquement n'est pas toujours synonyme de présence.

Pour tout cela et pour les leçons que je n'ai pas encore perçues ou assimilées, je te remercie d'être resté toi.

Repose en paix, tu as fait ta part.

Laure

Une triste nouvelle

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Serge Labadie a participé activement à la construction de l'hôpital H.S.A. à Manajary. (Madagascar)

Dès la première heure ce matin mardi 1er septembre, je recevais un message de Danielle Labadie qui m'apprenait la mort accidentelle de Serge, son époux.
 
Serge qui était un passionné de parapente, sky surf, ULM et planeur a eu un accident au décollage avec son planeur hier lundi à Condom dans le Gers en début d'après-midi. Il est mort sur le coup.
 
Ce 31 août au matin, je l'avais appelé au téléphone pour lui demander un renseignement. La communication n'étant pas très bonne, je lui disais que je le rappellerai plus tard...
 
Serge attendait avec impatience la fin du confinement à Madagascar et l'ouverture des liaisons aériennes pour revenir continuer et terminer les installations complexes de la distribution électrique de l'hôpital. Il était tout à son affaire avec compétence et précision.
 
Combien de fois n'est t-il pas venu chaque année et plusieurs mois! Du beau travail! Il savait combien je comptais sur lui! Il aimait le projet HSA. Il savait qu'il devait être là au moment de l'ouverture car j'avais besoin de ses compétences lorsque l'ensemble de l'hôpital fonctionnerait et prévenir ainsi d'éventuels désagréments de fonctionnement de départ.
 
Serge était un grand bricoleur et savait faire beaucoup de choses. Que n'a t-il pas fait fait à l'hôpital que je lui demandais.
 
Toute mon affection à son épouse Danielle, à ses enfants, à ses amis, à nos amis de l'ADRAR d'Anzex à laquelle il appartenait et par qui il avait connu le projet HSA.
 
Serge, un immense merci avec ces simples mots pour te rendre hommage et l'assurance de notre souvenir.
 
Reposes en paix!
 
Le père Jean-Yves

 
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