Soigner les corps et les âmes

Rédigé par yalla castel - - 1 commentaire

« Aux Captifs la libération » est une association humanitaire au service des personnes de la rue et des personnes en situation de prostitution. Créée en 1981 par le Père Patrick Giros, prêtre du diocèse de Paris, et agréée par les pouvoirs publics, cette association est implantée à Paris. Elle vient en aide aux personnes exclues vivant de la rue et dans la rue : personnes sans domicile fixe, personnes en situation de prostitution, migrants, jeunes en errance, victimes de la drogue ou de l’alcool. Patrick Giros est né en 1939. Il a été ordonné prêtre en 1968. Il est décédé en 2002.

 

Jean-Guilhem Xerri et Pierre-Olivier Boiton ont écrit un livre sur l’association « Aux Captifs la libération ».

 

En voici le titre et les références : « A la rencontre des personnes de la rue », aux éditions « Nouvelle Cité » collection « Vie des hommes ». (ISBN : 9782853 135269). Il est préfacé par le Cardinal Jean-Marie Lustiger.

 

En voici des extraits :

 

« « Aimez-vous les uns uns les autres comme je vous ai aimés… Aimez vos ennemis. » Ce livre témoigne de ce miracle qui jusqu’à présent se poursuit parmi toutes celles et tous ceux qui s’associent au travail de « Aux Captifs, la libération ».  » (pages 9/10)

 

« Patrick Giros était un prêtre du diocèse de Paris. C’est important pour comprendre l’ancrage paroissial et diocésain des « Captifs ». Il est donc d’abord prêtre, et prêtre d’une ville. Il relevait cette qualité, dans le sens où l’évangélisation autrefois , passait par les curés de campagnes, alors que maintenant l’essentiel de la vie étant urbaine, il lui paraissait impératif de développer une pastorale de la ville. Il considérait Paris comme une terre de mission. » (Pages 13 /14)

 

« D’abord, des réalités s’imposent aux yeux de Patrick Giros. Il fait connaissance avec ce qui étaient à l’époque la rue et les populations qu’il y rencontre : loubards, délinquants… et il est le témoin de leur évolution. Ensuite il acquiert une bonne expertise du travail social qui l’amène à reconsidérer ce dernier de façon profonde. A l’époque les loubards vivent en bandes. Patrick disait qu’il y avait là un phénomène de socialisation très important. Certes ils faisaient « pétarader leurs mobylettes », ils étaient paumés, mais ils étaient ensemble. Il y avait de véritables expériences amicales ou relationnelles. Ils entretenaient entre eux des liens structurants, qui contribuaient à lutter contre l’isolement et la solitude. Mais cette socialisation par la bande a été détruite avec l’arrivée de la drogue durant les années 1970. Elle a tout cassé, faisant éclater l’unité de groupe et apportant la mort avec elle. On peut vraiment identifier l’arrivée de la drogue comme le facteur cassant et désintégrateur en terme de socialisation. » (Pages 14/15)

 

« Patrick Giros dresse deux constats. D’une part « le travail social est à réinventer ». Du travail social idéologique, conceptualisé, politisé il faut passer à un projet pleinement centré sur la personne, et pas réduit à des déterminismes sociaux. D’autre part, à côté des injustices sociale, économique ou psychologique, il y a, beaucoup moins dénoncée, « l’injustice spirituelle ». Selon lui, la dimension de l’homme est complètement niée, en particulier dans l’approche sociale. Son expérience personnelle d’abord, et l’analyse qu’il fait des problèmes de toxicomanie (d’origine existentielle) ensuite, l’amènent à constater que tout le monde n’a pas la même « égalité de chances » pour accéder à cette dimension spirituelle. Selon lui c’est à l’Église de nourrir cette dimension. Selon son diagnostic, la rue crie et personne ne l’entend. » (Pages 18/19)

 

« La géopolitique des conflits mondiaux des années 1990-2000 se lit aussi sur les trottoirs : filles de l’Est après l’explosion du bloc soviétique ; Madédoniennes, Kosovares et Bosniaques au moment de la guerre en ex-Yougoslavie ; Africaines au gré des crises locales : Ivoiriennes, Cap-Verdiennes, Nigérianes… D’une prostitution dite « traditionnelle », on est passé à des formes d’exploitation – esclavage sexuel et traites des êtres humains- menées par des organisations mafieuses multiples et interconnectées. » (Page 27)

 

« Les personnes de la rue, ce sont tout simplement des personnes qui vivent de et dans la rue, même si la frontière entre les « exclus » et les « inclus » devient de plus en plus difficile à définir. (…) Le phénomène de l’urbanisation et des grandes villes génère de l’exclusion. Cette problématique se retrouve d’ailleurs dans toutes les villes du monde. (…) On identifie trois grands types de population : les personnes en précarité, les personnes en situation prostitutionnelle et les enfants des rues. La crise économique et la mondialisation ont fait voler en éclats la typologie des personnes de la rue. On constate une explosion démographique de ces populations et une diversification. Cette dernière rend l’accompagnement de plus en plus difficile par la multiplicité des problématiques auxquelles sont confrontées les associations : papiers, langue, logement, culture, travail, santé, origine ethnique, religieuse... » (Pages 30/31)

 

« L’injustice est un arbre mort encore solide mais sans avenir. »

Colibri Cx

1 commentaire

#1  - Mi bémol a dit :

Bravo, une fois de plus, pour ces "aiguillages" qui mènent sur les difficiles chemins ou "im-passes" de notre "humanité"

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