Haïkus

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"La tache noire
du mal triomphant
Soleil brisé."

B.P


"Aurore boréale
Tremblement involontaire
Mon coeur évanoui"


"Dans une rue glacée
Une geisha silencieuse
Dénoue son obi"


"Un flocon échoué
Sur une écume grisaille
Poudreuse d'or noir"

A de M.

 

Le haïku (俳句, haiku), terme créé par le poète Masaoka Shiki (1867-1902), est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise et dont la paternité, dans son esprit actuel, est attribuée au poète Bashō Matsuo (1644-1694). Cela consiste en trois lignes à provoquer un choc esthétique, émotionnel, poétique, visuel en très peu de mots chez les personnes qui lisent ou entendent un haïku.

Suzanne Andrieu.

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Suzanne Andrieu a été pendant de nombreuses années professeur d'Anglais à l'Ecole Normale d'Instituteurs d'Agen. Elle est décédée le samedi 4 févier 2017 dans sa 88 ième année. Voici un des textes lu lors de la cérémonie religieuse au Centre Jean XXIII d'Agen ce jour:

 

Ecoute plus souvent

Les Choses que les Etres.

La Voix du Feu s’entend,

Entends la Voix de l’Eau.

 

Ecoute dans le Vent

Le Buisson en sanglots :

C’est le Souffle des ancêtres.

 

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire

Et dans l’ombre qui s’épaissit.

 

Les Morts ne sont pas sous la Terre :

Ils sont dans l’Arbre qui frémit,

Ils sont dans le Bois qui gémit,

Ils sont dans l’Eau qui coule,

Ils sont dans l’Eau qui dort,

Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :

Les Morts ne sont pas morts.

 

 

Ecoute plus souvent

Les Choses que les Etres.

La Voix du Feu s’entend,

Entends la Voix de l’Eau.

 

Ecoute dans le Vent

Le Buisson en sanglots :

C’est le Souffle des Ancêtres morts,

Qui ne sont pas partis

Qui ne sont pas sous la Terre

Qui ne sont pas morts.

 

 

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

Ils sont dans le Sein de la Femme,

Ils sont dans l’Enfant qui vagit

Et dans le Tison qui s’enflamme.

 

Les Morts ne sont pas sous la Terre :

Ils sont dans le Feu qui s’éteint,

Ils sont dans les Herbes qui pleurent,

Ils sont dans le Rocher qui geint,

Ils sont dans la Forêt,

ils sont dans la Demeure,

Les Morts ne sont pas morts.

 

 

Ecoute plus souvent

Les Choses que les Etres.

La Voix du Feu s’entend,

Entends la Voix de l’Eau.

 

Ecoute dans le Vent

Le Buisson en sanglots,

C’est le Souffle des Ancêtres.

 

 

Il redit chaque jour le Pacte,

Le grand Pacte qui lie,

Qui lie à la Loi notre Sort,

Aux Actes des Souffles plus forts

Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,

Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.

La lourde Loi qui nous lie aux Actes

 

Des Souffles qui se meurent

Dans le lit et sur les rives du Fleuve,

Des Souffles qui se meuvent

Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.

Des Souffles qui demeurent

 

Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,

Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit

Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,

 

Des Souffles plus forts qui ont pris

Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,

Des Morts qui ne sont pas partis,

Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

 

 

Ecoute plus souvent

Les Choses que les Etres.

La Voix du Feu s’entend,

Entends la Voix de l’Eau.

 

Ecoute dans le Vent

Le Buisson en sanglots,

C’est le Souffle des Ancêtres.

 

Birago Diop (1906-1989)
 

 

Une grande première dans l'espace pour Thomas Pesquet.

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Il séjourne dans la station depuis le 20 novembre 2016, et aujourd'hui c'est le grand jour !

Thomas Pesquet a 38 ans, il est le quatrième français à sortir dans l'espace et le onzième européen.

Cette mission, il la réalise le 13 janvier 2017 avec l'américain Shane Kimbrough, commandant de l'ISS.

Durant 5 heures et 58 minutes ils sont sortis de la station spatiale internationale pour effectuer des travaux de modernisation sur le système électrique de l'avant-poste orbital. Il s'agissait en fait d'installer des adaptateurs et des câbles électriques pour brancher trois nouvelles batteries lithium-ion de la taille d'un réfrigérateur d'une masse de près de 200 kilogrammes chacune.

Les deux collègues sont ensuite revenus dans l'ISS très fiers d'eux, montrant une mine plus que souriante après les complexes opérations de « déshabillage ».

Un entraînement d'une grande intensité :

Une préparation méticuleuse est nécessaire pour ce genre d'intervention. Thomas s'est entraîné de diverses façons pendant une très longue période afin de savoir exactement quels gestes réaliser et dans quel ordre le moment escompté. C'est notamment dans une piscine au centre spatial de la NASA à Houston que le jeune astronaute s'est aguerri pendant des heures.

Une équipe de soutien au sol a également été formée spécialement pour cette mission afin que la coordination durant l’événement soit parfaite.

Plongés dans l'espace :

Une fois dans l'espace, les deux astronautes doivent procéder à une vérification approfondie de leur équipement afin de ne rien laisser au hasard. Le moindre problème est ici vecteur d'un grand danger. Avant d’entamer un seul mouvement, les deux hommes doivent obligatoirement tenter de se repérer dans ce grand vide afin de n'effectuer aucun déplacement inutile.

Durant la procédure, ils restent attachés grâce à des supports, ce qui complique fortement la plupart de leurs gestes.

Fréquemment, les deux hommes doivent impérativement vérifier chaque parcelle de leur équipement susceptible d’endommagement. Le scaphandre et les gants requièrent notamment une vigilance accrue, ces derniers étant sans arrêt en contact avec la matière pouvant endommager leur qualité.

Une complication, un seul trou entraîne un danger de mort pour les deux astronautes devant rester concentré durant toute la durée de la manœuvre.

Une mission réussie avec succès … :

La mission devait durer 6 heures et 20 minutes, mais les deux astronautes surentraînés l'ont terminée avec beaucoup d'avance. C'est en effet après seulement trois heures de travail que celle-ci fut réalisée. Du temps devant eux, le centre de contrôle de Houston leur demande alors de réaliser d'autres tâches également nécessaires.

[…] mais éprouvante :

La sortie fut exténuante pour les deux hommes qui pendant 5 heures et 58 minutes ont dû rester concentrés malgré la longue durée de la tâche, l'impossibilité de s'alimenter ou d'aller aux toilettes, ainsi que le poids de leur combinaison dépressurisée extrêmement lourde. S'ajoutant à ces difficultés physiques, le soleil était lui aussi de la partie faisant son apparition environ 8 fois au cours de la mission. En effet, la station se déplace à 400 km au dessus de la terre, en fait le tour toutes les 90 minutes et alterne donc du jour à la nuit chaque 45 minutes.

L'ensemble de ce « ballet orbital » a été orchestré depuis le centre spatial Johnson à Houston, au Texas et notamment par Lucas Parmitano, lui aussi astronaute et ingénieur de l'agence spatiale européenne.

Alice Gapail.

M.O.T

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Trois lettres. Seulement trois lettres. M.O.T


Mot: "Sons ou groupes de sons articulés, ou figurés graphiquement, qui conserve une certaine unité formelle et auquel est liée soit une fonction stable, soit un sens ( représentation d'une chose, d'une idée ou d'un être) et qui entre directement dans la production de la phrase."

( Dictionnaire Culturel Alain Rey)

Les mots, les mots, les mots... disent l'homme, disent l'humain et plus...Ils vont puiser au tréfonds de l'homme et s'élèvent jusqu'à l'indicible pour se rejoindre.

Mots écoutés respectés ruminés nomment ordonnent éclairent
commencement espace.

Mots chuchotés murmurés soufflés rassurent insufflent vivifient
respiration envol.

Mots effleurés énoncés chantés donnent relèvent justifient
dilatation ampleur.

Mots ressourcent désaltèrent aube fraîche.
Mots racontent révèlent dévoilent mystère.

Mots scandés proférés criés comptent obscurcissent abaissent
enfermement  ténèbres.

Mots  hurlés vociférés aboyés enferment angoissent anéantissent
étouffement effroi


Mots plaqués appuyés balancés condamnent blessent tuent
disparition fini.

Mots éructés poussés du coude jetés par-dessus bord

Mots avalés non digérés gémis  à l'aide.

Mots prononcés articulés déclamés écoutez-nous.

Mots détournés vidés de la substance à la remise avec.

Mots trimbalés galvaudés asservis   mieux vaut se taire.

Mots grandis mis sur piédestal intouchables.

Mots qui jouent mieux vaut en rire...

Brigitte Papleux.

Quand hier éclaire aujourd'hui.

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On vit croître d'abord la passion de l'argent, puis celle de la domination ; et ce fut la cause de tout ce qui se fit de mal. L'avidité ruina la bonne foi, la probité, toutes les vertus qu'on désapprit pour les remplacer par l'orgueil, la cruauté, l'impiété, la vénalité. L'ambition fit d'une foule d'hommes des menteurs ; les sentiments enfouis au fond du cœur n'avaient rien de commun avec ceux qu'exprimaient les lèvres ; amitiés et haines se réglaient, non d'après les personnes, mais d'après les conditions d'intérêt, et on cherchait plus à avoir le visage que le caractère d'un honnête homme. Ces maux grandirent d'abord insensiblement, et furent même parfois châtiés ; puis ils devinrent contagieux ; ce fut comme une peste ; les principes de gouvernement changèrent ; et l'autorité, fondée jusqu'alors sur la justice et le bien, devint cruelle et intolérable.

Salluste, historien romain, 86 av jc / 34 av jc.

http://remacle.org/bloodwolf/historiens/salluste/catilina.htm

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