Anselm Grün

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"Aussi longtemps que nous négligeons de reconnaître nos maux, nous nous faisons du mal à nous-mêmes et nous refusons de nous ouvrir totalement à Dieu. En évitant d'avouer les blessures passées, nous nous condamnons soit à blesser les autres, soit à nous faire du tort à nous-mêmes. Je rencontre sans cesse des gens qui s'exposent inconsciemment à des situations où se répètent leurs blesseures d'enfance mal guéries."
 
"Exercices spirituels pour tous les jours" d'Anselm Grün.
 
Page 35 aux éditons Desclée de Brouwer.
 
ISBN 9 782220 051062

Que nous faudra-t-il construire demain?

Rédigé par yalla castel - - 4 commentaires

A la question que nous faudra-t-il construire, reconstruire demain posée sur Facebook, Messenger et par mails voici vos réponses dans l’ordre reçu :

 

- Un jour d’arrêt total par semaine, le dimanche comme avant, où tout le monde reste chez soi pour laisser la planète se reposer.

 

- Il va falloir reconstruire les rapports humains.

 

- La Bonté des uns envers les autres.

 

- Sortir des énergies carbonées par la planification écologique. Mise en place d’une assemblée constituante pour mettre en place la sixième république. Échelle des salaires de 1 à 20. Puis 1 à 10. Sortie des traités européens et collaboration sur des bases coopératives. Désarmement nucléaire et coopération pour la paix.

 

- Un abri anti-nucléaire sur un éco-lieu pour la survie de nos enfants.

 

- Ma maison avant toute chose !

 

- L'écoute, l'humilité, le droit de se tromper, en un mot construire l'Amour ,la confiance.

 

- Un monde meilleur serait pas mal ^^.

 

- Je ne crois plus en l’humain. On va repartir comme avant car il n’y a que le pognon qui compte. On est allé trop loin dans le système capitaliste. Je pense par contre que l’on peut faire de petites choses comme faire marcher l’économie plus locale en étant « consommacteur ». Mais impossible aujourd’hui de ne pas utiliser la voiture. Il faudrait tout réinventer et je pense que le fossé est trop grand.

 

- Un monde beaucoup plus fondé sur la solidarité et l’entraide.

 

- Un système économique plus soutenable socialement et écologiquement.

 

- La bonté des uns envers les autres. Est-ce utopique ? Je sais plus.

 

- La reconstruction et le renforcement des services publics malmenés ces dernières années.

 

- C'est une question qui mérite bien réflexion, mais j'ai peur que l'ensemble du monde souhaite un retour à la "normale" qui n'était pourtant pas forcément une situation idéale . En témoigne notre confinement et la prise de conscience sur la vulnérabilité de nos sociétés.

 

- La vie dans les quartiers pourrait s'améliorer beaucoup déjà avec des repas de quartiers, des boîtes à livre et à revues.

 

- Ré-inventer une monarchie constitutionnelle porteuse d’un projet de vie national et universel où l’humain serait roi. :-)

 

- Cela me semble tellement évident que ça en paraît presque inutile de le dire . Il nous faudra reconstruire un monde où l'être humain sera au premier plan des préoccupations de chacun , un monde où régnera une plus grande justice sociale , une entraide accrue , comme on sait si bien le faire quand la situation est dramatique . Interrogeons nous sur nos erreurs , nos manquements , notre indifférence parfois , notre égoïsme aussi qui sont notre plus grande pauvreté . Et si nous voulons que les choses changent dans le monde , commençons par changer nous mêmes : charité bien ordonnée commence par soi-même . Si chacun accepte de faire cet effort , le monde aura un autre visage . C'est le devoir de chacun , chrétien ou pas , mais à plus forte raison des disciples du Christ .

 

- Apprendre à vivre sobrement (et ça commence à l'école avec un relais par les médias), décentraliser l'état au maximum et donner une visibilité importante à la société civile .

 

- Construire l’Europe des hommes et de la solidarité.

 

- Construire un monde avec plus d’égalité des droits et de solidarité.

Cracher par terre... c'est pas bien

Rédigé par yalla castel - - 3 commentaires
Ce jour-là était le jeudi 23 avril 2020. Le 39 ième jour de confinement et de distanciation sociale pour nous. Il était 11h45. J'allais à pied par les rues de Casteljaloux, Lot-et-Garonne pour récupérer ma voiture laissée trente minutes plus tôt au contrôle technique. J'avais la sensation de marcher dans une ville morte comme dans certains westerns américains .
 
Je croise deux jeunes hommes. Je m'écarte d'eux et je m'arrête de marcher. Ils discutent entre eux. L'un des deux crache sur la route. Je ne fais pas de commentaire.
 
Je me contente d'un bonjour neutre sur un ton normal . Tous les deux me répondent gentiment:
 
-"Bonjour Monsieur".
 
-"Confinez-vous bien Monsieur".
 
Je ne réponds pas. Ils ajoutent:
 
-"Nous on sort juste pour aller faire les courses".
 
Je leur dis alors:
-"Vous n'avez pas à vous justifier, je ne suis pas policier. "
 
J'ai manqué de réparti, j'y ai pensé après en continuant mon chemin. J'aurais dû ajouter:
-"Vous ne devriez pas  cracher par terre."
 
J'ai été enfant à une époque où la tuberculose était mortelle et sans remède sérieux pour la soigner. Ma grand-mère maternelle est morte de la tuberculose à 33 ans.
 
J'aimerais des campagnes publicitaires à la télé et sur les réseaux sociaux pour encourager les jeunes et moins jeunes à ne pas cracher dans les rues ainsi que les joueurs de foot sur les stades pendant les matchs devant des millions de téléspectateurs.
 

 

La nuit porte conseil

Rédigé par yalla castel - - Aucun commentaire

Cette nuit j'ai dormi contrevents ouverts rideaux ouverts. Je me suis réveillé plusieurs fois. Le ciel étoilé était magnifique, la lune éclairait comme en plein jour. Le ciel est traversé sur un axe nord sud par ce que je pense être des satellites. J'ai été surpris par leur nombre , leur fréquence, leur rapidité. Il y a du monde là-haut.

Emmanuel Macron finira-t-il comme Louis Philippe? Napoléon III? Ou comme Poutine, président à vie?

Trente quatre millions de personnes l'auraient écouté. Ouah! incroyable!

Lu ce matin sur Facebook:

1. Vous ne pouvez pas quitter la maison en principe, mais si vous en avez besoin, vous pouvez quand même vous autoriser à sortir.
2. Les masques ne servent à rien, mais il faudrait peut-être en porter, ça peut sauver les autres. Pour vous ça sert à rien mais ça sera peut-être obligatoire. Mais de toute façon, il n’y en a pas... alors on verra plus tard quand l’épidémie sera passée
3. Les magasins sont fermés, sauf ceux qui sont ouverts...
4. Il ne faut pas aller dans les hôpitaux, sauf s'il qu’il faut, il ne faut y aller qu'en cas d'URGENCE à condition que vous ne soyez PAS MALADE...
5. Ce virus est mortel, mais pas trop effrayant car on vous a annoncé que  ce n’était qu’une catastrophe planétaire qui va faire dix fois moins de morts que la grippe saisonnière.
6. Les gants n'aideront pas, mais ils peuvent aider quand même si vous en  avez !
7. Tout le monde doit rester à la MAISON, mais il est important de SORTIR pour ne pas tomber psychiquement malade !
8. La nourriture dans le supermarché ne sera pas en pénurie mais il y a plein de choses qui manquent si vous y allez en fin de journée donc  évitez d’y aller le matin.
9. Le virus n'a pas d'effets sur les enfants et les jeunes  sauf sur ceux sur qui il en a...qui en sont morts ! 
10. Les animaux ne sont pas atteints, mais il y a malgré tout un chat qui a été testé positif en février, quand on ne testait encore aucun humain , mais ce chat lui était prioritaire !
11. Vous aurez de nombreux symptômes si vous êtes malade, mais vous pouvez aussi tomber malade sans symptômes ou avoir des symptômes sans être malade ou être contagieux sans symptômes. Bref c’est une case à cocher !
12. Pour ne pas être malade, vous devez bien manger et faire du sport, mais mangez avec  tout ce que vous avez sous la main et c'est mieux de ne pas sortir pour faire du sport.
13. Il est préférable de prendre l'air, mais vous serez très mal vu si vous allez prendre l'air. surtout n'allez pas dans les parcs, ou alors sans vous asseoir, sauf que maintenant si, vous pouvez si vous êtes vieux (à quel âge on est vieux ?!?) mais pas trop longtemps ou enceinte (mais pas vieille).
14. Vous ne pouvez pas aller chez les personnes âgées, mais vous devez vous en occuper et leur apporter des courses et des médicaments.
15. Vous ne pouvez pas sortir si vous êtes malade, mais vous pouvez aller à la pharmacie. Pour les soignants, même avec de la température, vous pouvez travailler, allez, pas plus de 38°C... 37,9 c'est pas grave, sauf si vous n'êtes pas soignant.
16. Vous pouvez commander la livraison de plats préparés qui l'ont peut-être été par des personnes qui ne portaient ni masques ni gants. Mais il faut laisser décontaminer vos courses pendant 3 heures dehors. Sans rompre la chaîne du froid bien entendu. La pizza aussi ?
17. Chaque article ou interview inquiétant commence par les mots "Je ne veux pas semer la panique, mais...". Et le moindre journaleux est devenu un expert en épidémiologie…
18. Vous ne pouvez pas voir votre mère ou votre grand-mère âgées, mais vous pouvez prendre un taxi et rencontrer un chauffeur de taxi âgé.
19. Vous pouvez dormir avec votre femme (ou assimilé) et lui faire l’amour. Mais si prenez la voiture (il est interdit de sortir !), elle doit s’asseoir à l’arrière.
20. Mais on vous dit que se promener avec la bonne "distanciation sociale" n'est pas dangereux alors pourquoi on ne peut pas se promener avec d'autres amis ou de la famille (un à la fois) si on est dehors à la bonne distance ? Réponse : parce que.
21. Le virus reste actif sur différentes surfaces pendant deux heures, non, quatre, non, six, non, on n’a pas dit des heures, c'est peut-être des jours ? Mais il a besoin d'un environnement humide. Oh non, en fait pas nécessairement.
22. Le virus reste en suspension dans l'air enfin non, ou oui, peut-être, surtout dans une pièce fermée, en une heure un malade peut en contaminer dix, donc si ça tombe tous nos enfants ont déjà été contaminés à l'école avant qu'elles ne ferment
23. On compte le nombre de morts mais on ne sait pas dire combien de personnes sont infectées, puisque jusqu'ici on a testé que ceux qui étaient "presque morts" pour savoir si c'était de ça qu'ils allaient mourir...
24. On n'a pas de traitement sauf qu'il y en a peut-être un, qui n'est apparemment pas dangereux sauf si on en prend trop (ce qui est le cas de tous les médocs, non ?)
25. On devrait rester confinés jusqu'à la disparition du virus mais il ne va disparaître que si on arrive à une immunité collective et donc à condition qu'il circule... et pour ça il faut qu'on ne soit plus confinés!

Allez ne désespérez pas : c’est rassurant ! Tout est prévu !

Et après tout ça?

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Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ? Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s'arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ? Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins  3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papi qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ? Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ? Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20 h mais aussi les éboueurs à 6 h, les postiers à 7 h, les boulangers à 8 h, les chauffeurs de bus à 9 h, les élus à 10 h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ? Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ? Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ? Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ? Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ? Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.  

Après ? Après ce sera différent d'avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n'y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s'accomplit au cœur de l'épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n'existe pas de mot. 

Père Pierre-Alain Lejeune

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